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Conseils stratégiques pour le scrutin

 Si …Trudeaux


… tu n’as pas fait le lien entre l’arrivée de Pierre-E. Trudeau à la tête du Parti libéral, la mise au rancart des travaux de la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme et le début de la banalisation de la communauté canadienne-française dans le « multi-culti »,
… tu n’as pas vécu la crise d’Octobre ni vu l’arrestation arbitraire de centaines de citoyens sous « les ordres » du gouvernement libéral,
… tu n’as pas eu connaissance des expropriations abusives de Forillon et de Mirabel, pour un parc aux ambitions démesurées et un aéroport aujourd’hui fermé;
… tu n’étais pas parmi ceux qui se sont fait promettre par le premier ministre libéral du temps qu’un NON au référendum de 1980 serait un OUI au changement,
… tu ne te souviens pas que ce changement a pris la forme d’une nouvelle loi constitutionnelle mijotée par le gouvernement Trudeau et adoptée sans le consentement du Québec, qui en est toujours exclus, un tiers de siècle plus tard,
… tu n’as pas encore réalisé que l’enchâssement d’une Charte des droits dans cette constitution (tricotée si serrée qu’on ne peut pratiquement plus en sortir) a mis la table pour un « gouvernement des juges » qui joue contre le Québec et nos droits collectifs,
… tu ne te rappelles pas que les efforts du gouvernement Mulroney pour corriger cette situation ont été contrés au Canada anglais avec l’appui actif et la bénédiction de l’ex-premier ministre libéral et de son âme damnée Jean Chrétien, qui deviendra chef du même parti,
… tu as digéré les moyens illégaux mis en œuvre par gouvernement libéral de Jean Chrétien pour obtenir un NON au référendum de 1995,
… tu as oublié le scandale des commandites, sous ce même gouvernement libéral qui a laissé des sous-fifres encaisser les coups,

et si, enfin, tu n’as pas remarqué que le directeur de la campagne de Justin (qui vient de démissionner) était l’homme de son père à Londres lors du coup de force constitutionnel de 1981-1982,

tu peux voter libéral, « mon fils » (comme disait Kipling).

Le «blues» du «backbencher»

Après la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, voilà le député de Fabre qui quitte son siège quinze mois après avoir été réélu.

Au journaliste de La Presse, il a reconnu que le refus du premier ministre de le nommer au cabinet avait pesé lourd dans sa décision.

Mais, dans la lettre de démission qu’il a envoyée au président de l’Assemblée nationale, il dit avoir consulté le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, qui lui a confirmé que sa démission, compte tenu de sa situation familiale (il a cinq enfants), s’appuyait sur un motif légitime et n’était pas contraire aux valeurs de l’Assemblée nationale.

Ouimet

Prenons ici une pause pour relire ce qui précède.

Ce monsieur invoque les classiques raisons familiales pour laisser un mandat de « simple député » ministériel, et se justifier de toucher son « allocation de transition » (difficile de dire au commissaire qu’il méprise son job de député…), mais il aurait pu envisager de rester en politique si le « défi professionnel » avait été plus important. Ministre, genre.

En bref, s’il avait eu beaucoup PLUS de travail, il aurait pu plus facilement le concilier avec la famille.

Aussi bien le laisser retourner au droit.

Paiement minimal sur les cartes de crédit : une loi, ça presse!

Coopérateur convaincu, je prends souvent la défense des Caisses populaires (qu’on désigne malheureusement aujourd’hui sous le nom de « Desjardins ») mais ce que nous apprend Stéphanie Grammond, dans La Presse d’aujourd’hui, est carrément indéfendable.

http://plus.lapresse.ca/screens/dfe4301e-80ec-44a3-85ff-5410a88d51f1%7CObW4XA4wq83..html

« Sans tambour ni trompette, Desjardins a rabaissé de 5% à 2%, en juillet, le paiement minimum sur ses cartes à taux réduit, qui représentent environ 20 % de ses 3,8 millions de comptes clients ».

Ceux qui pensent que c’est un cadeau sont des « analphabètes budgétaires » et, avec cette décision, Desjardins entretient l’incurie financière de ses propres membres. En fait, ce sont les sociétaires eux-mêmes qui entretiennent leur propre bêtise par administrateurs élus interposés.

Comme l’écrit la journaliste, « ce changement apparemment anodin fait en sorte que les clients les plus vulnérables se retrouvent à payer des intérêts pratiquement pour l’éternité ! »

Le tableau qu’elle publie est éloquent :

  • avec un paiement minimum de 5%, il faut plus de 11 ans pour éteindre une dette de 10 000$ et ça coûte près de 5000$ d’intérêts;
  • avec un paiement de 2%, il faudra plus de 83 ans et près de 50 000$ d’intérêts!!!

Si, au moins, les membres étaient informés de ce que leur coûte leur carte de crédit, mais non : les relevés de comptes de Desjardins n’indiquent pas le temps nécessaire pour rembourser le solde si on fait seulement le paiement minimum, comme on le voit chez les institutions qui relèvent de la compétence fédérale.

Ma MasterCard de la Banque nationale m’indique précisément qu’il me faudra 11 ans et 4 mois pour éliminer mon solde actuel si je m’en tiens au paiement minimum. Ma Visa Desjardins est muette.

En 2011, le gouvernement du Québec avait entrepris de légiférer pour imposer le 5%. Desjardins avait alors pris l’initiative de l’instaurer mais la loi est morte au Feuilleton. Aujourd’hui, au lieu de plaider en faveur d’une règle uniforme pour tous les émetteurs de cartes, Desjardins fait marche arrière, sans crier gare.

C’est indigne d’un mouvement populaire qui doit former les citoyens en matière de budget personnel.

Le Summer Fest-Québec

Les jeux sont faits pour le Festival d’été. Nickelback est remplacé par Alan Parsons et les Foo Fighters viendront même en béquilles.

Le placard publicitaire publié récemment est éloquent : dans la mer des artistes anglo-américains surnagent des Français (Bruel et IAM) et deux Montréalais qui chantent en anglais; puis, beaucoup plus bas (neuvième rang), Vincent Vallières, suivi, en formation dispersée, de quelques artistes qui chantent au Québec dans la langue de la majorité. Ne cherchez pas Alexandre Belliard, il est probablement dans les « plusieurs autres » et il s’exécutera le soir où les Foo Fighters seront sur le Plaines et pourraient bien enterrer ses « Légendes d’un peuple ». (il ne sera pas le premier artiste confiné au parc de la Francophonie à subir ce genre de concurrence).

FEQ 2015

Comme le soulignait le Journal de Québec du 3 juillet dernier, les festivaliers de 2015 vivront « une première: les Plaines n’auront aucune tête d’affiche québécoise chantant en français en 2015. Les deux cases horaires consacrées à la chanson francophone seront défendues par des Français ». Consolation : d’après le Journal de Québec (7 juillet), « il est presque assuré que [Pascale] Picard fera une chanson en français »…

En 2010, la programmation du FEQ avait suscité une certaine contestation et pourtant Vigneault était assez haut dans l’affiche (quatrième ligne) immédiatement suivi des « Chansons d’abord ». C’est dire le « progrès » réalisé en cinq ans!

Dans une mise au point publiée par Le Soleil le 12 mai 2010, la présidente du Festival était intervenue pour « rétablir les faits » et avait cité le texte même de la mission de son organisation : « Le Festival doit animer, l’année durant, la ville de Québec, pour tous les gens d’ici et d’ailleurs, avec une fête des arts de la scène et de la rue valorisant la chanson francophone et les projets de création, tout en étant ouverte au reste de la production culturelle dans le monde et à la découverte ».

Analysée logiquement, cet énoncé priorise « la chanson francophone et les projets de création ». Si c’est toujours la mission du FEQ, on est loin du compte.

«One Canada, One Nation»

Curieuse pub dans Le Soleil de ce jour. Le « Centre des arts de la Confédération » (pour les non-initiés, centre culturel de l’IPE auquel nous avons tous contribué à raison de 30 cents par tête en 1964) offre un spectacle intitulé « Le père fondateur, son histoire, notre Canada ». Il faut bien lire pour comprendre qu’il s’agit de la « TournéeSirJohnA » qui met en scène John A. Macdonald.

Père fondateur

Il y aurait beaucoup à dire sur ce document historique : le spectacle est gratuit (« quand c’est gratuit, VOUS êtes souvent le produit!…»), il est hébergé (gratuitement?) à l’amphithéâtre Daniel-Johnson de l’édifice Marie-Guyart, etc.

Le meilleur est cependant sur la dernière ligne : « 12 villes. 36 représentations. 1 nation ». Une nation? Le message n’était pas assez clair qu’il fallait le terminer par ce point d’orgue insolite qui nous ramène pratiquement au temps des « mammouths laineux » de la politique canadienne (1958-1962), quand le premier ministre conservateur Diefenbaker proclamait « One Canada, one Nation », refusant d’admettre la dualité linguistique et culturelle du Canada et de reconnaître un statut privilégié aux Canadiens français, ce qui aurait favorisé une province aux dépens d’une autre. On était 25 ans avant l’invention du concept de « société distincte », qui aurait sûrement achevé le vieux Dief, mais son esprit flotte toujours un demi-siècle plus tard.