Le président de l’Assemblée nationale a tenu un déjeuner de presse mardi dernier (13 novembre) pour annoncer la contribution de l’institution qu’il préside au 400e anniversaire de Québec. En présence de plusieurs parlementaires (députés et ministres), des autorités du 400e, de la ville et de la Commission de la capitale nationale, il a dévoilé une programmation qui fait large place à l’histoire et vient donner de la vigueur à un volet de la programmation officielle du 400e (la commémoration) qui n’avait rien d’extravagant.
Sous le thème « Notre histoire s’exprime ici: 400 ans de traditions et d’institutions politiques », la programmation de l’Assemblée propose des activités variées: expositions, publications, conférences, simulations parlementaires, etc. Au déjeuner, les représentants de la presse ont demandé quelques précisions: heureusement, personne n’a soulevé la question du « nous »…
Échos dans la presse le lendemain? Rien au Devoir ni à La Presse, ce qui en dit long sur leur perception de cette « fête au village »… Entrefilet du Journal de Québec, mais substantiel article dans le Soleil. Quant à notre Société d’État, avec un sens consommé du timing, elle avait choisi précisément ce jour pour annoncer, sur son site Internet, sa propre contribution au 400e!
De bonnes adresses en France
De retour d’un séjour en France, j’ai cru utile de vous faire part de quelques bonnes adresses découvertes lors de mes trois derniers voyages. On ne parlera pas des choix moins avisés, car il y en a eu, malgré toutes les précautions prises dans la préparation de ces voyages. Il est quand même difficile de deviner que la belle gentilhommière campagnarde du XVe siècle peut subir les odeurs de la porcherie voisine lorsque le vent souffle sud-ouest…
Les trois établissements dont il sera question ici conviendront aux touristes motorisés qui cherchent des gîtes offrant confort et tranquillité, petits déjeuners copieux et table d’hôtes (sauf certains jours). On y trouve des champs, des moulins et des fleurs mais ce ne sont évidemment pas les Champs-Élysées, Moulin rouge et le Café de Flore.
En Charente, Clos de la Garenne
Le Clos de la Garenne, à Puyravault (près de Surgères) offre le gîte et le couvert dans un hameau dont l’origine remonte au temps des Gaulois. À quelques kilomètres du marais poitevin, à vingt minutes de La Rochelle, de l’île de Ré ou de Rochefort, à proximité de Brouage et de Saintes, cet établissement permet de découvrir les richesses patrimoniales de la Charente le jour et de se retrouver en bonne compagnie autour de la table commune le soir … sans se soucier du taux d’alcoolémie du conducteur. Grandes chambres confortables (douche et bain) donnant sur le parc, déjeuners plantureux, repas du soir bien équilibrés servis dans la salle à manger ou sous le préau, tout ce que le site Internet de ce gîte (http://www.closdelagarenne.com) annonce est là, y compris les ânes et les moutons.
Le site ne dit pas cependant que les propriétaires sont des « François » (c’est leur nom) sympathiques qui aiment leur Charente et la connaissent intimement. Madame François est une source d’information inestimable pour le voyageur: ce qu’elle ne sait pas au souper, elle saura le trouver dans sa documentation ou sur Internet et vous l’offrir au déjeuner avec les oeufs de ses poules et sa douzaine de confitures maison. Au besoin, elle y invitera l’historien local, monsieur Grassiot, pour vous parler d’une célébrité locale, Ozanne Achon, qui aurait travaillé au Clos de la Garenne avant d’émigrer en Amérique pour épouser Pierre Tremblay et s’installer dans l’arbre généalogique d’innombrables Québécois.
En Bretagne, Ar Baradoz Bihan
Dans la région de Brest, il faut se loger au Baradoz Bihan, au « petit paradis », une maison du XVIIe siècle située sur la rue principale de Daoulas, à deux pas de l’abbaye du même nom (cloître roman unique en Bretagne, jardin de plantes médicinales et parc). La photographie de la maison qu’on trouve sur le site (http://www.membres.lycos.fr/baradozbihan) n’était pas très explicite mais on a compris, une fois sur les lieux, que la largeur de la rue ne permettait pas de prendre un meilleur angle. Derrière une façade austère, on découvre un intérieur restauré avec goût, meublé avec élégance et habité par un charmant couple de professeurs d’anglais! Monsieur Péron est un Breton de souche qui partage mon intérêt pour les boites rondes de single malt (et leur contenu); son épouse Élisabeth se passionne pour la généalogie, l’histoire et les richesses patrimoniales de sa Bretagne d’adoption. Ses conseils de tourisme étaient particulièrement avisés: nous avons ignoré Brest pour consacrer une partie de notre bref séjour à la découverte des enclos paroissiaux, attraits typiques de la Bretagne, si on aime évidemment les églises et les cimetières.
En Provence, le Mas de la Christine
C’est au bout d’un chemin de campagne, là où le GPS perd la carte, un peu à l’ouest de Maillane, qu’on trouve le Mas de la Christine, une grande maison entièrement restaurée qui compte cinq chambres (http://www.masdelachristine.com/index_fr.htm).
Caroline et Christian Crestin accueillent les touristes et les accompagnent dans leur découverte de ce coin de Provence. Leur table offre une cuisine typiquement provençale, élaborée avec des produits du lieu. Les convives partagent la table commune et on y fait des rencontres amusantes, dont ce couple belge: » Deschênes… On en a rencontré au Québec. — À quel endroit? — À Saint-Jean-Port-Joli… — Je viens de là! — … on a visité une cabane à sucre. — Chez mon oncle Marc-Arthur? — Non, son fils Simon. » Le monde est petit.
Dans un rayon de 40 kilomètres à peine, on peut visiter Avignon, Saint-Rémy-de-Provence, Les Baux, Arles, Nîmes, le pont du Gard, Fontvielle (moulin de Daudet) et d’innombrables autres choses qui imposent des choix douloureux.
Salutations cordiales à trois couples que nous serons enchantés de revoir.
Les « moins pires » Canadiens
Le palmarès des « pires Canadiens » du magazine Beaver (voir « Ton histoire est ‘une des pas pires’ ») m’a rappelé les encarts de Chrysler Canada publiés simultanément dans L’Actualité et Macleans en 1992. Cette publicité prenait la forme d’une grande carte garnie d’éphémérides évoquant le souvenir des héros de l’histoire du Canada dont on fêtait alors le 125e anniversaire.
À première vue, les encarts des deux périodiques (« The map of Canadian Legends » du Macleans et « Ton histoire est une épopée » de L’Actualité ) se ressemblaient, mais ils véhiculaient en fait des messages très différents destinés à des sociétés distinctes.
Certes, on y trouvait quelques héros communs. Des bien connus, comme Graham Bell et Joseph-Armand Bombardier, Émily Carr et Lucy Maud Montgomery, et d’autres, qu’on aurait peut-être dû connaître, comme le shaman inuit Qitdiarssuaq, le brigand Billy Miner (qui aurait inventé le terme « Hands up »), le pilote de brousse Punch Dickins et les membres du détachement de la RCMP qui ont abattu le tireur fou de Rat River au Yukon en 1932…
Mais il y avait surtout des différences notables entre les deux panthéons. Ainsi, les exploits de l’explorateur Alexander Mackenzie, des pilotes Wop May et John McCurdy, ainsi que du chef amérindien Tecumseh ne se trouvaient que parmi les « Canadian legends ». Même Laura Secord était cantonnée à l’univers anglophone ! Par contre, les lecteurs de Macleans devaient se satisfaire (?) d’une version écourtée de l’histoire du Canada. Les seuls événements antérieurs à la Conquête étaient la fondation de Port-Royal par Champlain (eh! oui, les anglo-protestants oublient aussi Pierre Dugua de Mons!) en 1605 et celle de Montréal en 1642. Québec était évidemment incontournable, à cause de 1759.
Les lecteurs de Macleans ne surent donc pas que la côte du Labrador était fréquentée par des pêcheurs bretons et basques bien avant la « découverte » du Canada (qui était probablement esquivée pour éviter les débats sur les mérites respectifs de Cabot et de Cartier). Rien pour eux sur les explorations de Champlain dans la région de Toronto, la « découverte » du lac Supérieur par Étienne Brûlé, les missions fondées au pays des Hurons par les Jésuites, le passage de La Verendrye dans l’Ouest et les expéditions du capitaine Bernier dans l’Arctique. Ils ont probablement compris que les Français ne pouvaient traverser l’Outaouais.
Mais il y avait plus subtil. Ainsi, Kingston était le lieu de naissance de J.A. Macdonald pour tous, mais l’ancien fort Frontenac pour les lecteurs francophones seulement. Les deux éditions mentionnaient la pendaison de Riel en 1885 mais seule la version française précisait que cet événement avait soulevé « la colère du Québec et une méfiance durable ». De Winnipeg, le Macleans retenait la rébellion des Métis; mais, en lisant L’Actualité, on apprenait de plus qu’ils avaient fondé cette ville « originellement française [d’où le français] sera banni et rapidement réduit ».
Une consolation pour les Québécois qui commençaient à culpabiliser : l’encart de L’Actualité rappelait que le « génocide des 30 000 Hurons » était la responsabilité des Cinq-Nations iroquoises.
En vacances…
Pas de notes depuis plusieurs jours? Je suis en voyage dans les « vieux pays ».
Nous sommes actuellement à Chinon, dans la vallée de la Loire, après 4 jours en Charentes (à Puyravault, j’en reparlerai) où nous avons visité notamment Brouage (pays de mes ancêtres Miville), Rochefort, La Rochelle, Fouras… Hier, en chemin, plusieurs stations dans la journée (Coulon dans le marais du Poitou, Niort, Richelieu, etc.).
A Niort, je me suis un peu égaré dans une rue tellement étroite qu’il a fallu fermer les rétroviseurs pour passer. Faut dire que j’avais demandé une automatique et que l’agence de location (manquant probablement de stock) m’a donné une Santa Fe de Hyunday (4×4, full equiped). Ne connaissant pas cette marque, je me suis aperçu, un fois rendu dans le parking lot, comme ils disent ici, que c’était GROS. Bref, je fais pas mal cousin américain parvenu…. Mais je m’habitue (à la voiture…). Je pourrais même faire du taxi ou du fret si j’avais un peu plus de temps.
Après trois jours dans la région de Chinon, ce sera Blois, pour le RDV de l’Histoire.
Les exilés de l’anse à Mouille-Cul au petit écran
Un épisode de la série « Canada en amour » sera inspiré de l’histoire que j’ai racontée dans Les exilés de l’anse à Mouille-Cul. Produite par Vic Pelletier, de Matane, cette série s’intéresse à des histoires de couples généralement bien connus. Ce n’est pas le cas de Laurent Chouinard et de Claire Gagnon, qui étaient de simples paroissiens de Saint-Jean-Port-Joli, mais leur histoire sort de l’ordinaire.
Laurent était célibataire, Claire était une jeune veuve, mais, pour des raisons obscures, le curé desservant de Saint-Jean et l’évêque de Québec refusaient de les marier. En janvier 1774, ils improvisèrent donc un mariage à domicile avec un groupe d’amis et s’installèrent ensemble. Mis au ban de la paroisse, ils se réfugièrent dans le bas du fleuve, laissant aux parents de Claire les trois enfants nés de son mariage avec feu Romain Duval.
Après vingt ans d’errance entre le Bic et Cap-Chat, et deux autres enfants, les exilés tentèrent encore de se marier avec l’aide de curés qui ignoraient le fond de leur histoire. À la troisième tentative, le mystère commence à s’éclaircir. Il y aurait eu crime. Lequel ? On ne pourra jamais l’établir avec certitude.
Chacun des épisodes de cette série est fait d’entrevues et des reconstitutions dramatiques tournées en studio avec des comédiens. Le tournage des entrevues a débuté dans la dernière semaine de septembre. Nous avons tourné aux archives de l’évêché de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, à Saint-Jean-Port-Joli et à l’anse à Mouille-Cul, dans le parc du Bic, où le couple Chouinard-Gagnon a eu un bout de terre vers 1780.
L’émission sera diffusée à la télévision de Radio-Canada et à la télévision franco-ontarienne au début de 2008.