La traverse Oka-Hudson: raccourci vers Ottawa

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Chaque fois que le voyageur passe de Québec à Ottawa par voie terrestre, il a Montréal dans les jambes. Rien de plus désagréable que de se faire prendre aux heures de point sur le boulevard Métropolitain de la métropole! D’autant plus que les heures de point s’allongent indûment.

Pour pallier à ce problème, j’ai découvert un raccourci. Il s’agit d’emprunter la 40 de Québec jusqu’à la cité de Céline, où la 640 s’offre comme alternative. Charlemagne, Mascouche, Lorraine, Saint-Eustache, Deux-Montagnes. D’un coup, l’autoroute périphérique s’estompe et le voyageur tombe sur le chemin d’Oka (344) conduisant au beau village du même nom, bien connu pour son fromage fabriqué par les Trappistes, certes, mais encore davantage depuis 1990, pour l’affrontement violent entre les forces de l’ordre et les autochtones de Kanestake.

Devant l’église d’Oka, le quai. À côté du quai le débarcadère. De 6h à minuit, tous les jours d’avril en novembre, deux traversiers pouvant transporter jusque 25 voitures font la navette entre les deux rives, Oka et Hudson.

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D’une durée de 15 minutes et d’un coût de 10$, la traverse offre des perspectives formidables sur l’église d’Oka, la rivière des Outaouais et le lac des Deux Montagnes, sans parler de la possibilité de découvrir la petite ville de villégiature à caractère anglais qui est Hudson.

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Non, finis les embouteillages causés par la circulation, les bouchons résultant des voies rétrécisses en entonnoir délimitées par les fameux cônes rouges, le stress, l’agacement, la rage au volant!! Souhaitons seulement ne pas devoir se rendre à Ottawa en hiver!


Escapade au Nouveau-Brunswick

C’est toujours agréable de mettre les pieds au Nouveau-Brunswick, même si on n’y va ni loin ni longtemps. Sans le savoir, je suis arrivé le jour de sa fête, le 6 août, neuf jours avant celle des Acadiens. La raison de ma visite cette fois-ci : rencontrer à Grand-Sault des amis de Louisiane, Mike et Angela Leblanc, qui se rendaient à Caraquet en provenance de Portland, ME, à la suite d’un vol de la Nouvelle-Orléans, afin de participer au Tintamarre du 15 août en présence de leurs cousins acadiens. Pour eux, Cadiens originaires de la petite ville d’Abbeville et résidents aujourd’hui de Lafayette, il s’agit d’un retour émotif au pays des ancêtres, d’un rendez-vous longtemps attendu au cœur de l’Acadie moderne.

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Mon premier arrêt au Nouveau-Brunswick, le Jardin botanique, à huit kilomètres de la frontière où, en raison du jour férié, le visiteur avait droit à une collation : hot-dog, croustilles, gâteau de fête et orangeade. Yum! Puisque j’avais l’air affamé, le « cook » m’a donné deux « chiens chauds ».

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Le jardin botanique du Nouveau-Brunswick est beaucoup plus que des fleurs, aussi belles soient-elles. Il y a également des ruisseaux, des étangs des chutes, des aires de repos remarquables.

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À l’herboristerie, on plonge au milieu des herbes, des plantes médicinales et des aromatiques. Le pavillon écologique est muni d’un toit et d’un mur végétal.

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Pour moi qui ne suis spécialiste ni de fleurs, ni d’herbes, le fait saillant de la visite est la rencontre dans son local avec Luc Cyr, de Baker Brook, sculpteur et conteur, qui passe le plus clair de l’été, du jeudi au lundi, à démontrer son art au public et à palabrer avec les passants. Homme jovial et souriant, il se fait un devoir de révéler les secrets de son métier.

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Comment appelle-t-on une chambre fermée où les conditions climatiques sont maintenues stables dans le but d’assurer la conservation de papillons, une « papillonnerie »? une papillonnière? ou tout simplement une serre? En tout cas, bref! Il y en a une au Jardin botanique.

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Dès l’ouverture (9h), au Café Flora, situé dans le hall d’entrée du Jardin, le café et les pâtisseries sont servis. Entre 11h et 17h, des repas somptueux basés sur une cuisine maison et des produits locaux font lécher les babines!

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Deuxième arrêt au Nouveau-Brunswick, le restaurant Hilltop à Grand-Sault où j’ai retrouvé   Mike et Angela dont j’avais fait la connaissance en Louisiane en 1978. Lorsque je les ai connus, ils étaient jeunes mariés, étudiants tous les deux. Nous, quelques chercheurs du Canada, bénéficiaires d’une subvention de recherche de la Fondation Ford pour étudier la renaissance ethnolinguistique des Cadiens, avions engagé Mike pour mener des enquêtes auprès des familles cadiennes habitant de l’autre côté de la rivière Sabine, dans la région de Beaumont/Pont Arthur, au Texas. Il l’a réalisé son travail avec brio et a fini par obtenir sa maîtrise en anthropologie. Aujourd’hui, ils sont parents d’un fils, enseignant de musique dans une école secondaire de Lafayette et grands-parents d’une petite-fille (Isabella), âgée de 11 mois. Mike travaille comme aménagiste urbain pour la ville de Lafayette et Angela prendra prochainement sa retraite d’une agence gouvernementale. Avant cette rencontre du 6 août, nous nous étions peut-être vus deux fois en 34 ans.

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Après avoir cassé la croûte au Hilltop (J’aimerais pouvoir dire ici que l’on y mange aussi bien que chez Flora, mais malheureusement ce serait mentir de manière éhontée!), je les ai amenés à New Denmark, la plus grande colonie danoise au Canada, établie en 1872 par le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour servir de barrière à l’expansion territoriale des francophones situés en amont du Saint-Jean, et ainsi, diminuer leur influence grandissante dans la région. Des hauteurs de New Denmark, la vue sur les environs, sur Drummond, sur Grand Sault, sur Saint-André, sur Saint-Georges, sur le grand pont de la voie ferrée est époustouflante!

Ces hauteurs sont couronnées de deux belles petites églises blanches, l’une anglicane (St. Ansgar’s), l’autre luthérienne (St. Peter’s). Le pasteur Ralph Wiegold, torontois d’origine et retraité après une carrière de 31 ans chez Bell Canada, préside depuis juillet aux destins de St. Peter’s. Il s’est fait un plaisir de nous recevoir et de nous montrer l’intérieur de son église, y compris une montée au clocher pour y tirer sur la corde.

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Très fier, Ralph, ce nouveau pasteur, nous annonce que les portes des deux églises, l’une en face de l’autre, sont ouvertes en tout temps, 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Qu’il en soit ainsi partout! Vive la campagne!

N.B. La graphie préférée des francophones de la Louisiane du nom qui les identifie est celle employée ici: Cadien (nom); cadien, et cadienne (adj.). L’utilisation en français du mot anglais « Cajun » est inacceptable.


Cousinage au Long Branch (Bowdoinham, ME)

À la fin de juillet 2010, une cousine (Claudia) s’est pointée chez moi à Québec, accompagnée de sa fille (Nanette) et de sa petite fille (Geneviève). C’était pour tenir une promesse que Claudia m’avait faite en août 2006, en Utah, lors de notre première rencontre en 54 ans. Oui, vous avez bien lu. Depuis 1952, je n’avais pas vu ce quatrième enfant des sept de mon oncle Chub, frère de mon père. Ce jour-là, elle m’avait dit que sa fille, Nanette, habitait le Maine et qu’à l’occasion, elle lui rendait visite. Puisque le Maine avoisine le Québec, je l’ai invitée à profiter de l’un des passages chez sa fille pour venir me voir et elle a accepté.

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À Québec, nous nous sommes biens amusés. Des promenades sur la Terrasse Dufferin à manger des cornets, un spectacle du Cirque du Soleil en pleine rue où j’ai dû monter Geneviève sur mes épaules pendant cette soirée interminable.

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Au moment de leur retour au Maine, j’ai dû, à mon tour, faire une promesse que j’ai tenue ces jours-ci en rendant visite à Nanette et son mari, Pete, chez eux à Bowdoinham (population 2 615), à 50 km à l’est de Portland. Pete et Nanette caressent un projet et réalisent un rêve : fonder une école informelle et communautaire d’art et de métiers traditionnels, le Long Branch School of Maine

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Celle-ci est logée au-dessus de leur magasin général, une ancienne caisse populaire (credit union) située sur la rue principale de Bowdoinham. Le décor est accueillant, les pièces chaleureuses, les produits locaux de qualité supérieure.

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Pete et Nanette partent du principe que Bowdoinham et ses alentours sont dotés d’enseignants et d’artisans de toutes sortes heureux de partager leur savoir-faire dans de multiples domaines allant de l’agriculture à la spiritualité en passant par le forgeage, la poterie et la construction navale. La semaine de notre visite, Pete mettait en marche pour la première fois sa forge.

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L’école a pour but de fournir les enseignements de base permettant aux communautés, aux organisations et aux individus d’apprendre des techniques pour devenir compétents et fonctionnels dans le cadre du développement durable. La vision de l’école est d’exercer un leadership régional dans le domaine des arts et métiers traditionnels et de faire du village une destination privilégiée pour ceux et celles qui prônent les valeurs écologiques. Les objectifs avoués de l’école sont au nombre de quatre :

1.     Transmettre aux gens les compétences requises pour vivre de manière à favoriser le développement durable.

2.     Refaire vivre les compétences et styles de vie du patrimoine dans un contexte social et environnemental responsable et convivial.

3.     Fournir aux gens une expérience unique et satisfaisante qui pourra contribuer au développement durable de la communauté et au relance de l’économie locale.

4.     Couver des oeufs de petites entreprises pour qu’ils éclosent et prennent de l’expansion en s’appuyant sur le local et en s’inscrivant dans la longue durée.

Au risque de polariser encore davantage une société extrêmement divisée sur les plans idéologique et politique, il existe un objectif inavoué et non dit, celui de faire la promotion d’un projet rassembleur qui réunit les divers éléments du spectre politique sous un parapluie dont les couleurs reflètent la philosophie de Schumacher : Small is beautiful! Qui peut être contre le mieux-vivre ?

La magie de la famille! Après tant d’années sans se voir, sans se parler, on trouve néanmoins, après un demi-siècle, des façons de se retrouver, de s’inspirer et de s’aimer!


Défilé de toutes espèces: Brunswick, ME

Depuis la première procession des espèces qui eut lieu dans la très écologique ville d’Olympia, capitale de l’État de Washington en 1994, cette activité ludique se répand de plus en plus aux États-Unis. Le lundi 11 mai, par pur hasard, j’ai eu le bonheur d’assister à ma première activité du genre.

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Pourquoi un cortège de toutes les espèces ? Il s’agit d’un prolongement des activités découlant de la Journée de la Terre. L’objectif principal du défilé est de rassembler des individus faisant partie de communautés, grandes et petites, afin de célébrer l’écologie et de rendre hommage à la connectivité et à l’harmonie des règnes animal et végétal. Par cette démonstration de respect envers la planète, les participants désirent sensibiliser le grand public à sa responsabilité en tant qu’intendants de la nature. Par le fait même, ils encouragent et incitent leur concitoyens à approfondir leur relation avec la Terre et avec toutes les précieuses espèces qui l’habitent.

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Araignée et champignon

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Aigle et lion

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Deux vaches

Sous le thème « arts are elementary », les organisateurs, provenant largement du Spindleworks Arts Centre à Brunswick, mettent à contribution les écoles « élémentaires » (primaires) de la ville, d’où le nombre très élevé d’enfants qui fabriquent leur propres marionnettes et en font la démonstration en se déambulant le long de la rue Maine.

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Pengouins

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Deux coccinelles

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Barry, Penny et Dimitri

Pour participer au défilé, les règles sont bien simples :

1.     Aucun animal vivant n’est permis.

2.     Aucun véhicule motorisé n’est permis.

3.     Défense d’afficher et de parler.

Tout le monde est le bienvenu.


Sur le chemin d’Old Orchard: Northern Outdoors

La saison estivale commencera prochainement. Des milliers de Québécois prendront la route pour se rendre sur la côte du Maine afin de s’amuser et de se faire bronzer. Déjà, à Old Orchard, malgré le brouillard et la pluie, les préparatifs sont en cours.

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À mi-chemin entre Québec et les plages sablonneuses de cette station balnéaire « québécoise », au cœur de la forêt sauvage du nord du Maine, sur les rives de la magnifique rivière Kennebec, là où passe la légendaire Canada Road qui constituait au début du XVIIIe siècle le principal chemin entre deux capitales coloniales, Québec et Boston, et qui définit aujourd’hui le tracé de la route US-201, est situé un hameau qui s’appelle The Forks.

Pour moi et mes collègues qui ont réalisé en 2007 la publication chez Septentrion de Franco-Amérique, cet endroit à une signification particulière, car c’est ici au Northern Outdoors Resort que nous nous sommes réunis pendant trois jours pour parachever nos textes et pour discuter de la facture finale de ce livre qu’une fois publié M. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de France (2000-2005), a su apprécier lors de son passage à Québec en octobre 2009.

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Dans une ambiance rustique et chaleureuse, logés dans les chalets en rondins, nos auteurs, venus d’aussi loin que le Minnesota et de la Nouvelle-Écosse, ont mis le point final à cet ouvrage.

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Très pressés d’atteindre la côte de l’Atlantique, les vacanciers du Québec ne prennent pas le temps d’arrêter respirer le bon air de la forêt ou de prendre un repas nourrissant et délicieux à prix raisonable, préférant prendre une bouchée au premier McDo ou au premier Burger King, à Skowhegan, une heure plus loin.

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Ce n’est pas à conseiller! Au restaurant de Northern Outdoors, le plaisir viendra en mangeant. Personne ne regretta l’heure passée ici.

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Et pour ceux qui voudraient rester plus longtemps et tenter le rafting, l’endroit est plus que propice. Stationner, descendre la Kennebec, puis se faire ramener à voiture en autobus.

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