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« Les Pays d’en haut », entre vaudeville et « western »

Dans La Presse du 5 février, Hugo Dumas loue « le souci du détail historique » de l’auteur du téléroman Les Pays d’en haut, mais les exemples qu’il donne tournent court (https://www.lapresse.ca/arts/television/202002/04/01-5259587-un-mariage-et-un-deterrement-.php).

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Insérer un couple lesbien dans un téléroman n’a pas besoin de justification historique. L’exhumation d’Oscar Labranche a été inspirée d’un fait vécu, l’affaire Guibord, mais le véritable évêque de Montréal n’a pas « refait le cadastre », ce qui n’était pas en son pouvoir; il a désacralisé la tombe de Guibord. Quant au curé Caron, « amalgame » de plusieurs religieux, il ne correspond, comme tel, à aucun personnage historique, mais constitue plutôt à une immense caricature.

Le rôle de l’auteur de cette série n’est pas de donner des cours d’histoire, mais de distraire et on peut dire qu’il réussit. Entre vaudeville et western, Les Pays d’en haut ne manquent pas de couleur, de surprises, de rebondissements et … d’invraisemblances, comme ce sous-ministre à la gâchette facile ou Pâquerette et Donatienne qui réussissent à rédiger une longue lettre, sortir par le deuxième étage, prendre un train (qui ne se rend pas encore à Saint-Adèle) et se retrouver à Lowell, USA, avant le prochain message publicitaire.

Dans la campagne de presse qui a précédé le lancement, on a annoncé une œuvre qui montrerait les vraies choses et surtout la vraie Donalda, différente du personnage créé dans les années trente par un Grignon tenu, parait-il, sous l’influence du cardinal Léger (qui n’était en fait pas encore cardinal…). Dans le roman original, la pauvre Donalda meurt dans les premières pages et n’a évidemment pas pu mettre en valeur les qualités que ses contemporaines ont démontré dans toutes sortes d’activités réelles. C’est bien d’en parler, mais en créer une qui est à la fois épouse, mère, fermière, beurrière, infirmière, bibliothécaire et directrice d’école du soir, c’est peut-être beaucoup. Mais pas plus que Séraphin, l’agent des terres avare de Grignon, qui devient sous-ministre de la Colonisation et sera peut-être ministre l’an prochain!

Les épisodes de cet hiver se déroulent au début des années 1890. Il y est quand même question de l’entrée des femmes à la faculté de Droit, de la Ligue catholique féminine et de la Commission de liqueurs, dont on n’entendra parler que 20 ou 30 ans plus tard.

Détails historiques ? Finalement, « c’est juste de la télé ».

La décennie : « pas finie tant que c’est pas fini »

Hypnotisés par un zéro à l’horizon, comme un chevreuil devant un phare la nuit, nos grands médias ont endossé la croyance populaire voulant que la décennie (comme le siècle et le millénaire, il y 20 ans) se termine avec un 9. À une époque où ces médias voudraient (avec raison) qu’on fasse confiance à la science en matière d’environnement, l’opinion des scientifiques ne pèse pas lourd quand il s’agit du calendrier. Et d’Histoire.

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À la fin des années 1990, la réputée Ruth S. Freitag, de la section Science et technologie de la Bibliothèque du Congrès, avait dressé une longue bibliographie sur ces gens qui célèbrent avant le temps. Dans cet ouvrage justement intitulé The Battle of the Centuries – un débat qu’elle qualifiait de « douce imbécillité » (minor imbecility) – , Freitag remontait au XVIIe siècle pour démontrer que le même débat revenait à chaque fin de siècle et qu’on aboutissait toujours à la même conclusion: il n’y a pas d’année 0 et « il n’y a jamais eu de périodisation des règnes, des dynasties ou des ères qui ne désignait pas sa première année comme l’année 1 » (http://www.loc.gov/rr/scitech/battle.html).

Ruth Freitag reconnaissait qu’elle nageait à contre courant. La croyance populaire voulant que les millénaires, les siècles et les décennies commencent par un zéro est tellement répandue, écrivait-elle, que quiconque essaie de signaler l’erreur est considéré comme pédant et ignoré (https://www.npr.org/2019/12/27/791546842/people-cant-even-agree-on-when-the-decade-ends).

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Dans Le Monde du 29 janvier 1980, un certain Georges Petit a réagi parce que Giscard d’Estaing avait déclaré que « la première année de la décennie, l’année 1980, sera difficile » :

« Quand l’Église décida, au sixième siècle, de définir une ère rattachée à la naissance de son fondateur, elle fit référence au calendrier alors en usage et fixa rétrospectivement son an 1 à [l’an] 734 de Rome ; jamais il ne fut question d’une année 0, et pour cause : les Arabes n’avaient pas encore donné le zéro à la chrétienté ».

Ironie de l’histoire, le moine responsable de cette réforme s’appelait Denis le Petit!

« Par contre, écrivait encore Georges Petit, les Conventionnels, eux, connaissaient le zéro ; ils n’en firent pas moins commencer leur calendrier révolutionnaire au 1er vendémiaire de l’an I de la République, qui coïncidait avec le 22 septembre 1792 du ci-devant calendrier grégorien. […] Mais d’année 0, point. » (https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/01/29/quand-commence-la-huitieme-decennie-du-xxe-siecle_2798778_1819218.html)

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Aujourd’hui, Rick Fienberg, de l’American Astronomical Society, Andrew Novick, du National Institute of Standards and Technology, et Geoff Chester, de l’Observatoire naval des États-Unis, disent la même chose, ce dernier précisant qu’il compte « de 1 à 10, pas de 0 à 9 » (http://www.slate.fr/story/185822/2020-nouvelle-decennie-2021-annees-decades).

Bien sûr, on s’étonnera que l’année 2020 fasse partie des années dix, mais, quand vous comptez sur vos doigts, le dixième fait partie de la dizaine. Et avec les orteils, vous arrivez à 20, soit une autre dizaine.

Parce qu’il n’a pas de doigt 0 non plus.

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PS: en terminant cette note, je découvre le texte de l’Agence Science-Presse publié hier, le 30 décembre ( https://quebec.huffingtonpost.ca/entry/2020-decennie-nouvelle-annee_qc_5e0a505fe4b0843d360a9b77).

Montague et Capulet, version québécoise

Le 28 déc.1957, le chroniqueur artistique Clément Fluet révélait dans Radiomonde et télémonde que « France Johnson (qui vient d’obtenir une bourse du gouvernement provincial) se mariera le 9 prochain, à 7 h. du matin. […] Son mari sera le jeune annonceur Pierre Nadeau, de CBF. Apparemment, ce mariage ne plairait pas outre mesure aux familles des deux jeunes. 1957 a encore ses Montague et ses Capulet, mais au Québec, ils sont bleus et rouges. »  http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3424825?docsearchtext=montague%20capulet%201957

Fluet avait-il des informations privilégiés ou était-ce une blague?

Le fait est que les futurs époux appartenaient à des familles politiques opposées.

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Pierre Nadeau était le fils de Jean-Marie, une figure libérale de premier plan qui avait été candidat à la direction du parti contre Lapalme en mai 1950. En 1957, il était président de la Commission politique du parti, fonction qu’il occupera jusqu’à sa mort, en 1960, dans un accident de la route.

Le père de France était Raymond Johnson (1908-1978), époux de Cécile Lafrance et cousin (et non le frère, comme on l’a écrit à Radio-Canada) de Daniel Johnson, alors ministre de Duplessis et futur premier ministre du Québec. France Johnson se trouvait donc la petite-cousine de Daniel fils et Pierre Marc Johnson.

Le mariage a été béni le 9 janvier 1958 par le père Paul-Émile Legault qui avait animé jusqu’en 1952 la troupe les Compagnons de Saint-Laurent et fut longtemps le célébrant attitré des mariages des artistes.   http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3424829?docsearchtext=Raymond%20Johnson

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Les parents des époux étaient présents au mariage. Une photo montre le père du marié serrant la main d’un cousin de la mariée. « Les mariés trouvent la scène amusante. Ce n’est pas souvent que deux adversaires politiques se trouvent réunis dans un même but: le bonheur de deux enfants. »

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Les jeunes époux sont ensuite partis en train vers New-York d’où ils se sont embarqués vers la France afin d’y « poursuivre leurs études ».

La chasse aux symboles «religieux»: attention de ne pas se tirer dans le pied!

Le Journal de Québec a publié un texte sur les quatre symboles qui dérangent la députée de Marie-Victorin; cette dernière « demande le retrait de symboles religieux et monarchiques, ce que déplorent des historiens » (https://www.journaldequebec.com/2019/04/14/4-symboles-qui-derangent-fournier). Je suis un des deux historiens mentionnés, mais je ne sais pas exactement qu’est-ce qu’on me fait déplorer.

Je suis pour le retrait du symbole religieux que constitue le crucifix et pour l’abolition de la monarchie (dont il faudra endurer les symboles et les représentants encore longtemps), mais je déplore surtout qu’on mélange les deux.

Ces jours-ci, on parle de laïcité et de symboles RELIGIEUX : le lieutenant-gouverneur, le serment, la masse et le fauteuil du président réfèrent à un autre débat, la monarchie, qu’on pourrait peut-être remettre à l’automne…

De quoi Madame Fournier parle-t-elle quand elle demande « que soit évalué le retrait de certaines « croix anglicanes » au Salon bleu »?

Armoiries RU salon bleu

Le fauteuil du président est adossé à une structure qui porte les armoiries du Royaume-Uni (qui sont là pour rappeler que le chef de cet État est aussi le nôtre) surmontées d’une couronne elle-même surmontée d’une croix. Le même type de croix se retrouve sur la couronne qui fait partie des armoiries québécoises sculptées sur le fauteuil du président et la masse, qui symbolise l’autorité de ce dernier, comprend aussi une couronne surmontée d’une croix.

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Ces trois croix sont du même genre : leurs bras s’élargissent du centre à la périphérie, ce qui leur donne l’allure de pattes, d’où le nom de « croix pattée ». On en trouvait beaucoup au Moyen-âge, soit bien avant la formation de l’église anglicane. Les chevaliers teutoniques et les templiers arboraient une croix pattée. La croix dite « de Cantorbury », une broche saxonne datant de 850 environ, a été découverte en 1867. On ne s’étonnera donc pas de retrouver des croix pattées sur la couronne que le roi Édouard a porté au XIe siècle. Précisons que c’était un catholique qui a d’ailleurs été canonisé en 1161. Sa couronne a été perdue puis reconstituée; elle a servi au couronnement de certains souverains anglais. Elle est aussi décorée de fleurs de lis.

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S’agit-il pour autant de croix « anglicanes» ? Ce n’est pas évident, mais admettons-le pour les fins de la discussion. La présence de cet ornement fait-elle des trois couronnes des symboles religieux? Certes pas, pas plus que les armoiries du Québec sont anglaises ou françaises à cause du lion ou des fleurs de lis qu’on y trouve.

Si ces couronnes sont jugées « religieuses » et dérangent les parlementaires, on peut toujours envisager de les enlever, retirer la masse, changer de fauteuil, voire enlever la structure à laquelle est adossée ce dernier et, une fois partis, masquer la croix de Cartier et les martyrs qui sont au plafond, décrocher les anges flottants qui ornent les tribunes… Des travaux s’annoncent dans le Salon bleu : pourquoi ne pas en profiter pour tout mettre ça blanc? C’est à la mode dans les édifices publics.

Je blague, mais, plus sérieusement, cette chasse aux symboles « religieux », menée dans le seul but de mettre en contradiction les partisans du retrait du crucifix, risque de causer des dommages collatéraux et se retourner contre ses adeptes. En effet, madame Fournier a oublié une croix, celle que porte le drapeau du Québec. Dans sa logique, le fleurdelisé devient « religieux » et elle donne une prise à ceux et celles que le plus important symbole d’identité québécoise dérange. Déjà que les fleurs de lis ont été associées à Marine Le Pen dans une reportage de sa collègue de Bourassa-Sauvé (https://blogue.septentrion.qc.ca/gaston-deschenes/2018/08/22/un-mauvais-souvenir-de-1998/) ! Faudrait pas nourrir ce courant.

Un député errant

(Texte rédigé en collaboration avec André Gaulin, ancien député de Taschereau, et Matthias Rioux, ex-ministre et ancien député de Matane)

La colline parlementaire s’est enrichie le 6 juillet d’un nouveau monument, une reproduction agrandie du « Député arrivant à Québec », une œuvre d’Alfred Laliberté (1877-1953) réalisée vers 1930.

Il faut se réjouir de voir que le projet d’Eugène-Étienne Taché se poursuit : « Je me souviens », a-t-il fait écrire au-dessus de la porte de l’édifice qu’il a conçu pour inviter ses compatriotes à se souvenir de leurs grands personnages, à commencer par les Amérindiens, rappelons-le, jusqu’aux femmes entrées récemment dans la vie parlementaire.

Ce monument représente un député débarquant dans la capitale pour siéger au Parlement du Bas-Canada (1792-1828). Le thème est tout à fait à-propos, mais ce « Député arrivant à Québec » n’est pas débarqué au bon endroit.

Député arrivant - original

La proposition

Dans le dernier numéro du bulletin Le temps de parole (juin 2018, p. 7), on peut lire que les membres de l’Amicale des Anciens parlementaires du Québec ont adopté à l’unanimité, en 2015, « une motion, proposée par notre collègue André Gaulin, pour souligner le 225e anniversaire des institutions parlementaires et du premier Parlement du Québec ».

En réalité, la motion se lisait comme suit :

« Que l’Amicale des Anciens parlementaires du Québec assure le suivi à donner pour que mémoire soit faite du premier Parlement du Québec (1792-1838) dans le Parc Montmorency de la Capitale, Parlement dont on soulignera le 225e anniversaire en décembre 2017. »

Autrement dit, l’objectif de la proposition était de rappeler la présence de nos premiers parlementaires à l’endroit où ils ont siégé pendant près de cinquante ans; le 225e anniversaire des institutions parlementaires couvrant plus largement par la suite un ensemble d’activités.

C’est seulement en ayant cela en tête qu’on peut comprendre la suite des événements, tels que rapportés par le président de l’Amicale à l’assemblée générale de mai 2018 :

« L’Amicale en a informé le président de l’Assemblée nationale afin qu’il puisse y donner suite en concertation avec les autorités canadiennes. Après une première analyse des nombreux dossiers soumis, Patrimoine Canada a retenu la proposition de la mise en place d’un monument visant à commémorer cet événement important pour le Québec.

[…] Patrimoine Canada a accepté de contribuer, pour un montant de 215 000 $, à la mise en place d’un monument constitué de la sculpture d’Alfred Laliberté intitulée « Le député arrivant à Québec », monument qui sera érigé sur les terrains de l’Assemblée nationale et inauguré en juillet prochain. »

La réponse

On comprend alors ce qui manque dans ce résumé : le parc Montmorency est propriété fédérale et Patrimoine Canada a refusé d’y permettre le moindre rappel du passage des députés bas-canadiens, pas même « une simple plaque commémorative », « un minimum », comme l’écrivait l’auteur de la motion, en octobre 2015, au 3e vice-président de l’Assemblée nationale, chargé du Comité du 225e. Dans sa grande générosité, et ne regardant jamais à la dépense quand il s’agit de commémoration, Patrimoine Canada a offert un « prix de consolation », ce qui lui a permis d’acheter la présence d’un ministre fédéral à l’inauguration du monument et de faire des invitations aux médias, conjointement avec le président de l’Assemblée nationale. De telle sorte que des invités qui avaient accepté l’invitation du président se sont désistés quand ils ont constaté que le fédéral avait imposé sa présence, insolite en la circonstance.

Député arrivant - 7 juillet

Devant le refus de Patrimoine Canada, on se serait attendu à ce que l’Assemblée nationale se tourne plutôt vers le gouvernement du Québec pour obtenir une contribution financière qui n’aurait pas trop grugé des surplus actuels : l’a-t-elle seulement sollicité?

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Au final, la proposition de l’Amicale a été récupérée in extremis dans la programmation du 225e et dénaturée. Non content de bloquer l’accès à son parc, le gouvernement fédéral a profité de l’inertie du gouvernement du Québec en matière de commémoration pour venir patronner un monument sur la colline parlementaire québécoise, un geste sans précédent. Où était donc la Commission de la capitale nationale du Québec particulièrement responsable de la commémoration et de l’embellissement de la colline parlementaire?

Cette triste affaire illustre une fois de plus à quel point le gouvernement fédéral contrôle le message, avec l’argent des contribuables, dans la plupart des sites historiquement significatifs de la capitale du Québec, des Plaines d’Abraham au parc Cartier-Brébeuf, en passant par les fortifications et le port, imposant ses normes, couleurs et souvenirs, et ─ dans le cas présent ─ faisant fi des nôtres. Après avoir refusé l’accès du « Député » au site où il a siégé, il faut être assez culotté (ou vraiment inconscient) pour venir à l’inauguration de ce monument et déclarer (par la voix de la ministre Mélanie Joly) que le gouvernement du Canada « est fier de contribuer à la réalisation de nouveaux monuments qui mettent en valeur les moments charnières de l’histoire du Québec » et que ce bronze « rappellera aux générations à venir le rôle fondamental qu’ont joué les premiers députés dans l’édification de NOTRE pays ». Voilà : il en coûtera quelque 200 000 dollars pour remettre encore une fois le Québec à sa place.

Comme le dirait Roland Giguère, « la grande main qui pèse sur nous [...] finira par pourrir [et] nous pourrons nous lever et aller ailleurs ».