Avec un certain retard, soit deux semaines après sa mort et quatre jours après ses funérailles (mais plus exactement trois jours après le reportage qu’en a fait Le Soleil…), l’Assemblée nationale a adopté une motion sans préavis pour « honorer la mémoire du colonel Jean-Charles Forbes, héros québécois de la Deuxième Guerre mondiale ».
Parmi les interventions, retenons celle du député de La Peltrie :
«C’était un des militaires les plus décorés au Canada et malgré ça, M. le Président, c’était un homme simple et apprécié de ses compagnons. D’ailleurs, si vous voulez savoir à quel point un leader est un leader, regardez comment se comportent les gens autour de lui. Et, à ses funérailles, je peux vous dire que ça a été un moment de grande émotion.
M. le Président, c’est un moment aussi pour moi d’exprimer une certaine honte, parce que j’étais à ses funérailles, j’étais le seul élu du Québec à ses funérailles. Le gouvernement du Québec n’avait délégué personne pour assister aux funérailles d’un grand Québécois. C’est un moment de honte. Le gouvernement du Canada n’avait délégué personne. La consule générale de France… pardon, la consule générale de Hollande est venue nous enseigner qu’on enseigne en cinquième année qui est Jean-Charles Forbes aux petits Hollandais, aux jeunes Hollandais, alors que les gens sur la rue se demandaient: Mais c’est qui, ça, Jean-Charles Forbes? Ici, M. le Président, on dit que c’est un héros, au Canada. Personne au Canada ne le connaissait. On ne l’enseigne pas. Et c’est un moment de honte pour moi, M. le Président.»
« … un des membres les plus glorieux du Royal 22e Régiment », a dit le ministre responsable de la Capitale. En parodiant un pub bien connue, imaginons la considération qu’on porte aux autres.
Une réflexion au sujet de « Charly Forbes (bis) »
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Devoir de mémoire: devoir de justice.
En 1995, Béatrice Richard se demandait: « Comment la société québécoise et ses élites ont-elles sanctionné la mémoire des Canadiens français partis au front en 1939-1945. » (Bulletin d’histoire politique, vol. 3, p.383)
Elle répondait: « En surdéterminant la mémoire du « déserteur » par rapport à celle du « combattant ».
Et pourtant, élu ou non, tout curieux peut recourir « à plus d’une centaine de récits de guerre », comme le signale Yves Tremblay (2006) dans Volontaires: des Québécois en guerre (1939-1945), page 21. Cet historien militaire y énumère ainsi plusieurs Mémoires dont ceux de Charley Forbes.
A ces « classiques », il faudrait ajouter « Ils ont écrit la guerre » de Sébastien Vincent (2010) et du même en 2004: « Laissés dans l’ombre ».
Le 22e régiment royal aurait-il choisi en vain comme devise: Je me souviens ?