Archives pour la catégorie Lectures récentes

Une biographie remarquable de Champlain

Je termine la lecture de Champlain’s Dream, une biographie publiée à l’automne 2008 sous la signature de David Hackett Fischer chez Knopf Canada : 834 pages dont 110 pages de notes, 100 pages d’appendices, 40 pages de bibliographie et 35 pages de d’index. Un ouvrage magistral qui devrait demeurer sans égal pendant des décennies, à moins qu’on ne trouve de nouveaux documents.
Fisher présente un Champlain déterminé, tenace, totalement dédié à la réalisation de ses rêves d’exploration et de colonisation, un homme qui possédait de nombreuses qualités, un navigateur de premier ordre, un cartographe, un artiste, et quoi encore !
C’était aussi un soldat d’expérience qui a relevé le défi de combattre les Iroquois, comme le voulaient ses alliés amérindiens, mais qui ne demandait pas mieux que la paix et l’harmonie. À cette fin, il multiplia les efforts diplomatiques pour maintenir de bonnes relations avec les Indiens, ce qu’il a réussi, là où ses prédécesseurs (Dugua, Poutrincourt) avaient échoué. Fisher insiste d’ailleurs pour mettre en évidence une différence entre les projets de colonisation menés par les Européens. Les Français, écrit-il, n’ont pas essayé de conquérir les Indiens et de les asservir comme les Espagnols ; ils n’ont pas abusé d’eux comme les Virginiens et ne les ont pas repoussés comme en Nouvelle-Angleterre. À l’époque de Champlain, les petites colonies françaises ont côtoyé les grandes nations indiennes dans un esprit d’amitié et de concorde, de confiance et de respect mutuel. Bien des Québécois ont oublié cela, et plusieurs de nos concitoyens autochtones.
On ne peut sortir de ce livre sans se dire aussi que c’est encore un historien anglophone qui nous offre un remarquable travail sur Champlain. Les nôtres préfèrent malheureusement l’odeur des travaux de déconstruction.

Contes du Bas-du-Fleuve

2002 ou 2003. Appel de Victor-Levy Beaulieu à mon bureau de l’Assemblée nationale. Il envisage de publier une série d’ouvrages sur les contes et légendes du Québec et me demande si je suis intéressé à en préparer un sur la Côte-du-Sud. Difficile dans l’immédiat, mais la retraite s’en vient dans quelques mois et c’est un beau projet, d’autant plus que j’ai déjà publié un ouvrage de ce genre en 1994. Contes et légendes de la Côte-du-Sud réunissait 13 textes, un pour chacune des vieilles paroisses riveraines de la région, de Beaumont à Kamouraska, une anthologie des auteurs les plus connus dans ce domaine, Casgrain, Taché, Aubert de Gaspé, Faucher de Saint-Maurice, Rouleau, Gagnon, etc. L’ouvrage est épuisé et ce serait une bonne occasion de reprendre le sujet sur une autre base, l’élargir, pour démontrer l’extraordinaire productivité de la Côte-du-Sud en ce domaine.
Il y a cependant une question qui accroche : comment l’éditeur de Trois-Pistoles conçoit-il la Côte-du-Sud? Je ne cache pas ma position : je travaillerai sur ce projet dans la mesure où il adoptera le découpage des histoires régionales de l’IQRC, la Côte-du-Sud incluant le Kamouraska.
La conversation se termine en point d’interrogation et je n’entendrai plus parler du projet jusqu’à la parution du premier titre, Contes, légendes et récits du Bas-du-Fleuve, tome 1, Les Temps sauvages (en 2003 ), qui faisait une large place à Joseph-Charles Taché (né à Kamouraska mais associé par la suite à la région de Rimouski) et comprenait aussi les classiques de Casgrain (Rivière-Ouelle) et un texte de Philippe-Aubert de Gaspé (Saint-Jean-Port-Joli). En 2008 paraît le deuxième tome, Les Temps apprivoisés, qui comprend évidemment de nombreux auteurs du Kamouraska mais aussi des textes du seigneur de Saint-Jean-Port-Joli et même de Joseph Marmette, bien associé à Montmagny… De Gaspé et Marmette se retrouvent aussi dans un autre ouvrage de la même collection, publié la même année, Contes, légendes et récits de la région de Québec, bref n’importe où, sauf sur la Côte-du-Sud qui a vu naître ce courant littéraire des « contes et légendes » vers la fin du XIXe siècle.
La collection est magnifique. Le projet était ambitieux et il a carrément ambitionné. Après la partition administrative entre le Bas-Saint-Laurent et Québec dans les années 1960, puis le dépeçage « touristique » entre le même Bas-Saint-Laurent et Chaudière-Appalaches dans les années 1980, voilà les dépouilles culturelles de la Côte-du-Sud rapaillées pour enrichir le patrimoine littéraire de ses voisines.
La situation ne manque pas d’ironie. En 1855, c’est Joseph-Charles Taché qui écrivait à un visiteur hypothétique venu en bateau : « À notre gauche est le comté de Kamouraska qui, avec ceux de Témiscouata et Rimouski, forment le district de Kamouraska, compris dans cette magnifique suite d’établissements, et qui est connu et célèbre dans le pays sous le nom de Côte du Sud ». Le Bas-Saint-Laurent de Taché était inclus dans la Côte-du-Sud.
Le monde à l’envers.

Lecture – Écrivains chéris, de Jean O’Neil

J’aimais bien Jean O’Neil, le maître du tourisme littéraire. En fait, par chauvinisme, je me suis intéressé aux livres qui contenaient des récits sur la Côte-du-Sud, comme Promenade et tombeaux, Géographies d’amour et surtout L’Île aux Grues.
Dans son dernier ouvrage, il traite des grands auteurs français qui l’ont inspiré, les Claudel, Montpassant, Rimbaud, Péguy, Daudet, etc. Pour ce faire, il est allé revoir les lieux où ces auteurs ont vécu.
À l’intention de ceux qui n’avait pas noté son absence, il a laissé quelques mots, dans le premier chapitre de son ouvrage, pour exprimer son bonheur de se retrouver « en congé provisoire dans ce Paris libérateur » après un exil de « quarante ans dans le péquisme grisouilleux de [son] pays » : « Car le bonheur m’est plutôt interdit au Québec. Le péquisme politique agonise comme une vieille chandelle qui fume au dernier bout de sa mèche, mais le péquisme culturel est toujours florissant, omniprésent, larmoyant, voire misérabiliste, heureux dans un nationalisme culturel plus taré que la consanguinité des villages perdus. La peinture seule semble avoir eu la grâce d’y échapper. La musique, je ne sais trop. Mais la littérature, j’en suis tellement loin que je ne la lis plus et que je m’en sauve. »
Il est donc parti, « en congé partiellement subventionné […], gracieuseté du Conseil des Arts du Canada » pour aller voir les « maîtres » qu’il a tant aimés, « faute de trouver des frères » dans son pays.
Le chroniqueur de L’Actualité a fait sa recension sans sourciller, apparemment; celui du Devoir a noté que le voyage commençait mal. « Pour justifier le bonheur français que lui ont procuré ces pèlerinages, O’Neil se sent obligé, en ouverture, de vomir sur un Québec qu’il dit vénérer […]. Que veut-il, au juste, dénoncer? On ne le saura pas vraiment. […] cette hargne, qui emprunte ses accents aux brouillons et colériques Jean-Paul Desbiens et René-Daniel Dubois, restera gratuite et navrante. […] J’ai toujours cru, quant à moi, que l’amour des cousins ne gagnait rien à se nourrir du mépris des frères ».
Pour ma part, ne bénéficiant pas du « service de presse », je me suis arrêté aux premières pages que j’ai lues au comptoir où le livre est resté.

Le « complot de Champlain », ou contre Champlain?

Dans son commentaire sur l’édition abrégée des Voyages de Champlain par une maison parisienne (Samuel de Champlain, Voyages, Paris, L’École des loisirs, 2008), Carole Tremblay (Le Devoir du 19 avril) se demande « pourquoi aucun éditeur québécois n’y [a] pensé… ».
La réponse à cette question se trouve dans ce même cahier F du Devoir qui consacre une page complète à un ouvrage qui vise à déconstruire Champlain (Mathieu d’Avignon, Champlain et les fondateurs oubliés; les figures du père et le mythe de la fondation, Québec, PUL, 2008, 540 p.).
Le 400e de Québec sera une année difficile pour le fondateur et, c’est bien connu, la presse se nourrit plus d’iconoclastes que d’hagiographes; au besoin, comme c’est le cas ici, elle épice la sauce avec un titre sensationnaliste (« Le complot de Champlain »!) qui ne repose sur aucun fait : avec qui Champlain aurait-il bien pu comploter ? Garneau, Groulx, Lacoursière ?
Qu’on réexamine le rôle de Champlain, il n’y a rien à redire, surtout s’il s’agit d’une « salutaire entreprise critique », selon Le Devoir, qui y voit un « ouvrage très costaud à tous points de vue ». Pour en avoir lu la partie fondamentale (soit le chapitre qui porte sur l’analyse des écrits de Champlain), le jugement me semble prématuré.
La thèse de l’auteur est relativement simple. En 1632, Champlain publie le dernier de ses Voyages et, au lieu de reproduire intégralement ses ouvrages antérieurs de 1603, 1613 et 1619, il les résume, dans une première partie, avant d’enchaîner avec le matériel inédit qui couvre les années 1620-1632. En résumant ses récits antérieurs, Champlain laisse nécessairement tomber des éléments d’information ; Mathieu D’Avignon en fait la comptabilité et conclut que Champlain a délibérément remanié son texte pour faire disparaître le nom de certains contemporains (Dupont-Gravé, Dugua, etc.) et se donner le beau rôle. Il passe ensuite en revue ce que les historiens ont écrit sur Champlain en se servant de cette édition de 1632 (même si les ouvrages antérieurs demeuraient disponibles) et conclut qu’on a construit un « mythe » qu’il faut maintenant détruire.
Le problème de cet ouvrage est que l’auteur comptabilise les moindres divergences (entre les textes originaux et le résumé de 1632) et les explique par des intentions qui vont toujours dans le même sens. Or, il est évident que Champlain a coupé beaucoup d’informations (dont de nombreux passages le concernant) parce qu’elles n’avaient tout simplement plus aucune espèce d’importance en 1632. Trente ans après la vaine tentative acadienne, à un moment où Port-Royal est abandonné depuis plusieurs années, quel est l’intérêt de répéter, par exemple, que Dugua de Mons avait logé à Sainte-Croix dans la maison que Champlain avait construite, en attendant que la sienne soit prête ? Qu’il avait envoyé une barque à la baie Sainte-Marie ? Ou s’était réjoui de l’arrivée de ravitaillement ? Pour discréditer Dugua de Mons ? Pourquoi alors, après avoir fait ces coupures, Champlain ajoute-t-il de longs passages, dans cette même édition de 1632, où « il reconnaît haut et fort la contribution de Dugua à la fondation de l’Acadie » ? Comme tentative de camouflage, on a vu mieux.
Il faudra revenir sur la méthodologie de cet ouvrage, sans se laisser impressionner par le fait qu’il est issu d’un doctorat ou par les propos du recenseur qui voit déjà un manque de « maturité » chez ceux qui ne sauront pas accueillir cet ouvrage « avec tous les éloges qui conviennent ».
S’il a été relativement facile de déconstruire Dollard des Ormeaux ou Madeleine de Verchères, dont la renommée reposait sur des incidents, ou encore Jean Talon, qui a fait un passage fugace dans l’histoire de Québec, le travail de déconstruction sera plus ardu dans le cas de ce personnage qui s’est consacré à son œuvre avec plus de détermination et de constance qu’aucun de ses contemporains.

La fin du Canada français?

«Le Canada français, dites-vous ?» Aussi bien parler de la Ligue nationale à six équipes ! Il aurait d’ailleurs pris fin à peu près à la même époque mais le sommet francophone qui vient de se terminer à Ottawa témoigne d’une vitalité nouvelle et, pour en comprendre l’évolution, les Québécois devraient lire attentivement le dernier ouvrage de Gaétan Gervais, Des gens de résolution. Le passage du «Canada français» à l’«Ontario français» (Sudbury, Prise de parole, 2003, 232 pages). Pour la plupart des Québécois, c’est un volet d’histoire mal connu voire complètement ignoré.
Après la conquête et le démembrement de la Nouvelle-France, il est resté quelques îlots francophones en Amérique du Nord. Même la colonie établie dans la vallée du Saint-Laurent n’était qu’une particule géographique à l’échelle de ce qui avait été «l’empire français». Les Acadiens étaient dispersés, quelques centaines de personnes s’accrochaient dans la région de Détroit et des coureurs des bois vivaient à l’indienne un peu partout dans les «pays d’en haut», et encore plus à l’ouest des Grands lacs, aux Illinois et dans le haut du Mississipi. Pour tous ces «Canadiens», l’avenir était sombre mais le «miracle acadien» et la «revanche des berceaux» ont déjoué les pronostics. Loin de disparaître, les Canadiens ont essaimé, au XIXe siècle, vers le sud et l’ouest, laissant leurs empreintes civiles et religieuses jusqu’aux confins des États-Unis et du Nord-Ouest. En 1867, ils ont imaginé que le pays qui porterait leur nom les considérerait comme partenaires et «nation fondatrice». L’avenir du Canada français, regroupé sous un même gouvernement pour la première fois depuis 1760, semblait assuré, «sous l’œil de Dieu près du fleuve géant», mais il n’a pas survécu à cent ans de Confédération.
Dans cet ouvrage qui réunit trois textes publiés dans les Cahiers Charlevoix entre 1995 et 1998, Gaétan Gervais explique comment les Franco-ontariens ont vécu la fin de ce Canada français. C’est leur point de vue, certes, mais les Québécois y trouveront une partie leur histoire, sous un angle différent.
Le premier chapitre rappelle comment le Canada français a exprimé sa vitalité dans des «conventions» et des congrès de la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe. Les plus prestigieux de ces rassemblements furent tenus à Québec en 1880, 1912, 1937 et 1952. Les trois derniers, sous le nom de « congrès de la langue française », ont réuni tout ce que le Canada français comprenait d’élites, de représentants d’institutions et d’associations sociales, économiques, patriotiques, scolaires, culturelles, mutualistes et coopératives, qui formaient alors un puissant réseau institutionnel ramifié jusqu’aux dernières paroisses du pays et même jusqu’aux États-Unis. Gaétan Gervais décrit l’organisation et le déroulement de chacun de ces rassemblements, en mettant en évidence le rôle des Franco-Ontariens ; il identifie les vedettes du «bottin mondain» du Canada français et dégage les grands traits de leur «vision du monde». Ces élites «sont cléricales, ultramontaines, nationalistes, elles invoquent souvent la Providence, parlent de la mission de la nation canadienne-française, se réclament de la France catholique, défendent les droits du français partout au Canada, invoquent le principe des deux peuples fondateurs de la Confédération». Les congrès rassemblent la grande famille canadienne-française sous la houlette très visible de son clergé et le regard plus discret de l’ordre secret (Ordre de Jacques-Cartier) qui constitue l’ombre du réseau institutionnel.
Le deuxième chapitre traite du «dernier acte» de l’histoire du nationalisme canadien-français, les États généraux tenus en trois étapes de 1966 à 1969, un rassemblement sur lequel on a très peu écrit au Québec. Le Canada-Québec de Vaugeois-Lacoursière y consacre six lignes ; Linteau et al. (Le Québec depuis 1930) n’en parlent même pas. C’est dire que l’événement est déjà pratiquement sorti de la mémoire québécoise.
Lorsque ce rassemblement est convoqué en 1966, à Montréal (ce qui aurait dû en alerter certains…), on pouvait s’imaginer qu’il se situerait dans le droit fil des congrès patriotiques organisés depuis un siècle mais, pour les «Canadiens-Français» (l’auteur tient à cette graphie) de l’extérieur du Québec, l’expérience fut douloureuse. Ce chapitre pourrait s’intituler «Comment les minorités françaises ont été attirées dans un rassemblement où elles ont été muselées, confinées à d’étroits strapontins et réduites à un rôle de figuration dans une mise en scène politique orientée vers la séparation du Québec». Gaétan Gervais décortique patiemment toutes les péripéties de ce rassemblement, des étapes préparatoires de 1961 jusqu’aux assises de 1969, en montrant comment l’événement fut noyauté par les néo-nationalistes québécois qui s’en servirent pour promouvoir l’idée d’indépendance. Les représentants des minorités réalisèrent vite qu’ils ne seraient que des spectateurs, un rôle qu’ils refusèrent majoritairement puisqu’ils n’occupèrent, en 1969, que 125 des 430 sièges (sur un total de 1866) prévus pour eux (l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario a d’ailleurs décliné l’invitation). Ceux qui y assistèrent purent entendre des délégués québécois déclarer que les minorités étaient mortes ou vouées à une disparition certaine et imminente. Chose certaine, le Canada français, tel qu’on l’avait connu depuis un siècle, était terminé.
Les deux premiers chapitres de cet ouvrage font donc sûrement partie de l’histoire des Québécois (même si certains voudront oublier le second) mais le troisième ne devrait pas leur être étranger. Dans ce chapitre plus bref et probablement déjà dépassé, car il a été écrit il y a douze ans, Gaétan Gervais examine comment cette rupture de 1967-1969 a forcé la communauté franco-ontarienne à se définir autrement et il retrace l’émergence d’une nouvelle identité. L’Ontario français n’est plus la partie ontarienne du Canada français mais la partie française de l’Ontario et, contrairement aux prévisions, quarante ans après les États généraux, il est plutôt en vie. La loi fédérale des langues officielles (1969), la charte des droits et libertés (1982), qui garantit certains droits scolaires, et la loi ontarienne des services en français (1986) ont modifié la donne. Du grand réseau institutionnel, il n’est resté que l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS), l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) et un volet coopératif mais la communauté franco-ontarienne s’est enrichie, depuis les années 1970, de nombreuses institutions comme le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO), le Centre franco-ontarien de folklore (CFOF), la maison d’édition Prise de parole, l’Institut franco-ontarien (IFO) et sa Revue du Nouvel-Ontario. Pour sa part, l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) a déménagé son siège social d’Ottawa à Toronto, signe que le centre de gravité de l’Ontario français s’est déplacé vers la métropole et Sudbury
Paradoxalement, écrit Gaétan Gervais, « les minorités françaises du Canada ont profité de l’agitation séparatiste ». Cela pourrait-il déculpabiliser (s’il y a lieu) les organisateurs des États généraux (s’il en reste) ? Plus sérieusement, il faudrait que les leaders politiques du Québec de 2007 lisent cet ouvrage. Plusieurs n’ont probablement aucune idée de ce que furent, par exemple, les congrès de la langue française ou les États généraux. Et qui se rappelle du «sou de la survivance ?
Dans un Québec où le mouvement souverainiste est, mutatis mutandis, peut-être plus mal en point que plusieurs groupes minoritaires outre-frontière, on peut se demander qu’est-ce que les Québécois ont réalisé d’important, depuis 1969, qui n’a pas été le fait d’un gouvernement fédéraliste ou qui n’aurait pu être accompli sous un gouvernement autonomiste, disons, qui aurait inévitablement occupé le centre politique, sous la pression d’une société en évolution ?