La fabrique du numérique 2010

Puisque l’heure est au bilan (René Audet, François Bon, Robertneveutpas lire 1/2, Robertneveutpaslire 2/2), blianisons un peu.

La fabrique du numérique se devait d’être un lieu d’échange sur le présent et le futur du livre numérique. N’en déplaise à René, je nourrissais quelques craintes sur un événement émanant d’un cerveau Universitaire (la majuscule est aussi volontaire). Les préjugés ont la couenne dure. Mais il faut tout de suite admettre que #fn10 a tenu ses promesses de brassage professionnel.

Premier atelier sur le modèle économique, avec comme interlocuteurs un auteur, un économiste, un fonctionnaire du ministère de l’éducation (des loisirs et des sports, mais ça c’est une autre histoire), une bibliothécaire, une marketeuse… ça change de l’habituelle chaîne du livre ! Une discussion riche et instructive d’où est issue une proposition accueillie avec applaudissements : ne nous concentrons pas sur le modèle économique, il se définira lui-même, mais travaillons plutôt sur les contenus. Merci CFD.

Second atelier sur les formats de fichier pour le livre numérique. Le débat a vite tourné autour de pdf vs epub. Du pour, du contre mais au final rien de nouveau. Ce que l’on identifie, c’est finalement le manque d’outils adaptés mais aussi le manque de ressources humaines. Seconde proposition : mettre en place un groupe de travail informel sur les différents formats. On y reviendra.

Après un excellent dîner signé Le Cercle (en passant, excellente place pour tenir des conférences, ateliers ou colloques. Vraiment.), retour au travail, cette fois-ci pour aller dans le coin des bidouilleurs. Après une intéressante discussion sur les besoins, les outils (Sigil, Calibre, Readability), les formats, bref une vraie discussion de geeks, nait le projet de réaliser un epub présentant les résultats de cette journée. Photos, fil des gazouillis, textes, propositions. Les dix se mettent au travail, le silence tombe et les claviers cliquettent. L’activité sur Twitter s’en ressent aussitôt : silence numérique. Au bout de 45 minutes, rien n’a encore jailli. Et pour cause : le plus long ne sera pas de créer le numérique – toutes les ressources sont autour de la table – mais bien de réunir le contenu, de le présenter. Bref, de l’éditer. Constat numéro 3 : l’éditeur, peut-être sous une autre forme, a encore sa place.

Une journée dynamisante. Certes les discussions sont, en général, restées dans les sentiers battus, mais ce n’est pas ça l’important. Non, l’important est d’avoir réunis 70 personnes qui voulaient échanger et avancer sur ce sujet. Et ça, c’est un plein d’énergie formidable !

Merci à René Audet, Éric Duchemin et Clément Laberge.


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#fn10, début de journée.

2 réflexions au sujet de « La fabrique du numérique 2010 »

  1. Intéressant, positif.
    Si l’éditeur a encore sa place, peut-opn en dire autant de l’auteur? Qu’attend-on de lui? Que doit-il faire?
    DV

  2. Merci Gilles pour ce résumé très fidèle.
    Quant à moi, la question que je me pose naïvement est : comment passer à l’action ? et puis au fait, quelles sont les actions ?
    Si je liste, sans aucun ordre précis:
    - Le problème des auteurs,
    - Les défaillances des outils techniques,
    - La place des libraires,
    - Le changements des métiers,
    - La valeur globale du e-book.
    Ai-je fais le tour ?
    Faut-il rester sur l’élan de la fabrique du 26 février et continuer à produire des réflexions joyeusement collectives ? ou doit-on s’y prendre chacun de son côté et enfanter tristement seuls ?
    Finalement, mon bilan est : un nuage de « ? » en orbite au dessus de ma tête…
    Mais ce n’est que de l’énergie positive et une grande volonté à aller vers l’avant. Nous ne sommes pas en train de réaliser un tournant « historique » dans l’histoire du livre québécois ?

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