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	<title>Carnet de Dean Louder &#187; 2005 &#8211; Troisième voyage</title>
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	<description>Voyages et rencontres en Franco-Amérique</description>
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		<title>La fête du Canada à St. John’s, capitale de Terre-neuve</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jul 2005 17:51:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour la 26e année consécutive, les festivités entourant la fête du Canada ont commencé à 6 heures sur le célèbre Signal Hill à St. John’s (9301), capitale et ville portuaire de Terre-neuve. St. John’s a également la distinction d’être la ville la plus orientale de l’Amérique du Nord. Les patriotes tout de rouge vêtus se [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la 26e année consécutive, les festivités entourant la fête du Canada ont commencé à 6 heures sur le célèbre Signal Hill à St. John’s (9301), capitale et ville portuaire de Terre-neuve. St. John’s a également la distinction d’être la<br />
<img alt="9301 havre.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9301%20havre.jpg" width="288" height="216" /><br />
ville la plus orientale de l’Amérique du Nord. Les patriotes tout de rouge vêtus se sont donné rendez-vous à l’édifice de la Confédération (parlement terre-neuvien) pour ensuite se faire conduire en autobus sur les hauteurs afin d’assister, sans créer d’embouteillage, à cette célébration organisée par Parcs Canada qui gère les lieux, par la ville de St. John’s et par le Ministère du Patrimoine canadien. Une fois arrivés sur place, les lève-tôt furent accueillis chaleureusement par un petit comité qui leur dotait d’un drapeau canadien et par le « Bonhomme Canada » qui se<br />
<img alt="9302 bonhomme canada.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9302%20bonhomme%20canada.jpg" width="288" height="216" /><br />
faisait poser avec les intéressés. S’étant rassemblés à partir de 4 heures du matin, certains fêtards avaient eu le temps de s’installer devant la tour Cabot, érigée en 1892 pour souligner à la fois l’arrivée de Jean Cabot 400 ans plus tôt et la 65e année du règne de la Reine Victoria, dans le but de faire une déclaration contre l’existence de la pauvreté au Canada et dans le monde. La présence d’un patriote portant le gilet original de Wayne Gretzky, celui des Oilers d’Edmonton, rappelait le dilemme des citoyens riches et célèbres de ce pays qui préfèrent s’exiler au pays de l’Oncle Sam…tout en étant fiers, bien sûr, de se dire « Canadian ».<br />
Parmi les dignitaires se trouvaient d’Ottawa Mme Albina Guarnieri, ministre des Anciens combattants  ainsi que des représentants des partenaires organisateurs. M. Lewis, membre de la marine britannique, accompagnée de son épouse, ancien membre de l’armée canadienne, a fait rire la foule en racontant, dans son langage coloré, ses aventures de combattant.<br />
À Terre-neuve, le 1er juillet est une date doublement importante. Étant donné l’entrée tardive (1949) de cette province en Confédération, le Canada n’est célébré ici que depuis un demi-siècle. Or, le 1er juillet 1916 fut une date fatidique pour le Dominion of Newfoundland. Ce jour-là, en France, 801 soldats faisant partie du Royal Regiment of Newfoundland ont participé à la bataille de Beaumont-Hamel. Au lendemain, seulement soixante-cinq d’entre eux pouvaient continuer la lutte, tous les autres ayant été tués ou blessés. Perte dévastatrice pour la petite colonie britannique!<br />
C’est donc pour cela qu’aujourd’hui, jour du Souvenir à Terre-neuve et Labrador, il y a place égale au programme  pour le Canada, d’une part, et pour Terre-neuve et Labrador, d’autre part. Donc, en premier, levée du drapeau canadien par deux membres de la gendarmerie royale du Canada, suivie tout de suite de la levée de l’insigne terre-neuvien par deux membres du Royal Newfoundland Constabulary. Au Québec, une telle co-production le Jour du Canada serait impensable !<br />
<img alt="9303 drapeau canada.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9303%20drapeau%20canada.jpg" width="288" height="215" /><br />
<img alt="9304 drapeau terre-neuve.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9304%20drapeau%20terre-neuve.jpg" width="288" height="216" /><br />
Pour rappeler à la foule et aux médias que le Canada est bel et bien un pays bilingue, il y a eu LA phrase de circonstance prononcée par Mme Guarnieri ainsi que la présence de la chorale féminine de Saint-Jean, Rose des vents, qui, en plus de chanter le Ô Canada et l’Ode to Newfoundland au moment des levées de drapeau, a épaté la foule avant la cérémonie en pigeant dans le répertoire folklorique du Canada français : « Le bon vent », « Un Canadien errant »,  « Chevalier de la table ronde ».<br />
Autre événement soulignant la fête du Canada et le jour du Souvenir : l’ouverture au cœur de St. John’s du Rooms, gigantesque et dispendieux musée et centre d’interprétation des cultures terre-neuvienne et labradorienne.<br />
<img alt="9305 rooms.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9305%20rooms.jpg" width="288" height="216" /><br />
Pourquoi le nom « Rooms »? C’est qu’ici, un « room » n’est  pas qu’une pièce dans une maison ou un bâtiment. Il s’agit de l’espace le long du quai réservé autrefois aux compagnies de pêche pour décharger et traiter leur prise. Plusieurs « rooms » constituent un « premises ». À Terre-neuve et au Labrador, on entend bien des mots qui ne correspondent pas à la définition webstérienne. D’autres exemples : bawn, flake, stage, tilt et tickle. Au lecteur le soin de visiter cette île solitaire—cette  province isolée—et d’y découvrir leur signification.</p>
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		<title>Saint-Pierre et Miquelon : la réalisation d’un rêve d’enfance</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2005 18:02:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Enfant, à force de tourner les pages et de scruter les cartes de l’atlas que mes parents m’avaient offert en cadeau, je l’ai usé rapidement, mais pas avant d’avoir découvert sur une carte de l’Amérique du Nord—ou du Canada, je ne m’en souviens plus—un petit coin de la France. Juste en dessous de Newfoundland, c’était [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Enfant, à force de tourner les pages et de scruter les cartes de l’atlas que mes parents m’avaient offert en cadeau, je l’ai usé rapidement, mais pas avant d’avoir découvert sur une carte de l’Amérique du Nord—ou du Canada, je ne m’en souviens plus—un petit coin de la France. Juste en dessous de Newfoundland, c’était marqué St. Pierre &amp; Miquelon (Fr). Est-ce possible que la France existe en Amérique? J’aimerais donc voir cela, me suis-je dit à huit ans. Cinquante-quatre ans plus tard, je m’y suis en fin rendu, accompagné du gros Jim Lansing  d’Albany, NY, que j’ai rencontré à bord de l’<em>Artheu</em>s, le bateau qui nous a transportés de Fortune, TN, à Saint-Pierre. L’an dernier, Jim, dans la trentaine avancée, avait fait la même découverte que moi et s’était promis de mettre Saint-Pierre à son prochain itinéraire qui l’emenerait à Terre-Neuve, au Labrador et au Québec via Blanc-Sablon. Ici, le <em>Nordik Express </em>l’attendrait  pour le conduire, lui et sa voiture en conteneur, à Natashquan . De là, Jim comptait emprunter le nouveau tronçon de  la 138 pour se rendre à Québec avant de rentrer chez lui. Je lui ai donné l’adresse d’un C&amp;C à Baie Saint-Paul.<br />
À ce temps-ci de l’année, la brume couvre le passage entre Fortune et Saint-Pierre. Après un voyage d’une heure trente sur une mer agitée, l’apparition du phare, situé sur la pointe du petit havre, et, quelques minutes  plus tard, de l’édifice de la douane annonce enfin l’arrivée. La vérification des papiers est de rigueur ici et tous les passagers se<br />
<img alt="9201 phare.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9201%20phare.jpg" width="288" height="216" /><br />
<img alt="9202 douanes.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9202%20douanes.jpg" width="288" height="216" /><br />
font renifler par un chien appartenant aux autorités françaises, histoire de s’assurer de l’absence de stupéfiants. Le bureau de postes sur la Place du Général-Charles-De Gaulle, les voitures de marque française (comparées aux mastodontes américains)  et les menus en euros servent de rappels que nous sommes en France.<br />
<img alt="9203 postes.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9203%20postes.jpg" width="288" height="200" /><br />
Ce qui saute aux yeux sur cette île au climat plutôt grisâtre et terne est la couleur des résidences, des commerces, des clubs et de l’énorme lycée. Les couleurs reflètent la gaieté. Ce sentiment est renforcé encore davantage par la musique d’un carrousel qui amuse les enfants de Saint-Pierre dont le nombre est impressionnant. Seule la cathédrale, d’ordinaire la structure la plus extravagante d’un village, déçoit par sa banalité.<br />
Si les enfants sont relativement plus nombreux ici qu’au Québec et qu’en France métropolitaine, il faut en prendre en soin! En fait, c’est ce que font les jeunes gendarmes mobiles. Mobiles! Oui, car ces jeunes membres de la gendarmerie nationale, portant le képi à broderie jaune, changent de département d’outre-mer à tous les trois mois.<br />
<img alt="9204 gendarmes.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9204%20gendarmes.jpg" width="256" height="288" /><br />
Roland avait fait trois mois en Guyane avant de venir ici où il lui reste un mois avant de rentrer en France. David repartira aussi dans un mois. Ce dernier avoue que le travail à Saint-Pierre est inintéressant. Il n’y a ni criminalité, ni délinquance. Les deux rêvent d’être mutés en Polynésie française ou en Nouvelle-Calédonie. À Saint-Pierre et Miquelon, disent les deux, le tour est vite fait! Les gendarmes mobiles, au nombre de trente, vivent en célibataires. Femmes ou blondes restent en France. Par contre, il y a une vingtaine de gendarmes réguliers qui portent le képi à broderie blanche. Ils viennent de la métropole avec leurs familles pour une période de trois à cinq ans. Selon Roland et David, aucun gendarme n’est de la place et les insulaires n’apprécient pas toujours cette présence autoritaire venue de la métropole, surtout celle des jeunes gendarmes mobiles!<br />
Roland et David m’ont indiqué le chemin vers un autre point de rassemblent du village, le fronton basque. Tout l’été, dans un petit centre culturel à l’écriteau en basque s’organisent des compétitions de pelote, ce sport qui teste habilité, agilité et endurance.<br />
Chez un commerçant de souliers, j’ai rencontré Glen Brooks et Carmella Goguen, charmant couple de Moncton, prisonniers de Saint-Pierre. Oui, prisonniers! Glen, ancien membre de la gendarmerie royale du Canada et pilote, et Carmella étaient arrivés à l’aéroport de Saint-Pierre de Moncton deux jours auparavant en route vers la capitale de Terre-neuve, St. John’s. Comptant passer une seule nuit à Saint-Pierre, ils s’apprêtaient à y passer leur troisième…et peut-être plusieurs autres encore, car le manque de visibilité résultant de l’épais brouillard ne permettait pas le décollage de leur Cessna. De bonne humeur, malgré tout, ils pouvaient difficilement  trouver meilleur endroit pour découvrir, se reposer et manger.<br />
En regagnant Terre-neuve, j’ai voyagé avec la famille Plantais qui devait s’installer le jour même dans sa résidence d’été sur la péninsule Burin. Il s’agit d’un genre de chalet appartenant à l’épouse terre-neuvienne de Guy, saint-pierrais. Cette union témoigne des liens étroits qui existent entre les Français de Saint-Pierre et Miquelon et leurs voisins canadiens. En 1978, en quête du travail, Guy est venu à Québec. Il n’en a pas trouvé suffisamment pour  y rester. Toutefois, pendant un an, il s’est bien amusé à faire de la musique, seul et avec un petit groupe. Les Québécois ont trouvé cet accordéoniste saint-pierrais pas mal exotique! Son fils, Philippe, rêve d’aller en France, à Brest ou à Toulon, pour faire, comme il dit, de la marine militaire. J’ai posé à son père la question suivante : « comment un jeune homme comme lui, n’ayant connu que Saint-Pierre et le bout de la péninsule Burin à Terre-neuve,  peut-il s’adapter à la vie trépidante en France? » Guy m’a assuré que son fils n’aurait aucune difficulté, d’autant plus que sa sœur aînée habite déjà Marseille. Et les autres membres de la famille? Un frère à St. John’s et une autre sœur à Calgary. Voilà, le destin aujourd’hui des jeunes saint-pierrais. En un mot : partir.<br />
Les insulaires n’ont cessé de me dire de revenir en août ou en septembre quand il ferait beau soleil à tous les jours. Je pense qu’ils exagéraient un peu, mais  j’ai envie de retourner voir et de vivre davantage mon rêve d’enfance.</p>
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		<title>Battle Harbour, Labrador : bijou nordique de la préservation historique</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2005 11:03:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Situé sur une petite île, à une dizaine de kilomètres de la terre ferme, au nord du détroit de Belle-Isle, Battle Harbour fut pendant plus de deux siècles le centre économique et social de la côte sud-est du Labrador. Sa renommée, il la devait à la pêche de la morue et à la chasse aux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="9101 CARTE.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9101%20CARTE.jpg" width="160" height="214" /><br />
Situé sur une petite île, à une dizaine de kilomètres de la terre ferme, au nord du détroit de Belle-Isle, Battle Harbour fut pendant plus de deux siècles le centre économique et social de la côte sud-est du Labrador. Sa renommée, il la<br />
<img alt="9102 battleharbour.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9102%20battleharbour.jpg" width="363" height="273" /><br />
devait à la pêche de la morue et à la chasse aux phoques. En 220 ans, Battle Harbour n’a connu que trois propriétaires : la compagnie fondatrice appartenant à John Slade de Poole, en Angleterre, qui l’a établi aux années 1770 et qui l’a exploité pendant cent ans, avant de le vendre à la compagnie de Baine et Johnston Ltée dont l’exploitation s’est poursuivie sur le modèle instauré par Slade. Les activités poursuivies à Battle Harbour par ces deux firmes peuvent être considérées comme  un microcosme de l’histoire de la pêcherie à Terre-neuve et au Labrador. En 1955, Baine et Johnston Ltée a vendu le site à la société de transport des frères Earle qui assure l’opération du site jusqu’au moment de l’effondrement de la pêche côtière une trentaine d’années plus tard. Celui-ci culminerait en 1992 par la signature d’un moratoire sur la pêche de la morue. En 1990, à la suite d’un long processus de relocalisation des habitants de Battle Harbour, orchestré par les autorités fédérales et provinciales, le site au complet, fut cédé à la Battle Harbour Regional Association qui s’est transformée peu de temps après en organisation à but non lucratif,  le Battle Harbour Historic Trust, vouée à la protection, à la restauration, à l’interprétation et à la promotion des ressources patrimoniales de ce lieu chargé d’histoire.<br />
Bien qu’administré aujourd’hui par un Conseil d’administration dirigé par Gordon Slade de St. John’s, l’âme de l’opération du Trust sur le terrain est Mike Earle, 39 ans, qui reçoit les gens de passage, leur sert des repas, leur interprète la construction, la reconstruction et la restauration des édifices et les divertit en soirée par la musique. Nous, les 24 participants au colloque annuel de la <em>Eastern Historical Geography Association </em>, avons apprécié particulièrement son interprétation de « Peein’ the Snow », balade terre-neuvienne rendue célèbre par Buddy Wasisname and the Other Fellers et dont le refrain suit :<br />
Chorus: <em>Peein&rsquo; in the snow and gazin&rsquo; down the hole, Is the only thing to me that looks like spring! (spring, spring) I said peein&rsquo; in the snow and gazin&rsquo; down the hole, Is the only thing to me that looks like spring!</em><br />
<img alt="9103 groupe de 24.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9103%20groupe%20de%2024.jpg" width="288" height="202" /><br />
Pour apprécier la beauté et la diversité du site qui est Battle Harbour, il faut user ses souliers, s’y déplacer du bas vers le haut et d’ouest en est. D’abord, du « tickle », mot terre-neuvien qui désigne un petit bras de mer qui sépare deux îles, en regardant vers le haut (nord). Puis, en montant la côte, un regard vers l’Ouest. Ensuite, de la crête, une prise de vue de loin et de près et, enfin, coup d’œil vers l’Est, et le tipi de bois, ainsi arrangé pour mieux sécher.<br />
<img alt="9104 tipi.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9104%20tipi.jpg" width="288" height="216" /><br />
Au cœur du village, bien que le mot soit mal choisi dans le contexte labradorien, se trouve le quai. C’est ici que la morue arrivait avant d’être « splitté », salé et mis sur les « flakes » pour sécher au soleil. À deux pas de là, le magasin général où le pécheur se voyait obligé d’acheter à crédit de la compagnie, s’assurant d’une santé financière plutôt précaire. Aujourd’hui, à l’étage supérieur, les « colloqueux », comme nous, colloquent et prennent leurs repas. L’église St. James est le seul exemple qui reste de l’œuvre de l’architecte ecclésiastique, William Grey. De plus, elle est la plus vieille église anglicane au Labrador. Construite en 1852, elle fut le premier objet de restauration lorsque le Trust a entrepris ses activités. L’Auberge Battle Harbour, avec ses cinq chambres, est l’ancien hôpital construit par Wilfrid Grenier en 1893, un an après son arrivée dans la région (voir texte précédent). Enfin, ma structure préférée parce que j’y ai demeuré pendant mon séjour à Battle Harbour est la maison Spearing, seule maison jaune de Batttle Harbour. Selon mon « colloc », Gordon Handcock, Terre-neuvien de cœur, d’âme et de sang et guide attitré des géographes de l’ EHGA à l’occasion de cette tournée,  cette maison a été déménagée ici de Double Island, île avoisinante, où elle avait abrité le gardien du phare et sa famille.<br />
<img alt="15 spearin.JPG" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/15%20spearin.JPG" width="365" height="273" /><br />
Elizabeth Mancke, historienne maritime à l’université d’Akron, en Ohio, et membre de notre groupe de 24, a peut-être le mieux résumé en peu de mots ce qu’était Battle Harbour : « How small the island, how large the opération ». Battle Harbour se situait au cœur de l’univers maritime mondial—une colonie. Il permettait aux grands propriétaires et commerçants européens d’y faire fortune et de développer un système de troc qui tenait les prolétaires, les pécheurs, en quasi esclavage et qui facilitait et encourageait la récolte exhaustive de la faune océanique, une tragédie écologique dont la planète pourrait ne jamais s’en mettre. Oui, si petite l’île, si grandes les conséquences de son existence et de son exploitation!</p>
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		<title>St. Barbe et Blanc-Sablon : La traversée au Labrador</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jun 2005 18:19:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Plusieurs de mes textes traitent d’une traversée. On dirait que j’aime les traversiers et c’est vrai; je ne m’en lasse jamais. L’une des raisons, c’est que l’on y rencontre toujours des gens fort intéressants et de bonne humeur. Aujourd’hui, à St. Barbe, tel est encore le cas! Les passagers laissent leurs véhicules (voiture, autobus, moto) [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs de mes textes traitent d’une traversée. On dirait que j’aime les traversiers et c’est vrai; je ne m’en lasse jamais. L’une des raisons, c’est que l’on y rencontre toujours des gens fort intéressants et de bonne humeur. Aujourd’hui, à St. Barbe, tel est encore le cas! Les passagers laissent leurs véhicules (voiture, autobus, moto) et se massent le long du quai pour regarder l’<em>Apollo</em> arriver.<br />
<img alt="8901 apollo.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8901%20apollo.jpg" width="288" height="216" /><br />
Celui-ci offre le service trois fois par jour entre St. Barbe, à Terre-neuve, et la côte du Labrador en passant par Blanc-Sablon, au Québec. La traversée d’une durée habituelle de deux heures sera un peu plus longue aujourd’hui, car depuis plusieurs semaines, l’<em>Apollo</em> fonctionne avec la moitié de ses forces, l’un des moteurs étant en panne.<br />
Le plus fascinant de ces passagers—celui qui attire l’attention de tous—est Philippe de Trois-Rivières.<br />
<img alt="8902 philippe.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8902%20philippe.jpg" width="288" height="216" /><br />
Étudiant en sciences et génie à UQTR, mais indécis quant à son avenir, il a décidé de mettre une halte à ses études et de poursuivre son rêve de partir en vélo. Nous l’avons rencontré lors du 38e jour de son périple. Parti de chez lui le 17 mai, Philippe avait parcouru la route 132 au Québec jusque Rivière-du-Loup. Franchissant le portage du Témiscouata sur la belle piste cyclable du « Petit Témis » qu’il n’avait pas aimée parce qu’il avait plu et ses pneus s’embourbaient, il est arrivé à Saint-Jacques, à l’entrée du Nouveau-Brunswick. Philippe est passé par le nord de la province (Saint Quentin, Kedgwick, Campellton, la baie des Chaleurs), la péninsule acadienne et la côte du détroit de Northumberland. Avant d’entrer en Nouvelle-Écosse, il a rendu visite à l’île du Prince-Édouard. Sous les pluies au Cap-Breton, il s’est rendu à North Sydney pour prendre le traversier à Terre-neuve : Port-aux-Basques, Stephenville, Cornerbrook, le parc national de Gros Morne avec ces nombreuses montées et descentes, et la péninsule septentrionale avant d’enfin arriver à St. Barbe où il pouvait rentrer brièvement au Québec faire escale avant de reprendre sa route vers la côte est de Terre-neuve. Mais pourquoi cette escale qui l’éloignait de sa destination ultime? La réponse est facile. Philippe est Québécois. Demain, c’est la Saint-Jean Baptiste. Il désirait fêter sa patrie parmi les siens sur le sol québécois à Blanc-Sablon.<br />
Quelques minutes après avoir quitté le quai de St. Barbe, nous passions devant le hameau de Anchor Point. Deux heures et demi plus tard, nous nous approchions de Blanc-Sablon et, enfin, de son quai.<br />
<img alt="8903 quai blanc-sabln.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8903%20quai%20blanc-sabln.jpg" width="288" height="189" /><br />
Curieux, n’est-ce pas, de passer par le Québec pour se rendre au Labrador, alors que la côte labradorienne compte de nombreuses baies protégés (L’Anse-au-Clair,  Forteau, L’anse-au-loup…) qui pourraient facilement recevoir l’Apollo et ainsi raccourcir la distance et réduire le temps entre la côte terre-neuvienne et la côte labradorienne ? L’explication possible : tant qu’il s’agit un lien inter-provincial (Terre-neuve/Québec), une subvention généreuse du Fédéral est possible. Rien de telle pour une liaison intra-provinciale (Terre-Neuve/Labrador).</p>
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		<title>Red Bay, Labrador et les baleiniers basques</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Jun 2005 18:10:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il existe en 2005 à Red Bay un centre de Parcs Canada pour interpréter l’utilisation de ces lieux au XVIe siècle par les baleiniers d’origine basque, c’est grâce, en grande partie, à Selma Barkham, septuagénaire dont l’intérêt pour les Pays basque remonte aux années cinquante. En 1972, après avoir travaillé au Mexique pour apprendre l’espagnol, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="9001 red bay.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9001%20red%20bay.jpg" width="288" height="216" /><br />
S’il existe en 2005 à Red Bay un centre de Parcs Canada pour interpréter l’utilisation de ces lieux au XVIe siècle par les baleiniers d’origine basque, c’est grâce, en grande partie, à Selma Barkham, septuagénaire dont l’intérêt pour les Pays basque remonte aux années cinquante. En 1972, après avoir travaillé au Mexique pour apprendre l’espagnol, Selma a entrepris des recherches dans les archives basques et espagnoles. Elle s’est plongée pendant de nombreuses années dans des milliers de documents, et notamment des actes notariaux, billets à ordre, testaments et contrats d’assurance. Elle y a puisé une mine de renseignements sur la pêche de la baleine pratiquée ici  Le document le plus important a sans doute été celui concernant le naufrage en 1565 du San Juan. Ce bateau chargé d’huile de baleine devait lever l’ancre pour l’Europe lorsque emporté par de violents vents du nord. Les archéologues travaillant sous l’eau, en 1978, aurait retrouvé l’épave précisément à l’endroit où un autre bateau, le Bernier, a callé il y a un quart de siècle.<br />
<img alt="9002 chaloupe.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9002%20chaloupe.jpg" width="288" height="216" /><br />
Au Centre d’interprétation de Parcs Canada où de nombreux artefacts, dont une chaloupa, sont en montre, on apprend que les Basques ont aménagé, à partir de 1540 jusqu’au début du XVIIe siècle, plusieurs stations de dépeçages de baleine le long de la côte du Labrador et du détroit de Belle Isle. Red Bay, connu par les Basques sous le nom de Buttes et doté d’un excellent havre, devint l’un des plus grands ports de pêche de la baleine. Certaines années, il y avait jusqu’à 800 hommes et jeunes garçons qui y chassaient le cétacé et travaillaient à la fabrication de l’huile. Outre la pêche de la morue, la pêche de la baleine par les Basques semble être la plus ancienne activité industrielle pratiquée par les Européens au Canada. À l’époque, l’huile de baleine éclairait toute l’Europe et se trouvait à la base de la fabrication manufacturière.<br />
En ce qui concerne cette pionnière de la recherche sur les Basques au Canada, Selma Barkham, toujours active, a tourné son attention vers l’ïle de Old Ferolle, en face de Plum Point, TN, à peine quelques kilomètres au sud de St. Barbe, point d’embarcation pour Blanc-Sablon. C’est ici qu’elle nous a reçus. En sa compagnie, nous avons marché cet îlet de long en large, examinant ses sites archéologiques et appréciant sa faune et sa flore.<br />
<img alt="9003 selma.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9003%20selma.jpg" width="288" height="216" /><br />
<img alt="9004 faune.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/9004%20faune.jpg" width="288" height="199" /></p>
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		<title>Laura-Lee Bolger à L’Anse aux Meadow</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jun 2005 18:12:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[En trente-deux ans d’enseignement à l’université Laval, je n’ai eu qu’un étudiant originaire de Blanc-Sablon, cette petite localité (1 200 habitants), située sur la Basse-Côte-Nord du Québec, à cinq kilomètres de la frontière labradorienne et inaccessible par route. Je lui ai enseigné deux fois, une fois en ma trente-et-unième année et une fois en ma [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En trente-deux ans d’enseignement à l’université Laval, je n’ai eu qu’un étudiant originaire de Blanc-Sablon, cette petite localité (1 200 habitants), située sur la Basse-Côte-Nord du Québec, à cinq kilomètres de la frontière labradorienne et inaccessible par route. Je lui ai enseigné deux fois, une fois en ma trente-et-unième année et une fois en ma dernière année. Il s’agissait de Laura-Lee Bolger, anglophone de naissance et francophone par alliance et par choix. Maintenant, étudiante à la maîtrise en géographie historique, cartographie et systèmes d’information géographique, elle m’avait mis au parfum de ce colloque qui devait avoir lieu au Labrador. Il réunirait les membres de la <em>Eastern Historical Geographers Association </em>qui compte plusieurs de mes amis et anciens collaborateurs dont Wilbur Zelinsky avec lequel j’avais collaboré en 1982 pour la publication de <em>This Remarkable Continent : An Atlas of United States and Canadien Society and Cultures</em>. Wilbur,  âgé de 84 ans est venu au colloque seul en conduisant sa propre voiture depuis la Pennsylvanie, et Laura-Lee, 29 ans, se trouvaient aux deux extrêmes de la pyramide des âges des participants au colloque. La participation de Laura-Lee<br />
<img alt="8801 wilbur_Laura.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8801%20wilbur_Laura.jpg" width="300" height="378" /><br />
au colloque nous a permis de nous rendre véritablement compte des liens étroits qui lient les gens des deux côtés du détroit de Belle-Île, cet entonnoir hydrographique qui canalise le courant froid du Labrador et qui fait vivre sur plus de quatre siècles pêcheurs, chasseurs de phoques et baleiniers. Aussitôt arrivée à L’Anse aux Meadow, Laura-Lee (Québécoise) est tombée dans les bras de Bonnie (Terre-neuviènne), une amie de la famille qui faisait de l’interprétation sur le site. Au lendemain, à Battle Harbour, elle renouerait, à son insu, avec Jenetta (Labradorienne), sa cousine, qui y travaille comme cuisinière. Laura-Lee n’avait revu ni l’une ni l’autre de ces deux femmes depuis 1995, moment où elle avait quitté Blanc-Sablon pour poursuivre ses études à Sherbrooke, puis à Québec.<br />
Autre coïncidence qui me rapproche, personnellement, de Laura-Lee : en 1971 sa belle-sœur, Diane Pintal avait suivi mon tout premier séminaire de second cycle offert à Laval. Grâce donc à Diane et à Laura-Lee, j’ai réussi dans ma carrière à littéralement boucler la boucle générationnelle.<br />
Pourquoi vingt-quatre géographes, dont moi et Laura-Lee, nous étions-nous déplacés à l’Anse aux Meadow sur l’extrême point de la péninsule septentrionale de Terre-neuve?<br />
Découvert en 1960, à la suite de longues années d’étude, par les Norvégiens, Anne Stine et Helge Ingstad, ce lieu<br />
<img alt="8802 anse aux meadows.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8802%20anse%20aux%20meadows.jpg" width="288" height="216" /><br />
est celui du premier établissement européen reconnu en Amérique du Nord. Il pourrait s’agir du campement de Vinland qui fut établi par Leif Ericsson et qui fut de courte durée. Vers l’an 1 000, des marins scandinaves implantèrent ici une base à partir de laquelle ils explorèrent des régions plus au sud. On peut y trouver des traces de fer forgé et d’outils de menuiserie, ce qui fait croire que la fabrication et la réparation de barques étaient importantes. Selon l’interprétation qu’en fait Parcs Canada, l’éloignement de leur patrie et les conflits avec des autochtones auraient pu inciter les Scandinaves à abandonner ce site qui devint en 1978 le premier site culturel à figurer sur la liste du patrimoine mondial de la convention de l’UNESCO.<br />
Depuis la découverte du site, Parcs Canada, se basant sur des fouilles archéologiques majeures, essaie de reproduire le plus fidèlement possible des structures d’habitation et de travail. L’interprétation se fait à l’intérieur comme à l’extérieur par les gens  habillés en costumes d’époque. Ailleurs, des creux et des monticules rendent témoignage de ce qui aurait pu être un atelier ou un entrepôt.<br />
<img alt="8803 interpretation.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8803%20interpretation.jpg" width="288" height="216" /></p>
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		<title>St. Anthony, TN et l’héritage du Docteur Grenfell</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jun 2005 18:08:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est lors d’un colloque organisé par mes collègues de la Eastern Historical Geographers Association que j’ai découvert St. Anthony, à l’extrémité nord de Terre-neuve.D’ailleurs, c’est avec eux que je me rendrai sur les côtes du Labrador. St. Anthony, population 3 000, est le centre de service de la péninsule septentrionale de Terre-neuve, de la Basse-Côte-Nord [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C’est lors d’un colloque organisé par mes collègues de la <em>Eastern Historical Geographers Association </em>que j’ai découvert St. Anthony, à l’extrémité nord de Terre-neuve.D’ailleurs, c’est avec eux que je me rendrai sur les côtes du Labrador.<br />
<img alt="8701 collegues.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8701%20collegues.jpg" width="288" height="216" /><br />
St. Anthony, population 3 000, est le centre de service de la péninsule septentrionale de Terre-neuve, de la Basse-Côte-Nord québécoise et du sud du Labrador, surtout en ce qui concerne la distribution des soins médicaux.<br />
<img alt="8702 village.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8702%20village.jpg" width="288" height="190" /><br />
C’est là l’héritage du Docteur Wilfrid Grenfell, né en Angleterre en 1865, venu au Labrador en 1892 en tant que membre de la <em>Royal Medical Mission</em>, organisme voué à la guérison du corps (soins médicaux) et de l’âme (évangélisation). Constatant les piètres conditions sanitaires et l’exploitation  économique des habitants de la côte du Labrador, autochtones comme pêcheurs, Grenfell a consacré sa vie à leur mieux-être. Son oeuvre, basée sur les concepts de foi, d’espoir et d’amour, a jeté les bases du système médical de Terre-neuve et Labrador moderne.<br />
Hormis l’observation d’icebergs, totalement absents cette année, le musée consacré à l’œuvre de Grenfell et sa maison, construite en 1910 et longtemps partagée avec son épouse, la richissime américaine, Anne MacClanahan,  sont les principaux attraits touristiques de ce pittoresque village. Avant de mourir au Vermont en 1940, Wilfrid Grenfell s’est vu attribué le titre « sir », d’où le nom du collège à Cornerbrook qui porte son nom : Sir Wilfrid Grenfell College of the Memorial University of Newfoundland.</p>
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		<title>Port au Choix : patrimoine français au nord de Terre-neuve</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2005 18:01:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Au cours des XVIe et XVIIe siècles, les Français et Anglais se sont partagé les territoires de pêche au large de Terre-neuve, les Français exploitant les côtes sud ainsi que l’ouest de l’île, les Anglais se concentrant sur la côte est. En 1713, selon les accords du Traité d’Utrecht, les Britanniques et Français ont réglé, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au cours des XVIe et XVIIe siècles, les Français et Anglais se sont partagé  les territoires de pêche au large de Terre-neuve, les Français exploitant les côtes sud ainsi que  l’ouest de l’île, les Anglais se concentrant sur la côte est. En 1713, selon les accords du Traité d’Utrecht, les Britanniques et Français ont réglé, à l’avantage des premiers, leurs différends politique et commercial. Terre-neuve appartiendrait dorénavant aux Britanniques, mais les droits de pêche seraient tout de même accordés aux Français sur certaines longueurs du littoral. Ceux-ci étaient autorisés à pratiquer l’été la pêche le long de ce French Shore et à aménager des postes sur la rive pour sécher leur poisson. Toutefois, ils n’avaient pas le droit de s’y installer en permanence.<br />
<img alt="8601 french shore.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8601%20french%20shore.jpg" width="288" height="353" /><br />
L’existence de cette « côte française » a empêché les Anglais de fonder des établissements permanents sur la péninsule septentrionale de l’île. En effet, les Français prétendaient qu’ils possédaient des droits exclusifs sur la côte, même s’il leur était défendu de s’y établir. Par conséquent, les Anglais avaient tendance à s’installer ailleurs. Puisque les armateurs français avaient besoin de gens sur place l’hiver pour surveiller leurs installations, peu importe leur origine nationale, quelques Anglais n’étaient que trop heureux de le faire. Aussi, de nombreux marins français, désireux de changer leur vie et de tenter leur chance au Nouveau Monde, ont choisi de déserter sur la côte avant l’hiver, plutôt de quitter.<br />
Ce sont là les gens qui ont donné naissance à Port au Choix qui, n’a aujourd’hui de français que le nom.<br />
<img alt="8602 port au choix.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8602%20port%20au%20choix.jpg" width="288" height="216" /><br />
Dans sa population de 1 900 habitants, quatre familles:les Billard, Cadet (Cadot), Gaslard (Gaschelard) et Genix (Jenaux ou Gennoix), témoignent de ces racines françaises. Le dernier parlant français de la place, Jos Gaslard, serait décédé en 1981.<br />
À tous les ans, à l’occasion des fêtes de Port au Choix, M. Pierre Mochon, originaire de Cap-de-la-Madeleine, au Québec, animateur et traducteur au centre d’interprétation du site historique de Parcs Canada, résident du village avoisinant de Port Saunders, et seul francophone à 100 km à la ronde (selon ses propres dires), assume le rôle d’ « Oncle Jos »  (Gaslard) afin de rappeler l’héritage français de Port au Choix.<br />
Aujourd’hui, au centre d’interprétation de Parcs Canada, l’accent est mis sur la pré-histoire de Port au Choix et sur la présence et le passage des peuples autochtones qui, eux aussi, ont récolté les fruits de la mer si riche.</p>
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		<title>Retour décevant à la péninsule de Port-au-Port, TN</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2005 17:53:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[En juin 1987, dans le cadre de notre cours, Le Québec et l’Amérique française, mon collègue, Eric Waddell, et moi avons emmené nos étudiants en excursion à la péninsule de Port-au-Port, sur la côte ouest de Terre-Neuve, la province la plus anglophone du Canada. La « découverte » au début des années 1970, à la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En juin 1987, dans le cadre de notre cours, Le Québec et l’Amérique française, mon collègue, Eric Waddell, et moi avons emmené nos étudiants en excursion à la péninsule de Port-au-Port, sur la côte ouest de Terre-Neuve, la province la plus anglophone du Canada. La « découverte » au début des années 1970, à la suite de la mise<br />
<img alt="8501 etudiants.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8501%20etudiants.jpg" width="288" height="209" /><br />
en application de la loi sur langues officielles, d’une minuscule population de langue française, à Cap-Saint-Georges et à la Grand’Terre, a contribué à légitimer la notion d’un Canada bilingue « from coast to coast ».<br />
Des quelques vingt excursions que nous avons réalisées un peu partout en Amérique du Nord, celle-ci fut certes l’une des plus inoubliables. D’une part, nous avons divisé notre groupe en deux. Le jour de la Saint-Jean-Baptiste, avec les gens de Cap-Saint-Georges, les uns ont monté le cap du sud au nord. Les autres, ont entrepris l’escalade depuis la Grand’Terre dans le sens contraire. Vers midi, au milieu de cette marche de 15 km, nous nous sommes rencontrés sur les hauteurs autour du drapeau fleur de lysé pour chanter, danser et festoyer. D’autre part, certains étudiants ont pu veiller chez Émile Benoît (1913-1992), l’un des grands<br />
<img alt="8502 emile.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8502%20emile.jpg" width="128" height="192" /><br />
violoneux du Canada français. Toutes ces activités ont inspiré l’un des étudiants, Yves Jardon (visage encerclé dans la photo ci-dessus), qui a  résumé notre passage de manière poétique.<br />
Péninsule de Port-au-Port<br />
À la Grand-Terre<br />
À l’Anse-à-Canards<br />
À Cap-Saint-Georges<br />
Les amitiés complices des âmes<br />
Aux accents perdus dans l’espace<br />
On débarque et on reste<br />
J’y ai senti le coup des vagues<br />
Dans la gigue de vos pieds<br />
Le chant du monde<br />
Au bout d’une nouvelle terre<br />
Entre à chaque porte<br />
Rencontre une amitié<br />
Les bras ouverts aux mains tendues<br />
Le cœur à cœur a son air<br />
Laisse-toi aller<br />
La grève à galets roule sous les vagues<br />
Une autre musique au vent<br />
Pêcheurs de morues et de homards<br />
Je vous entends chanter<br />
Que la musique vient de la mer<br />
Et quand la mer est partout.<br />
<img alt="8503 mer partout.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8503%20mer%20partout.jpg" width="288" height="216" /><br />
Quelle ne fut pas ma surprise en ce dimanche matin, en me rendant à l’école Notre-Dame-du-Cap, en face de l’église à Cap-Saint-Georges et à la chapelle Sainte-Anne de Grand’Terre, aux heures affichées de la messe de ne trouver personne! Pas moyen de converser avec les amis faits en 1987 afin d’évaluer l’évolution de leur situation. Il faut me fier à l’œil et non à l’ouie.<br />
Je choisis donc de faire le tour de la péninsule dans le sens des aiguilles d’une montre. En 1987, c’était impossible. La route entre Cap-Saint-Georges et la Grand’Terre n’existait pas, d’où l’intérêt de se rendre à pied le 24 juin de l’un à l’autre. La route a été complétée il y a une dizaine d’années sans compromettre les vues spectaculaires sur la mer. À la Grand’Terre, en 1987, il n’y avait aucune école française. Aujourd’hui, il y en a une, le Centre scolaire et communautaire Sainte-Anne. Il s’agit d’un changement majeur, peut-être le plus important. Le cachet du panneau annonçant la route des ancêtres français suggère un plan d’aménagement pour attirer des touristes sur la péninsule. La présence d’une nouvelle auberge à Cap-Saint-Georges, d’un centre de séjour au sommet du cap, à mi-chemin entre les deux villages et d’un sentier patrimonial à Grand’Terre semble confirmer cette hypothèse.<br />
En arrivant ici, après une absence de dix-huit ans, j’avais grand espoir de pouvoir renouer avec les Cormier, les Poirier, les Félix, les Cornecht et les autres afin d’apprendre de nouveau d’eux. Malheureusement, c’était un rendez-vous manqué—surtout de ma faute parce que je n’avais pas donné les préavis nécessaires. Je n’en suis quand même pas parti bredouille. J’ai pu respirer à plein poumon l’air de la mer, me faire étourdir encore une fois par ces paysages époustouflants et me remémorer intensément des moments forts passés ici le 24 juin 1987 avec mes étudiants et nos amis.</p>
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		<title>Ile Madame : petit coin méconnu de l’Acadie</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jun 2005 17:21:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dean Louder</dc:creator>
				<category><![CDATA[2005 - Troisième voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Île Madame, à peine 15 km de long et 8 km de large (129 km2), située au large du coin sud-est de l’île Cap-Breton, abrite une population de 4 000 habitants dont la moitié est acadienne. L’été dernier, lors du Congrès mondial des Acadiens, l’île a accueilli 1 300 Boudreau, Boudrot, Boudreaux et Boudreault et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Île Madame, à peine 15 km de long et 8 km de large (129 km2), située au large du coin sud-est de l’île Cap-Breton, abrite une population de 4 000 habitants dont la moitié est acadienne. L’été dernier, lors du Congrès mondial des Acadiens, l’île a accueilli 1 300 Boudreau, Boudrot, Boudreaux et Boudreault et presque autant de Samson, David et Fougère. Les symboles acadiens sautent aux yeux dans chacun des villages et hameaux aux noms colorés : Arichat, Arichat ouest, Petit de Grat, D’Escousse et Petite Anse  Même les poubelles ne sont pas épargnées.<br />
<img alt="8401 symbole.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8401%20symbole.jpg" width="288" height="350" /><br />
Comme il se doit en Acadie, la cathédrale porte le nom de l’Assomption. Sur un mur sont écrites les paroles de l’hymne régional composé par Paul D. Gallant : « Mon chez-nous c’est l’Acadie, Ma famille, mon village, merveille d’héritage, Acadie que j’aime tant! »<br />
Ici, on ne parle pas d’école française ou d’école francophone, mais plutôt d’école acadienne. Cela doit être comme ça partout en Nouvelle-Écosse où un système scolaire de langue française contrôlé par les francophones n’existe que depuis une dizaine d’années. L’École Beau-port  est l’une des quatre écoles faisant partie du Conseil<br />
<img alt="8402 ecole beauport.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8402%20ecole%20beauport.jpg" width="288" height="202" /><br />
scolaire acadien provincial à se situer dans la partie nord de la province, les autres se trouvant à Chéticamp, Sydney et Pomquet. De l’extérieur, l’école Beau-port  ressemble à un vaste hangar, ce qui m’a été confirmé par la suite. Avant de devenir l’école acadienne de la place, il était question que l’édifice soit condamné à cause de la désuétude et de la moisissure. Au pouvoir, les Libéraux avaient promis une nouvelle école acadienne à Petit de Grat. Celle-ci devait avoisiner le centre communautaire, La Picasse, inauguré en 1997. Les Conservateurs,<br />
<img alt="8403 la picasse.jpg" src="https://blogue.septentrion.qc.ca/wp-content/uploads/archives/deanlouder/8403%20la%20picasse.jpg" width="274" height="189" /><br />
vainqueurs aux élections et encore au pouvoir aujourd’hui, ont préféré construire une nouvelle école anglaise à Louisdale et « retaper » le « hangar » pour les francophones. Malgré la vétusté des lieux, Mme Fougère et ses confrères concierges les gardent impeccables. À la suite de trente-cinq années de service aux écoliers de la province, Mme Louise Boudreau-Marchand prendra sa retraite cette année,. Militante de la première heure et ardente défenseuse du français, elle enseigne l’anglais à l’école Beau-port.<br />
En Ontario français, il est certain que les gens auraient offert une résistance tenace devant la décision du gouvernement de leur refiler une école usagée et usée. Du moins, c’est là l’opinion de la Franco-Ontarienne, Mme Lacroix-Samson, qui a succédé en 2000 à son conjoint, Yvon Samson, comme directrice de la Picasse. En Ontario français, comme en témoigne le refus de la population franco-ontarienne d’accepter la décision du gouvernement de fermer l’Hôpital Montfort, la tradition de résistance est bien ancrée dans les moeurs. Telle n’est pas le cas chez les Acadiens de la Nouvelle-Écosse pour qui  le drame de la Déportation se joue encore de nos jours.<br />
Un peu comme à Fredericton, la construction d’une nouvelle école aurait sûrement contribuer à assurer le succès du Centre culturel, construit il y a dix ans au coût de 3 500 000$. Aujourd’hui, il exige les déboursées de 80 000$ par année pour le chauffer et l’éclairer. Le Centre est beau, fonctionnel et bien administré. Les 2 000 Acadiens de l’île sont choyés et les anglophones jaloux! Mais sont-ils assez nombreux et suffisamment convaincus de la valeur de leur langue et de leur culture pour le faire marcher à long terme? Déjà le taux de vacance inquiète.<br />
Qu’y a-t-il dans ce centre? Des bureaux bien sûr pour les sept personnes qui y travaillent, un centre de francisation pour accueillir des enfants du pré maternel, une grande salle de spectacle (avec estrade) et de banquet, une cuisine industrielle, la bibliothèque municipale et une boutique aménagée à la mémoire de Ronald Landry (dit Gonzague), artiste local décédé récemment dans la fleur de l’âge. La magnifique fresque qui orne le coin de la boutique est de lui.<br />
Pubnico, la baie Sainte-Marie, Pointe de l’Église, Digby et Grand Pré, pour diverses raisons, tous des lieux « acadiens » jouissant d’une bonne côte de reconnaissance des Québécois qui voyagent dans le sud de la province. Au nord, Chéticamp, sur la Piste de Cabot, et la forteresse de Louisbourg sont relativement bien connus. Et Île Madame? À l’écart et méconnue, mais si jolie, si douce, si agréable.</p>
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