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Le 29 mars 2007 par Éric Simard

Se résoudre aux adieux

Après avoir lu Les jours fragiles et Un instant d’abandon de Philippe Besson, je ne pensais pas lire son prochain roman puisque ces deux lectures m’avaient laissé sur ma faim. En même temps, il y a quelque chose dans son écriture qui m’attire comme si j’attendais de lui qu’il nous offre une œuvre majeure.

Lorsque j’ai vu que Se résoudre aux adieux était un roman épistolaire à une seule voix et qu’en plus il traitait de rupture amoureuse, je n’ai pu résister. C’est exactement la même structure narrative et le même thème que Cher Émile. J’étais curieux de comparer son travail au mien.

Si certains m’ont reproché d’aller trop loin dans l’intériorité de mon personnage principal, donc dans l’émotion, c’est plutôt l’inverse qui se produit dans Se résoudre aux adieux. Sauf en de trop rares occasions, Philippe Besson ne va pas suffisamment en profondeur dans le désarroi de son personnage principal. On ne sent pas réellement sa peine, donc son amour pour cet homme l’ayant quittée pour mieux revenir avec son ex. On ne comprend pas toujours ses motivations intérieures. Sa fuite autour du monde nous paraît également factice. Se résoudre aux adieux dans un tel contexte ne nous apparaît pas vraiment difficile et encore moins douloureux.

Selon moi, il aurait eu intérêt à se mettre davantage dans la peau de son personnage pour lui insuffler un supplément d’âme et d’émotions, surtout que la forme épistolaire à une seule voix permet justement de créer un rapport intime entre le narrateur et le lecteur. Dans un tel contexte, aucune raison de ne pas aller au fond des choses. Malheureusement, on reste ici un peu en surface.

Ce troisième rendez-vous dans l‘œuvre de Philippe Besson m’a fait le même effet que les deux premiers. Je me résous donc à passer mon tour la prochaine fois!

L'avis partagé de Laure.

Commentaires

Besson me fait le même effet que Philippe Claudel et comme un écrivain célèbre m'a dit un jour: "Tu sais Jules, tu n'es ps obligée d'aimer Philippe Claudel. Il y a tellement d'autres auteurs à découvrir." Je te rends le conseil! ;Op

Je n'ai encore rien lu de cet auteur, je viens d'emprunter "Se résoudre aux adieux", il y a tellement de controverses sur ce roman que je verrais bien, je préfère ne pas avoir d'a priori avant de commencer l'histoire !

Un à zéro pour toi Jules (et je l'ai bien mérité)...

Je suis étonnée et ravie de voir que l'avis sur Besson n'est pas unanime. A sa sortie en janvier, dans la presse comme dans les blogs, tous les points de vue convergeaient vers un éloge sans réserve. Aujourd'hui, les avis sont plus nuancés. Voilà tout l'intérêt des blogs et du bouche à oreille !

Moi non plus je n'ai pas beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé froid. Je partage à 100% ton avis : ça manque d'âme et d'émotion.

Hier, un bibliothécaire m'a demandé mon avis sur "Se résoudre aux adieux". J'ai été honnête en lui disant ce que j'en pensais et je n'ai pu m'empêcher de le comparer à "Cher Émile", en vantant les mérites de mon roman bien entendu. Il a fini par prendre les deux! Cette lecture risque de m`être très utile finalement...

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Éric Simard est actuellement responsable de la promotion pour les éditions du Septentrion. Il a été libraire pendant plus de quinze ans. Par le passé, il a également travaillé pour une compagnie de disque, une maison d'édition et pour une compagnie de théâtre. Il en est à sa cinquième année à la barre de l'émission littéraire Encrage, diffusée sur les ondes de CKRL à Québec. Il a fait des chroniques littéraires à la télé de Radio-Canada et à TVA ainsi que dans le journal Le libraire pendant cinq ans. Il a deux romans à son actif Cher Émile (Hamac) et Martel en tête - titre épuisé (Intouchables). Il a été scénariste pour la populaire émission jeunesse Macaroni tout garni.

Ouvrage de cet auteur publié au Septentrion

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