Petite ritournelle

Il n’est vraiment pas rare d’entendre des gens prononcer cette phrase pendant qu’ils font le tour de la librairie:
J’ai de la misère à entrer dans une librairie sans m’acheter de livres!
Ce n’est jamais fait discrètement, il va sans dire. Ces gens-là ont besoin d’être entendu et veulent surtout impressionner les personnes qui les accompagnent.
C’est à peu près tout ce qu’ils font. Jamais je ne les vois acheter un seul livre.

15 réflexions au sujet de « Petite ritournelle »

  1. Les personnes qui sont vraiment comme ça n’ont pas besoin de le crier en entrant dans une librairie. Elles agissent, donc achètent!

  2. Et les mêmes fétichistes qui se pâment sur l’odeur des livres, et qui disent comment ils aimeraient, eux aussi, vivre parmi les livres.
    Tu as raison Éric, rares sont ceux qui en consomment réellement
    chq

  3. Pourrait-on imaginer quelqu’un entrer dans un magasin de souliers et dire : «J’ai de la misère à entrer dans un magasin de souliers sans m’acheter de souliers…» ?

  4. Il est vrai que je dis beaucoup ça (enfin je ne dis pas « avoir de la misère » parce que je suis française mais au final c’est pareil ;) mais lors de discussions pas à l’occasion d’une visite à la librairie. Comme vous le dites, quand je suis dans une librairie, j’agis, donc j’achète :D * pour le plus grand malheur de mon compte en banque d’ailleurs mais passons…*

  5. Rosaline: j’adore la comparaison ;-)
    Flo: tu as tout à fait compris. La nuance est importante. Et puis, je ne fais que rapporter ce que je constate du haut de mon comptoir de libraire :-)

  6. Je dois dire, Éric, que je m’identifie avec les pauvres gens que tu décris. D’ailleurs, quand j’étais libraire (dans mon jeune temps!), j’avais d’la misère à travailler sans acheter de livres. C’est encore vrai aujourd’hui et le pire, c’est que peu importe où je me trouve, peu importe la librairie, ce sont sensiblement les mêmes livres et j’ai toujours le même attrait.
    Ma blonde, elle, ce sont les souliers, comme Rosaline.

  7. L’Épiphanien: je sais que ça existe que de ne pas pouvoir résister à acheter des livres en allant dans une librairie. Heureusement, car c’est grâce à des gens comme toi que nous pouvons survivre. Est-ce que tu entres en le clamant haut et fort pour le faire savoir à tous ceux qui se retrouvent en librairie en même temps que toi ou tu conserves une certane discrétion et tu files à la caisse une fois ton ou tes livres choisi(s)? Par rapport à ça, ce que je constate depuis plusieurs années c’est le dicton qui dit « grans parleur, petit faiseur ».

  8. Je crois effectivement que les bons lecteurs n’auront pas besoin de déclamer haut et fort l’intensité de leur bibliomanie, si bibliomanie il y a. Ceux qui ont lu Ulysse de James Joyce et La Recherche de Proust éprouveront une joie secrète, presque dérobée, à entrer dans le royaume des livres où le simple accès à tant d’ouvrages les grisera davantage que la possibilité d’acheter. Pour eux, un livre ça ne s’achète pas, ça se lit !

  9. Salut Eric…j’entends les mêmes commentaires dans les salons du livre. Phrase type: « il y a tellement de livres que l’on ne sait plus quoi acheter ». Et ils n’achètent, naturellement, jamais rien..!!

  10. Éric : Comment tu le prendrais si je passais te voir en clâmant haut et fort : « J’AIME LES LIVRES ET J’EN ACHÈTE ! » et en poursuivant ma lancée, je pourrais paraphraser Lepage : « JE PARLE FORT, MAIS JE NE SUIS PAS RIDICULE ! »
    Ma compagnie de crédit, elle, adooooore mon amour des livres.

  11. Il y a aussi tous ces gens qui entrent en librairie en disant: celui-là je l’ai lu, lui aussi, lui aussi.. » le tout en joingnant le geste aux paroles en pointant chacun des livres lus…Quand j’étais libraire, j’avais juste envie de leur dire: Y a-t-il quelque chose que vous n’ayez pas lu?

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