Une commémoration discrète dans les jardins de l’Hôtel du parlement

Longtemps seuls dans les jardins de l’Hôtel du parlement, Mercier (1912) et Duplessis (1977) sont maintenant accompagnés de nombreux « collègues » : des « jeunes » comme Godbout, Lesage, Bourassa, Lévesque, Parizeau, des plus anciens comme Papineau et La Fontaine, des femmes, dont Claire Casgrain, et un député « arrivant à Québec » mais arrêté dans l’entrée, comme s’il se demandait s’il est au bon endroit. Et il aurait bien raison car il devait aller au parc Montmorency. Aux statues des Amérindiens, qui ornaient la fontaine, s’est ajouté un inukshuk, en hommage aux Inuit.

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Dans un Plan d’intervention pour la mise en valeur de la colline parlementaire préparé par la Commission de la capitale nationale (qui a pris le contrôle de l’aménagement de la colline au milieu des années 1990[1]), on pouvait lire que « [deux] petits monuments ont été placés sur le parterre sans trop savoir pourquoi : le monument géodésique en 1967 et le totem de la Colombie-Britannique en 1971. »

Il y avait un peu de mauvaise foi ou de restriction mentale dans cette affirmation. Ces monuments n’étaient pas tombés là par hasard.

Monument arpenteurs 1984

Comme on pouvait le constater en l’examinant un peu, le « monument géodésique » a été érigé en l’honneur des arpenteurs-géomètres et s’insérait dans un ensemble de douze monuments construits en 1967 à l’occasion du centième anniversaire de la Confédération canadienne[2]. Le monument comprenait un cadran solaire horizontal et un point géodésique qui faisait partie d’un réseau de points reliant les capitales provinciales, la capitale fédérale ainsi que le Yukon. Les coordonnées du point géodésique étaient inscrites sur une plaque de bronze qui indiquait aussi la distance entre le monument de Québec et ceux de Fredericton, de Toronto et d’Ottawa. Une inscription sur la plaque située à la base du cadran solaire révélait l’esprit du projet : « Ce point géodésique, établi en 1967, fait partie d’un réseau symbolisant l’ordre et l’harmonie entre Canadiens d’un océan à l’autre ».

Quant au totem, placé devant l’édifice de la Bibliothèque, il s’agissait d’une œuvre de 16 pieds de haut, réalisée par un artiste indien du village de Koksilah, en Colombie-Britannique, et donnée au Québec par cette province, en 1971, pour commémorer le centenaire de son entrée dans la Confédération canadienne.

Totem Soleil 22 juill. 1971 Le Soleil, 22 juillet 1971.

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On en parle au passé car ces deux « petits monuments » ont été enlevés, ce qui n’étonne pas, vu le peu de sympathie qu’ils suscitaient à la Commission de la capitale nationale.

Le monument géodésique est disparu à l’occasion de « travaux de réaménagement » … et n’est pas réapparu. Il y a 10 ans, il a été vu dans une cour de banlieue en compagnie de blocs de pierre ou de ciment. Il avait été question d’une réinstallation « ailleurs », ce qui poserait certaines difficultés pour un point géodésique…

Monument arpenteurs 2015

Son sort futur pourrait ressembler à celui du monument Jacques-Cartier, de la place du même nom, qui a finalement été réinstallé ailleurs en format réduit. Ou à celui des pierres numérotées de la façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul qui, elles, sont vraisemblablement décomptées.

Quant au totem, dont la durée est de l’ordre d’une soixantaine d’années, il a connu une fin prématurée et reposerait quelque part dans une « réserve » patrimoniale. Dans son cas, les pronostics varient entre la restauration et l’incinération, mais il pourrait bien végéter encore quelque temps et se faire oublier.

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Être associé à la fédération canadienne ne porte décidément pas bonheur sur la colline parlementaire, mais un troisième élément commémoratif associé à 1967 trône, quand même, encore fièrement à quelques mètres devant la porte 3 (angle sud-est de l’Hôtel du parlement). C’est « l’arbre du Centenaire » (ou « de la Confédération »), planté le 26 avril 1967 par Yves Gabias, Secrétaire de la province dans le cabinet Johnson.

Arbre du Centenaire 1967 Action 27 avril 1967   L’Action catholique, 27 avril 1967.

Arbre du Centenaire 2006  Arbre du Centenaire 2026

En 2006 et en 2026.

Déjouant le mauvais sort, l’érable à sucre est toujours là, incognito, et donc discret sur ses opinions politiques.

Qui s’en souvient? C’est probablement mieux pour lui : quelqu’un pourrait bien lui trouver quelque maladie contagieuse, des taches goudronneuses ou des champignons, et décider d’en faire du bois de poêle.

Heureusement, les arbres ont maintenant des droits![3].


[2] D’après une note de recherche préparée par Christina Turcot au Service de la recherche en 1999.

[3] Quelque part dans les jardins de l’hôtel du Parlement, il y a aussi un tilleul de Slovaquie offert au gouvernement du Québec par la communauté slovaque, le 15 juin 1982, en remerciement d’une subvention accordée au Centre culturel slovaque de Montréal.

L’état de la langue française, selon Arthur Fournier

Dans son Mémorial de Saint-Jean-Port-Joli, Arthur Fournier a écrit :

Fournier (scan vol. 3) 2012-2-20-2

« Notre belle langue française était beaucoup mieux parlée il y a moins de cinquante ans qu’aujourd’hui, quoique l’instruction y était moins développée qu’à présent. Il était beau d’entendre parler les vieux et les vieilles, se servant encore d’une foule d’expressions et de mots à peu près disparus aujourd’hui. La prononciation a aussi subi de notables changements. On savait encore à cette époque employer des mots donnant l’expression juste de ce qu’on voulait exprimer.

Ce qui dépare notre langage dans une si large mesure, ce sont les mots anglais, ou censés l’être, appris et apportés par les voyageurs, d’une part, et par les familles allant résider aux États-Unis quelques années, puis revenant au pays avec ce langage bâtard et incompréhensible qu’elles gardent et pratiquent avec une sorte de sotte [sic] orgueil que l’ignorance où elles sont des beautés de la langue française et de notre histoire peut les excuser d’employer un si déplorable jargon.

Nos institutions nationales auront beau combattre cette manie de mélanger les expressions anglaises dans le parler français, le mal est incurable et ira toujours grandissant tant que les relations existeront entre les deux races.

Il est bien vrai que cet état de chose provient surtout de l’ignorance des beautés de la langue française de la part des Canadiens, mais que dire des Français de France qui, chaque année, adoptent les mots anglais, eux qui sont des maitres en cette langue, la plus belle de l’univers, sinon le plus employée; ils sont encore moins excusables que nous et cependant le fait existe et est infiniment déplorable. »

C’était en 1923. Il pourrait pratiquement écrire la même chose cent ans plus tard.

Champlain et Marsolet: opposés même outre-tombe

Je consulte quotidiennement la rubrique des « avis de décès ». Une habitude héritée de ma mère? C’était la première chose qu’elle lisait dans le journal, en commençant par la fin.

Dans Le Devoir du 13 juin 2026, j’ai lu une notice singulière qui salue un ancêtre du défunt, le « truchement » (interprète) Nicolas Marsolet de Saint-Aignan (1601-1677), personnage controversé qui figure aussi dans mon arbre généalogique.

Marsolet

Marsolet était, écrit-on dans cette notice, « un ami des Montagnais qui l’ont hébergé encore enfant […], qui refusa de transmettre sa connaissance des langues algonquine et montagnaise aux missionnaires et qui s’opposa au projet de Samuel de Champlain d’expatrier trois jeunes autochtones pour les exhiber à la Cour de France ».

« Expatrier », « exhiber » : Champlain fait mauvaise figure dans cette affaire, mais trois historiens réputés (Trudel, Vachon et Thierry) l’ont rapportée d’une tout autre façon.

Citons, pour faire court, la notice que Marcel Trudel a consacrée, dans le DBC, à ces « jeunes Montagnaises » :

« Depuis longtemps, Champlain désirait adopter de jeunes Amérindiens pour les faire instruire en France. Mais il avait à surmonter l’attachement très fort que les parents avaient pour leurs enfants : certains, écrit-il, avaient refusé des offres alléchantes. Or, le 2 février 1628, les Montagnais vinrent lui offrir trois jeunes filles âgées de 11, 12, et 15 ans […] dans un effort pour renouer avec Champlain l’amitié compromise l’automne précédent par le meurtre de deux Français. Champlain accepta les jeunes Amérindiennes et les nomma Foi, Espérance et Charité.

[…] En juillet 1629, Champlain, forcé de livrer Québec aux Anglais, demande à Lewis Kirke l’autorisation d’emmener en France ses deux filles adoptives [la troisième étant retournée chez ses parents]. Kirke se laisse difficilement convaincre. Enfin, le 24 juillet, Espérance et Charité s’embarquent pour Tadoussac, “portées d’un désir extrême de venir en France”, mais l’intervention de Nicolas Marsolet va tout gâcher. Désireux de séduire les pupilles de Champlain, il écrit à David Kirke que les Montagnais, réunis à Trois-Rivières, s’opposent au départ des deux Montagnaises. Champlain soutient que ce n’est là qu’un mensonge, mais Kirke, qui veut assurer ses positions, craint de mécontenter les indigènes. Champlain insiste : il est prêt à leur donner 1 000# de marchandises. Kirke, pressé par Marsolet, refuse tout net. Espérance et Charité en perdent le goût du boire et du manger.

Un soir, Kirke reçut la compagnie à souper : il y avait là ses deux frères, Champlain, les capitaines de vaisseau et Marsolet. S’adressant à ce dernier, Espérance l’accusa de trahir les Français, de l’avoir poursuivie de ses offres indécentes et d’empêcher qu’elle et sa compagne n’aillent en France “y apprendre à servir Dieu”. Et elle ajoutait : “Si à l’avenir tu m’approches, je te donnerai d’un couteau dans le sein”. Charité la secondait : “Si je tenais ton cœur, j’en mangerais plus facilement et de meilleur courage que des viandes qui sont sur cette table.” Marsolet “resta tout honteux, et ne savait que répondre sinon qu’elles étaient folles”.

Espérance et Charité restèrent quand même au pays. […] À Guillaume Couillard, qui n’émigrait pas, Champlain recommanda “de les mettre avec sa femme tant qu’elles y voudraient être”. Le 14 septembre 1629, Couillard s’embarquait pour Québec avec les deux Montagnaises. Champlain ne semble pas avoir revu ses filles adoptives : à son retour, en 1633, il n’en parle plus. »

La même histoire est reprise par André Vachon (dans la notice consacrée à Marsolet dans le DBC) et Éric Thierry (dans la biographie monumentale qu’il consacre à Champlain au Septentrion). Ce dernier cite longuement le « réquisitoire » d’Espérance contre Marsolet, propos que le missionnaire Sagard a reproduits en 1636, en les enjolivant, peut-être, mais l’essentiel demeure : Champlain voulait amener ses filles adoptives en France pour les faire instruire, avec leur accord et celui de leurs parents; Marsolet préférait qu’elles restent ici, pour des raisons qui lui appartiennent.

LA biographie de Jean Lesage, par Jocelyn Saint-Pierre

Il y a déjà plusieurs années, dans un exposé sur « la nécessité du retour de l’histoire politique dans l’historiographie québécoise », le professeur Réal Bélanger reconnaissait que ses pairs (historiens universitaires) avaient « laissé à d’autres, qu’ils soient politologues, sociologues ou journalistes, le soin de labourer [leurs] propres objets d’étude, ce qu’ils ont fait, mais selon leur propre méthodologie ».

L’observation était particulièrement pertinente dans le cas des biographies de nos plus grands personnages politiques, qu’on pense par exemple à Duplessis (par Rumilly et Black), Johnson (Godin et Gros d’Aillon), Bourassa (Brault, Germain, Lisée), Lévesque (Godin), Parizeau (Duchesne), Laurin (Picard). Des exceptions ? La biographie de Godbout, par un professeur de Chicoutimi, dont la thèse était depuis longtemps sur les tablettes quand Septentrion l’a éditée en 1996 ; celle de Taschereau, œuvre d’un professeur néo-brunswickois, traduite aussi au Septentrion, la même année ; et peut-être d’autres en remontant plus loin.

Lesage-couverture

Jocelyn Saint-Pierre a obtenu son doctorat en histoire de l’Université Laval, mais il a fait carrière « hors les murs », à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, où il a principalement dirigé l’équipe qui « reconstituait » les débats parlementaires d’avant 1962 à partir des reportages journalistiques. Pendant ces quelque 30 années (où nos carrières ont pratiquement coïncidé), il a signé ou cosigné une douzaine de publications, dont deux ouvrages sur l’histoire de la Tribune de la presse (sa spécialité au doctorat) et un collectif, Québec : quatre siècles d’une capitale.

À la retraite, après avoir baigné si longtemps dans la documentation entourant les parlementaires et dans la presse québécoise (qu’il a recensée avec Beaulieu et Hamelin), il était bien préparé pour s’atteler à la rédaction d’une biographie de premier ministre, ce que son mentor, Jean Hamelin, lui avait pourtant déconseillé ! Il a été devancé par le politicologue Dale C. Thompson qui a consacré une étude au Lesage de la Révolution tranquille et par le journaliste Richard Daignault dont l’ouvrage est surtout une chronique. La présente biographie est donc la première produite par un historien francophone, pour qui les deux prédécesseurs (qui ont bien connu Lesage) sont plus des sources que des références.

L’ouvrage comprend trois parties. La première couvre l’enfance, la jeunesse, les débuts professionnels et le passage de Lesage à Ottawa, une étape que plusieurs ont oubliée. L’auteur insiste sur les origines de Lesage, très modestes et loin de la Grande Allée. Il ne manque pas d’évoquer le rôle de sa mère et de sa femme dans son évolution. La seconde va de l’élection de 1960 à la mort de Lesage. Le cœur de l’ouvrage tient dans la vingtaine de chapitres qui couvrent son mandat de premier ministre, un fort travailleur, mais aussi un chanceux : Lapalme lui cède la place, les gros adversaires tombent d’eux-mêmes (Duplessis, Sauvé), il s’entoure d’une équipe ministérielle « du tonnerre », des conseillers bien formés intellectuellement (dans la « grande noirceur »…) deviennent d’influents mandarins, le gouvernement fédéral de Pearson collabore, ce qui ne sera pas le cas une fois Trudeau en selle. Johnson, Bertrand et Bourassa en feront les frais. Lesage réussit à « contrôler » ses ministres entreprenants. Il évolue avec eux, mais la révolution trébuche aux élections de 1966, une défaite frustrante, les libéraux ayant plus de voix, mais moins de sièges que l’Union nationale. Résigné, Lesage assume consciencieusement le rôle de chef de l’Opposition au Parlement, mais vit quatre années difficiles dans son parti marqué par la division et les défections. En 1970, il retourne à la pratique privée, sans se désintéresser totalement de la politique. Ainsi, il ne se montre pas favorable à la Charte de la langue française et joue un petit rôle pour le NON dans la campagne référendaire : ce ne sont pas les meilleurs chapitres de sa vie.

Le livre se termine par une brève troisième partie où l’auteur rappelle les hommages et les critiques : impressionné, au départ, par cet homme politique hors du commun, l’auteur n’a esquivé aucun sujet, que ce soit le caractère impétueux du héros, sa tendance aux attitudes théâtrales, sa pratique religieuse ou son problème d’alcool.

L’auteur a beaucoup utilisé les journaux (heureusement numérisés) qui lui ont permis de suivre les Lesage jusque dans la chronique mondaine, mais n’a pratiquement pas fait d’entrevues avec les rares contemporains survivants qu’il a plutôt retrouvés dans diverses publications, dont les mémoires des acteurs des années 1960, politiciens ou fonctionnaires (Arsenault, Barrette, Bertrand, Bolduc, Castonguay, Cholette, Garneau, Gérin-Lajoie, Lapalme, Lévesque, Morin, Pelletier et autres).

L’auteur est « reconnaissant envers les éditions du Septentrion qui, contrairement à d’autres, n’ont pas eu peur de publier la biographie d’un politicien ». Je n’ai pas eu l’occasion de toucher à ce projet, qu’il aurait été difficile d’écarter, même si ce genre de sujet n’a pas la cote chez certains organismes subventionnaires. S’il est sûrement présomptueux d’avancer qu’il s’agit de la biographie définitive de Lesage, il est certain que, désormais, la barre est très haute.

 

Le secret d’Édouard Duquet 

Je suis rarement resté aussi accroché à un livre, même un roman policier.
Dans Le secret d’Édouard Duquet, Rémi Ferland raconte la vie d’un auteur énigmatique, et comment il a réussi à percer un mystère : qu’est devenu ce jeune homme, né à L’Acadie en 1846, après avoir publié le roman Pierre et Amélie en 1866 ?

Duquet

Professeur de littérature à l’École de langues de l’Université Laval depuis 1980 et propriétaire des Éditions Huit depuis 1991, Ferland s’était résigné à rééditer ce roman découvert en 1989, même s’il ne savait pratiquement rien de l’auteur, à part la date et le lieu de sa naissance et l’existence d’une seconde œuvre (un manuel de prononciation du français intitulé A new and easy method of instruction in pronouncing and speaking the French language) parue en 1870 à North Adams, au Massachusetts, où il avait enseigné brièvement avant de disparaître en 1871.
Malgré des recherches intensives, pendant plus de trois décennies ─ une véritable enquête policière menée au téléphone, en voiture et par la poste ─, Duquet restait insaisissable, tout en meublant les rêves de l’enquêteur… Enfin, les efforts du chercheur aboutissent en 2024, principalement grâce au progrès de la numérisation des journaux et des outils de recherche généalogique.
Ce que Ferland découvre alors est renversant. « Le destin qui se révéla, écrit-il, dépassait tout ce qui avait semblé plausible, vraisemblable ou même concevable et imaginable ».
Si Duquet était si difficile à suivre, c’est qu’il a changé deux fois d’identité, s’est marié sous trois noms différents, a déménagé d’innombrables fois et s’est enfui d’au moins six villes américaines (entre 1869 et 1910) où il a laissé des comptes et des créanciers. Fraudeur, plagiaire, mythomane et beau parleur, il a vécu plusieurs années sous le nom du vicomte Alphonse Edgar Dupuys de Rupert, né à Neuilly-sur-Seine (ou Paris) le 4 février 1846, fils d’un comte et d’une comtesse, et néanmoins soldat de la Commune de Paris (1871) et réfugié aux États-Unis avec « une aura de héros républicain persécuté́ ». Forcé de laisser tomber son titre en devenant citoyen américain, le vicomte a terminé sa vie, à St. John (N. B.), en 1928 sous le nom d’Edgar Dupuys.
Mieux vaut en rester là pour ne pas en dévoiler trop et laisser les lecteurs découvrir ce personnage de roman.
Ils ne devront pas se laisser décourager par un ouvrage de 744 pages. La biographie de Duquet couvre seulement 240 pages, soit presque autant que les notes, copieuses et parfaitement convaincantes. L’auteur fournit aussi au lecteur 126 pages de documents divers (textes de Duquet et comptes rendus de ses œuvres) et une chronologie (que j’aurais placée à la fin, pour ne pas tenter le lecteur…). L’ouvrage contient enfin un « Journal de recherche » où sont consignées toutes les démarches effectuées par l’auteur, pour atteindre son but, de 1989 à 2025.
Le secret d’Édouard Duquet est un ouvrage passionnant, résultat du travail d’un historien passionné.