« Coureurs des toits » : ode à l’hiver

Chaque fois que je fais le « snowbird » en quittant le Québec l’hiver, je me sens coupable ! Il me semble que si j’ai choisi de faire ma vie ici, je n’ai pas le droit de fuir les rigueurs de la saison froide. Je me devrais de vivre en vrai habitant : tuque sur la tête, gants couvrant les mains,  bottes dans les pieds, foulard autour du cou et paletot d’hiver ! Comment vraiment aimer le Québec sans aimer l’hiver ?

Heigi Piccinin, que j’ai rencontré pour la première fois en août 2010 à Moncton, dans le cadre du premier Forum des jeunes ambassadeurs, organisé par le Centre de la Francophonie des Amériques, aime l’hiver. C’est clair, tout comme les acrobates de haute voltige dont il fait l’éloge dans son nouveau documentaire « Coureurs des toits ».

« Coureurs des toits » s’apparente à « coureurs de bois », ces Canadiens (Canayens) légendaires qui parcouraient le continent en quête de liberté et de défis. Équipés comme des alpinistes, ces coureurs des temps modernes, ont comme montagnes à grimper des édifices à toits abrupts donnant directement dans la rue. Et pourquoi escaladent-ils le Château Frontenac, la basilique, l’église Saint-Roch et de nombreux autres points de repère du Vieux-Québec, des faubourgs et de la basse ville ? La raison est bien simple, même si la tâche ne l’est pas. Pour déneiger, pour déglacer, pour protéger les piétons et automobilistes qui seraient autrement susceptibles de se faire écraser par le poids des masses de glace et de neige qui pendent au-dessus de leurs têtes.

Pour moi, assis dans une petite salle bondée du cinéma Cartier, mais récemment rentré de deux mois passés dans le désert du Sud-Ouest américain, ce documentaire d’une durée de 41 minutes, m’a ramené à l’ordre, m’a rappelé la terrible beauté des tempêtes hivernales, m’a fait regretter ce que j’avais manqué.

« Coureurs des toits », des images à couper le souffle. Je ne peux qu’endosser l’articulation d’Éric Moreault, journaliste au quotidien Le Soleil :

Le panorama de la capitale n’est jamais aussi beau que dans cette lumière hivernale avec le Saint-Laurent, l’Île d’Orléans et les Laurentides comme horizon.

Ces quelques photos croquées sur le vif dans une salle de cinéma assombrie ne peut que donner une petite (et piètre) idée de la force, de la splendeur et de la sublimité de la nature et du courage des jeunes hommes et femmes qui essaient, à leur façon, de la dompter en courant les toits de la ville de Champlain.

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FullSizeRender-9Avec une bande sonore d’une légèreté et d’une douceur féériques, il s’agit, ce documentaire, d’une véritable ode à l’hiver !