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De l’importance de la lecture

Des chercheurs français ont étudié l’impact des loisirs sur les performances scolaires de 27 000 adolescents français de 14 ans et demi en classe de 3e.

Quelques passages tirés d’un résumé de cette étude (http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-impact-des-loisirs-des-adolescents-sur-les-performances-scolaires) :

« Voici le Top 10 des loisirs préférés des ados, c’est à dire le classement des loisirs les plus fréquentes (en %), c’est à dire correspondant à la réponse « 1- tous les jours ou presque » (fig.1). Les deux activités les plus fréquemment pratiqués par les adolescents de 14 ans (et demi) sont l’écoute des musiques actuelles, rock, hip-hop, etc. (79%) et de téléphoner ou d’envoyer des SMS (78%). Vient ensuite la communication par internet avec ses ami(e)s (73%), par exemple avec Facebook. La quatrième activité au dessus de 50% est la navigation sur internet (61%). Les autres loisirs concernent la téléréalité (42%), la recherche d’infos people sur internet, les chansons et les films d’action/policier/fantastiques.

[…] Le premier loisir d’une activité réelle et non virtuelle, les activités physiques ou sportives n’apparaissent qu’à une fréquence de 26%

[…] La lecture n’apparaît pas comme une activité préférée, et c’est le journal ou magazine d’actualités qui sont préférés (34%) ; viennent ensuite les bandes dessinées (et/ou mangas, comics, 31%) qui sont lus plus fréquemment que les revues sur l’histoire ou les sciences (22%) ou les œuvres littéraires de grands auteurs français ou étrangers (16%). Enfin d’autres activités sont très rares comme de participer à des associations de jeunes ou aller au théâtre (2%).

[…] Les résultats montrent clairement les loisirs positifs ou négatifs pour les performances cognitives scolaires. La lecture est la plus bénéfique, puisque les changements liés à une pratique fréquente sont favorables à tous les tests, notamment à la compréhension (+10%) et surtout à l’acquisition de connaissances (+20%). Les jeux vidéo n’ont pas d’influence, et notamment, on remarque qu’il n’y a aucune amélioration pour le raisonnement, ce qui infirme l’hypothèse de transfert de la pratique des jeux vidéo sur l’intelligence fluide, comme l’ont supposés certains chercheurs. À l’inverse, jouer aux jeux vidéo (action, combat, plateforme) n’a pas non plus d’incidence négative. Téléphoner très souvent a une incidence mais faible, sauf pour l’acquisition des connaissances de ceux qui téléphonent (ou envoient des SMS) (-10%). Mais c’est le visionnage très fréquent des programmes de téléréalité (et également les séries romantiques) qui a l’impact le plus négatif sur les performances cognitives et scolaires, de -11% pour les maths à -16% pour les connaissances.

[…] la pratique trop fréquente de la télé (ou vidéo sur ordinateur) est associée à de moindres performances. A l’inverse, la lecture est bénéfique. Pourquoi ? La raison principale en est la richesse de vocabulaire. Hayes et Ahrens (1988) ; Cunningham et Stanovich (1998) ont montré un nombre de 1 000 mots différents en moyenne dans des livres mais jusqu’à 4 000 mots différents dans des magazines scientifiques. Même le vocabulaire de bandes dessinées (867) est plus riche que celui d’émissions populaires en prime time pour les adultes (598 mots). Ces chiffres sont mêmes faibles par rapport aux manuels scolaires qui comptent jusqu’à 6 000 mots en plus du vocabulaire courant en 6e et jusqu’à 24 000 en 3e, niveau scolaire des élèves de notre étude (Lieury, 2012). En conclusion, oui aux loisirs numériques à dose raisonnable, mais l’école reste la vraie source de stimulation du cerveau. »

Les impôts, au gouvernement; les profits sur les logiciels, à l’étranger

Un bulletin récent de Desjardins (http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/previsions/en_perspective/per1013.pdf) décrivait comment notre commerce de détail est en train de changer de mains, ce qu’on pouvait déjà constater à l’œil nu.

Selon cette étude, les détaillants étrangers n’accaparent qu’environ 15 % du total des ventes au détail au Canada mais, si on exclut les secteurs de l’alimentation, de l’automobile (véhicules et essence) et de la pharmacie, cette part passe à environ 41 % et elle appartient à 60 % à quatre grands détaillants : Walmart, Costco, Home Depot et Best Buy. La situation ne serait pas très différente au Québec et elle évolue rapidement. L’étude signée Joëlle Noreau cite un douzaine de nouvelles bannières établies en sol québécois entre juillet 2011 et octobre 2013 (dont Target et Marshalls) et huit d’entre elles étaient déjà présentes ailleurs au Canada avant de faire leur entrée au Québec.

À l’approche de la saison des impôts, il est intéressant d’observer ce qui se passe dans un secteur très particulier, celui des logiciels qui permettent aux citoyens de préparer leurs déclarations de revenus.

Au début des années 1990, 21 d’entreprises, la plupart québécoises, offraient leur produit aux contribuables. Aujourd’hui, il en  reste huit autorisées par Revenu Québec (selon la liste émise en 2013) et le champ est occupé à plus de 90% par quatre logiciels : H&R Block, ImpôtExpert, Impôt Rapide et et TaxPrep.

- H&R Block

Pour les Québécois, H&R Block évoque naturellement l’impôt. H&R Block Canada Inc. est une des nombreuses filiales de H&R Block Inc. (http://www.hrblock.com), entreprise fondée aux États-Unis en 1955 et toujours basée à Kansas City, Missouri.

- ImpôtExpert

Le logiciel ImpôtExpert a été développé à Montréal par Logiciel Dr Tax. Les mots «canadiens» ou «Canada» apparaissent souvent dans la présentation du logiciel, mais Dr Tax, depuis janvier 2012, fait partie de l’empire Thomson Reuters, une multinationale établie à New York.

- Impôt Rapide

Le logiciel Impôt Rapide est exploité par les Entreprises Intuit Canada (qui offrent également ProFileMD et ont déjà eu Impôtmatique), une des filiales de Intuit Inc., entreprise inscrite au Nasdaq (INTU) et basée à Mountain View, Californie (http://www.intuit.com).

- TaxPrep

Le logiciel TaxPrep est passé entre plusieurs mains canadiennes ou américaines avant de se retrouver en 1998 chez Wolters Kluwer, une multinationale établie aux Pays-Bas. Deux ans plus tôt, la société WK avait acquis CCH Inc. (autrefois Commerce Clearing House Inc.) et elle a confié l’exploitation du logiciel à sa filiale CCH Canadienne qui a des bureaux à Brossard mais dont le site Internet (www.cch.ca/) mène à Wolters Kluwer CCH, tout comme, aux États-Unis, « CCH is a Wolters Kluwer business » (http://www.cch.com/about/).

Les autres logiciels sont :

  • Studio Tax, conçu par « un petit groupe de professionnels de l’informatique basé à Ottawa » (http://www.studiotax.com/fr/?page=6).
  • Taxtron, qui appartient à Softron Computers Inc., une entreprise établie à Mississauga, Ontario, et fière de se dire « 100 % Canadian Owned and Operated » (http://www.softrontax.com/company/).
  • Impôt5dollars, exploité par une petite entreprise qui était établie à Pointe-Claire mais ne semble plus en affaires à cet endroit et son site est actuellement inaccessible (www.5dollartax.ca).
  • Impôt Professionnel, un logiciel conçu à Québec par Les Logiciels Marichênes et distribué depuis 1985 (http://www.impotprofessionnel.com/).

Le site Internet de Softron Computers Inc. s’ouvre sur cette réflexion : « You would think that companies providing expert tax services to Canadians would be owned by Canadians; but two of the three major tax service companies are U.S. owned ».

Le concepteur de Taxtron peut se consoler : au Québec, les joueurs locaux ont presque tous abandonné la partie et le marché est presque entièrement occupé par des entreprises établies à l’extérieur qui multiplient les artifices pour donner à leurs clients l’impression qu’ils font affaires avec des entreprises qui sont au moins canadiennes. Ainsi, « CCH Canadienne » se définit comme « un fier membre du groupe Wolters Kluwer », comme s’il s’agissait d’une association volontaire.

Plusieurs facteurs se sont combinés pour aboutir à cette concentration. Si la conception d’un logiciel d’impôt constitue un défi, sa mise à jour et son accréditation annuelles sont encore plus exigeantes, surtout depuis que les déclarations peuvent être envoyées par Internet. Avant d’agréer un logiciel, le gouvernement fédéral a exigé qu’il puisse traiter les déclarations de revenus de six provinces; les entreprises étrangères ont pu s’acquitter aisément de cette exigence en choisissant six provinces anglophones alors que les entreprises québécoises ont eu le fardeau de rendre leur logiciel utilisable dans des marchés où ils n’avaient pas nécessairement d’intérêt, compte tenu des efforts qu’il fallait consentir pour donner un soutien technique dans les deux langues. Tout un prix à payer pour avoir le droit d’envoyer la déclaration de revenu fédérale des Québécois par Internet.

Petit abécédaire du bruit

 Acoustique – Les plans du CenturyLink de Seattle, inauguré en 2002, ont été approuvés par le propriétaire des Seahawks (club de football), Paul Allen (aussi cofondateur de Microsoft), qui tenait à ce que le bruit intimide les clubs visiteurs. « En septembre [2013], un record Guinness a officiellement été établi lorsque la foule du CenturyLink s’est fait entendre à hauteur de 136,6 décibels [Voir ce mot]. C’est plus de bruit qu’un jet qui décolle à 100 mètres de vos chastes oreilles, et pas très loin de 150 décibels, le seuil où vous risquez un déchirement du tympan, note fièrement le site des Seahawks ». Jean Dion, (Le Devoir, 19 novembre 2013) ne précise pas si le bruit venait uniquement des spectateurs. Voir Foule en canne.

Billard – Il est devenu difficile d’aller jouer au billard tranquille. « Désirez-vous quelque chose ? », demande la serveuse à deux joueurs pratiquement seuls dans le salon en plein après-midi. « Oui, pourriez-vous baisser la musique? ». Retour de la serveuse quelques minutes plus tard : « Je ne peux pas, c’est dans les normes ». Il y aurait des « normes » sur le bruit dans les salons de billard? Après avoir niaisé la pauvre fille quelques instants, il a bien fallu bénir notre chance de pouvoir éviter les « normes » du soir, plus élevées, c’est-à-dire, pires. Autres amateurs de sport soumis à un fond musical assourdissant : les spectateurs au Challenge Bell. Entre les jeux, dans leur cas.

Cinq à sept – Un des bienfaits insoupçonnés de la retraite : échapper sans culpabilité aux « cinq à sept » organisés pour socialiser entre collègues de bureau… dans des bars où on ne s’entend même pas réfléchir.

Décibels – Les sons et les bruits se mesurent en décibels (dBA). Quelques exemples :

Événement acoustique

dBA

Effets à un mètre de distance
Réfrigérateur

40

Doux
Bureau paisible, climatiseur

50

Confortable
Conversation normale

55-60

Confortable pour communiquer
Lave-vaisselle, sèche-cheveux

70

Gênant pour la conversation téléphonique
Métro, tondeuse, motomarine

90

Gênant et très stressant
Scie ronde, moto, motoneige

100-105

Risque si exposé plus de 15 min/jour
Sirène d’ambulance, discothèque

120

Vibrations ressenties sur tout le corps
Avion à réaction (à proximité)

140

Douleur à l’oreille, traumatisme irréversible

Écoute – « La lutte contre le bruit commence par une éducation de l’écoute. L’écoute des multiples bruits de la vie. Pour passer du bruit, phénomène redoutable, aux bruits et à leurs nombreuses significations » (Dominique Bidou, ingénieur et démographe français).

Foule en canne – Après les rires en boite, le bruit de foule préenregistré. C’est ce que deux amateurs de hockey ont constaté au Centre Bell en octobre, selon Ronald King (La Presse, 4 octobre 2013). Alors que les spectateurs autour de lui bavardaient tranquillement entre eux, son ami Daniel « entendait tout de même une foule en délire qui s’en prenait à ses tympans ». Un lecteur de Trois-Rivières, présent au match d’ouverture contre les Maple Leafs, était accompagné d’un ami qui lui a fait remarquer à quel point c’était bruyant. « Je me mets à regarder la foule et je dis à mon chum que c’est drôle, on dirait que le bruit de la foule est anormalement fort par rapport à ce que je vois. Je fais le tour de l’aréna, je ne vois personne qui applaudit, qui crie, alors que mes oreilles entendent une foule après une conquête de la Coupe Stanley en prolongation du 7e match. […] On nous shoote une foule en délire à plein tube, comme les rires en canne qu’on met dans les sitcoms bidon ».

Grand Prix – Synonyme de bruit.

Haut-parleur – Voir Watt

IPod – « En France, la puissance des baladeurs MP3 est maintenant légalement limitée à 100 décibels, une règle à laquelle la société Apple s’est pliée pour sa production destinée au marché français. Ailleurs, les iPod et autres baladeurs peuvent produire jusqu’à 120 décibels, soit l’équivalent du bruit produit par un avion au décollage […]. Or, les spécialistes de l’audition estiment qu’une exposition prolongée à des niveaux sonores dépassant les 85 décibels peut créer des lésions permanentes à notre système auditif » (« Le iPod menace l’ouïe de nos enfants », Journal de Québec, 13 octobre 2009).

Jouet – En mai 2009, les 40 jouets musicaux équipés de sirènes ou de sonneries testés par Québec-Science dépassaient le niveau sonore jugé acceptable par l’OMS, soit 87 dBA pour une utilisation quotidienne de 30 minutes.

Klaxon – Plus désagréables que le klaxon utilisé sans vraie nécessité, les %?&%*& de clefs qui klaxonnent en fermant les portes à distance. Une nuisance qui devrait être interdite par la loi (voir lettre suivante).

Loi française anti-bruit – En France, les bars et cafés concerts sont soumis à « une réglementation de limitation auditive stricte », soit 105 décibels dans la salle et 3 décibels à l’extérieur, c’est-à-dire presque rien, et cela sous peine de poursuite judiciaire pour tapage nocturne. En outre, tous les deux-roues motorisés doivent respecter un niveau maximal d’émission sonore: 72 décibels jusqu’à 50 cm3; 79, de 80 à 125 cm3; 80, pour les plus de 500 cm3 (http://moto-securite.fr/motards-bruit/).

Messages publicitaires télévisés – Les télédiffuseurs et câblodistributeurs avaient jusqu’au mois de septembre 2012 pour contrôler l’intensité sonore des messages publicitaires télévisés. La décision de réglementer est survenue après que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) eut reçu des milliers de plaintes concernant des publicités assourdissantes. Les règles en question obligent les radiodiffuseurs canadiens à respecter la norme établie par l’organisme international Advanced Television Systems Committee (ATSC). Qu’en est-il un an plus tard? Si vous croyez le problème réglé, il est peut-être temps de consulter.

Neuville – Village de Portneuf dont la quiétude est menacée par la construction d’un aéroport. Le gouvernement conservateur n’est pas intervenu (encore) alors qu’il a réclamé une consultation publique, une étude environnementale et un plan d’urgence pour un projet semblable en Alberta.

Oka. – Les moines de l’abbaye cistercienne d’Oka ont déménagé à Saint-Jean-de-Matha en 2007. Leur propriété était devenue trop spacieuse pour une communauté vieillissante et ils ont aussi fui le vacarme des voitures qui circulent sur la route 344 et celui des avions. « Il y a toujours un bruit de fond, c’est comme si on était en pleine ville » (http://www.jobboom.com/jobmag/31-09-texte.html).

Publicité – Voir Messages publicitaires télévisés et Salles de cinéma.

Québec – On lui a pardonné la motoneige (vu le climat) mais pourquoi la motomarine?

Radio commerciale – Il faut l’écouter de temps en temps pour apprécier Radio-Canada (même quand notre société d’État succombe à la « culture » du bruit), Radio-classique et quelques radios communautaires.

Salles de cinéma – La Société canadienne de l’ouïe a constaté vers 2005 que la bande sonore d’un film pouvait atteindre des pointes de 110 décibels, ce qui est plus élevé que le bruit produit par un chasse-neige, un marteau pneumatique ou un spectacle rock. En septembre 2006, devant les protestations de nombreux cinéphiles, six associations de l’industrie du cinéma et de la publicité québécoise ont décrété que les bandes-annonces devraient respecter la norme de 85 dBA et les publicités, 82 dBA. Cette auto réglementation est-elle efficace? Ne prenez pas de risques : allez donc au Clap!

Téléromans – Après avoir réécouté une performance datant de plusieurs années, un comédien bien connu faisait remarquer aux auditeurs des Enfants de la télé qu’il y avait des silences autrefois dans les téléromans. À l’époque ante-fabienne. Voir Unité 9.

Unité 9 – Hugo Dumas, dans La Presse, au sujet « des bruits de portes » qui « agrémentent » cette émission : « Deux écoles de pensée s’affrontent ici. Il y a ceux qui n’en peuvent plus de les entendre. Et il y a les autres, comme moi, qui y voient une façon de rappeler aux téléspectateurs que ces femmes n’évoluent pas en liberté, mais dans un milieu hyper contrôlé ». Admirons la subtilité de ce procédé subliminal.

VTT – Autre synonyme de bruit.

Watt – Pour certains amateurs de rock, la qualité des spectacles se mesure au nombre de watts des haut-parleurs. Dans le cas du Moulin à images, à Québec, nous avons été plus vite informés sur le nombre de watts projetés que sur l’identité des personnages qui défilaient sur les silos.

X – Voir Radio commerciale.

Youpi! – Marque la joie (ici, la fin de l’exercice).

ZZZ – Va sans dire.

Charly Forbes (bis)

Avec un certain retard, soit deux semaines après sa mort et quatre jours après ses funérailles (mais plus exactement trois jours après le reportage qu’en a fait Le Soleil…), l’Assemblée nationale a adopté une motion sans préavis pour « honorer la mémoire du colonel Jean-Charles Forbes, héros québécois de la Deuxième Guerre mondiale ».
Parmi les interventions, retenons celle du député de La Peltrie :
«C’était un des militaires les plus décorés au Canada et malgré ça, M. le Président, c’était un homme simple et apprécié de ses compagnons. D’ailleurs, si vous voulez savoir à quel point un leader est un leader, regardez comment se comportent les gens autour de lui. Et, à ses funérailles, je peux vous dire que ça a été un moment de grande émotion.
M. le Président, c’est un moment aussi pour moi d’exprimer une certaine honte, parce que j’étais à ses funérailles, j’étais le seul élu du Québec à ses funérailles. Le gouvernement du Québec n’avait délégué personne pour assister aux funérailles d’un grand Québécois. C’est un moment de honte. Le gouvernement du Canada n’avait délégué personne. La consule générale de France… pardon, la consule générale de Hollande est venue nous enseigner qu’on enseigne en cinquième année qui est Jean-Charles Forbes aux petits Hollandais, aux jeunes Hollandais, alors que les gens sur la rue se demandaient: Mais c’est qui, ça, Jean-Charles Forbes? Ici, M. le Président, on dit que c’est un héros, au Canada. Personne au Canada ne le connaissait. On ne l’enseigne pas. Et c’est un moment de honte pour moi, M. le Président.»

« … un des membres les plus glorieux du Royal 22e Régiment », a dit le ministre responsable de la Capitale. En parodiant un pub bien connue, imaginons la considération qu’on porte aux autres.

De remarquables oubliés

Quand le Canada confie à un Australien le soin de concevoir un spectacle pour les Américains, que pouvons-nous attendre d’autre… que ce qu’on a eu ? Mais, au-delà du déficit linguistique et d’une vision culturelle tronquée, il faut souligner les trous de mémoire olympiques de Vancouver lors de la cérémonie d’ouverture.
Parmi les huit porteurs et porteuses du drapeau olympique, l’olympisme était représenté par la championne de patinage artistique Barbara Ann Scott (1948) et le Québec par Julie Payette, Jacques Villeneuve et Roméo Dallaire ! Chez les cinq porte-flamme, l’olympisme était plus présent avec Catriona Lemay Doan, Nancy Green, Rick Hansen et, d’une certaine façon, Wayne Gretzky. Le Québec ? Absent.
On ne manquait pourtant pas d’olympiens méritants qui auraient pu prendre la place du basketteur Nash comme porte-flamme ou celle de plusieurs autres autour du drapeau olympique. Le plus grand médaillé des jeux d’hiver, avant Cindy Klassen (encore active), était le patineur de vitesse Marc Gagnon. Et avant lui, c’était Gaétan Boucher qui a obtenu une médaille d’argent en 1980 (derrière le légendaire Eric Heiden), puis deux médailles d’or (1000 et 1500 m) et une de bronze (500 m) en 1984. Il a donc quitté Sarajevo avec 3 des 4 médailles obtenues par le Canada cette année-là, et 4 au total en carrière, ce qui en faisait le plus grand médaillé de l’histoire canadienne, jusqu’à ce qu’il soit dépassé par Gagnon en 2002. C’était une époque où le soutien de l’État était dérisoire et ce n’est pas en examinant les chèques encaissés que le comité organisateur aurait pu se rafraîchir la mémoire.
Considéré en 1984 comme le plus grand athlète olympique du Canada, Boucher a été écarté en 2010 (de même que Gagnon) au profit d’une astronaute, d’un pilote automobile, d’un général et d’un basketteur. Pauvre lui (ce qui me fait penser à la « pauvre fille » de Jean Pelletier, elle aussi oubliée) ! Comme l’a écrit Patrick Lagacé (1er mars), il aurait dû aller vivre aux États, comme Gretzky (et Nash ainsi que les porte-drapeau Orr et Sutherland) ou jouer dans Star Trek avec William Shatner.
Ou entrer au Sénat comme Green et Dallaire.