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Toujours rien de nouveau sous le soleil

Après avoir utilisé cette expression dans mon dernier billet, je suis tombée par hasard sur son origine, que je ne connaissais pas, en lisant un extrait du Livre des sagesses.
Elle est tirée d’un des livres sapientaux de l’Ancien Testament, l’Ecclésiaste, rédigé au IIIe siècle av. J.-C. Ce serait le seul livre de la Bible que l’on ait qualifié de philosophique. Le verset 9 se lit comme suit: «Ce qui a été sera, ce qui s’est fait se fera; rien de nouveau sous le soleil!
L’on connaît également très bien les deux premiers versets de ce texte : «Vanité des vanités, tout est vanité.» Pour cet auteur, la recherche du sens de la vie ne mène à rien. Au verset 3, il poursuit ainsi : « Quel profit y a-t-il pour l’homme de tout le travail qu’il fait sous le soleil?» Et que dire du verset 8: «Tous les mots sont usés, on ne peut plus les dire, l’œil ne se contente pas de ce qu’il voit, et l’oreille ne se remplit pas de ce qu’elle entend.» Bref, pour lui, le monde est absurde.
Mais vous n’êtes pas obligés de le croire. En effet, que peut-on faire de sa vie si on ne lui a pas trouvé (ou, à mon avis, donné) un sens? Je préfère croire avec Nietzsche que «Celui qui a un pourquoi, lui donne un but, et peut vivre avec n’importe quel comment.»
(Thomas Rämer, «Vanité des vanités, tout est vanité», dans Le livre des sagesses, Paris, Bayard, 2002, p. 931)

Rien de nouveau sous le soleil

Depuis plusieurs mois, les courriels que je reçois du gouvernement comportent souvent un message visant à sensibiliser leurs destinataires au gaspillage du papier. Il se lit comme suit: «Devez-vous vraiment imprimer ce courriel? Pensons à l’environnement.»
Comme le dirait Jacques Lacoursière, rien de nouveau sous le soleil. C’est ce dont m’a fait part mon conjoint historien, qui a pu constater, dans ses recherches sur la forêt, l’existence d’une telle préoccupation sous le règne d’Adélard Godbout. La circulaire qui suit émane du chef de cabinet Joseph Bélanger et est destinée aux employés du Service forestier:
«Le premier ministre me charge d’attirer votre attention sur la nécessité qu’il y a d’économiser, de toutes les façons possibles, le papier qui est employé dans les différents services de l’administration provinciale. L’honorable M. Godbout a reçu dernièrement plusieurs correspondances, même du gouvernement fédéral, où les deux côtés du papier officiel étaient utilisés. Il est évident qu’en certains milieux le papier de toutes catégories se fait rare, et que si nous voulons éviter le rationnement, il vaut mieux commencer à économiser dès maintenant.»
«Pas nécessaire d’utiliser le papier à correspondance sur les deux côtés mais au moins adapter le format du papier à la longueur du texte. Ne pas utiliser des papiers de luxe pour des mémos, la correspondance interdépartementale, les rapports entre employés, et autres écrits de moindre importance. Réutiliser les formules démodées ou liasses de documents devenus inutiles pour les convertir en blocs-notes.»
À mon tour maintenant de vous demander (non sans rire, toutefois): Devez-vous vraiment imprimer ce billet? Conservez-le plutôt sur votre disque dur…
(Réf. : Archives nationales, boîte 7B 020 01-02-001A-01, 1960-01-038/ 1290 E21, dossiers A à C 1930 à 1944)

Les 22 recommandations

Peut-être vous êtes-vous demandé, comme moi, quelle était la teneur des 22 recommandations dont on a tant parlé dans les médias, sans jamais les nommer, sur l’enseignement du français dans les écoles.
Ci-dessous, je les ai résumées. Pour les lire dans leur version intégrale, vous pouvez consulter le rapport du Comité d’experts sur l’apprentissage de l’écriture: http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/ameliorationFrancais/pdf/SoutenirDeveloppementCompetenceEcrire.pdf.
1. Harmoniser la rédaction des programmes d’enseignement du français au primaire et au secondaire.
2. Accroître les exigences pour l’enseignement du français.
3. Mettre en place des conditions d’accès à des maîtrises et au baccalauréat en enseignement du français aux étudiantes et étudiants d’autres programmes universitaires.
4. Ne confier l’enseignement du français au secondaire qu’à du personnel spécialisé ou inscrit dans un programme de formation continue en français.
5. Voir à ce que les programmes de formation à l’enseignement en formation professionnelle au secondaire assurent l’acquisition et l’utilisation du vocabulaire technique et du lexique propres aux professions enseignées.
6. Assurer un espace commun entre les programmes de formation à l’enseignement primaire et secondaire, de même qu’entre ceux en adaptation scolaire et sociale.
7. Mettre en place des mesures incitatives pour favoriser la formation continue en français du personnel enseignant du primaire et du secondaire.
8. Mettre en place des programmes souples de formation continue répondant aux besoins du milieu scolaire.
9. Embaucher des conseillers et conseillères pédagogiques en nombre suffisant au primaire et au secondaire.
10. Mettre en place, pour eux, une formation de 2e cycle universitaire.
11. Demander à chaque commission scolaire francophone de se doter d’une politique sur les pratiques d’apprentissage de la langue française dans ses écoles et ses propres pratiques de communication écrite.
12. Assurer un minimum de 200 heures d’enseignement du français par année durant les trois premières années du secondaire.
13. Mettre en place des conditions qui facilitent l’accompagnement dans l’apprentissage de l’écriture des élèves allophones.
14. Faire de même pour les élèves à besoins particuliers.
15. Explorer de quelle façon pourrait être exploité le goût des jeunes pour une écriture spontanée.
16. Faire des recherches pour mieux adapter l’enseignement de l’écriture et son évaluation à l’environnement technologique des jeunes.
17. Aider le personnel enseignant à appuyer son jugement des productions écrites des élèves sur des documents.
18. Établir des mécanismes permettant le transfert de l’information sur le développement des compétences en écriture de l’élève au moment du passage du primaire au secondaire.
19. Examiner la possibilité d’offrir d’autres choix que le texte argumentatif à l’épreuve de 5e secondaire et le poids du lexique dans cette évaluation.
20. Créer un portail informatique pour permettre un meilleur accès à la documentation sur l’enseignement du français.
21. Faire en sorte que le futur personnel enseignant soit informé sur les rectifications de l’orthographe.
22. Créer un organisme permanent pour faire le suivi de ces recommandations et assurer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage du français au Québec.
Qu’en pensez-vous?

Le secret des noms

Apparemment, chaque nom cache un secret. Pour le trouver, il faut utiliser les lettres de son prénom et de son nom dans un autre ordre, à la manière du jeu de Scrabble.
En jouant avec les quinze lettres qui composent mes noms de baptême et de famille, j’ai abouti à Clé : Gitane chante. Est-ce la clé de mon bonheur? Il est vrai qu’avoir plus de temps libre, j’aimerais beaucoup chanter dans une chorale. Mais puisque ce n’est pas possible pour l’instant, j’essaie de trouver d’autres secrets à l’intérieur de mon nom; ils doivent être bien cachés, car je ne les vois pas.
Si vous avez le goût de faire parler votre nom et que vous vous découvrez un talent particulier pour ce genre de défi, je vous invite à m’aider à trouver au mien d’autres combinaisons ayant un sens. Il faut, pour ce faire, utiliser toutes les lettres de GINETTE LACHANCE, mais pas plus d’une fois chacune.
Allez! amusez-vous et faites-moi part de toutes vos trouvailles, que ce soit concernant votre nom ou le mien.

Toujours en 1905…

Voici quelques autres définitions surprenantes ou exemples intéressants du Petit Larousse illustré de 1905 tirés du livre de Jean Pruvost, La dent-de-lion, la Semeuse et le Petit Larousse, France, Larousse, 2004.
Homme à poil : «homme énergique».
Peloter en attendant partie : «faire une chose de peu d’importance en attendant mieux».
Massacre : «mauvais ouvrier».
«Pour préserver les fourrures des mites, il faut les battre fréquemment» (les mites?).
«Les diplomates cherchent à se pénétrer» (se deviner mutuellement).
«Les excès déplument le crâne» et «L’âge découronne le front».
«Que de femmes se rendent malades à force de se serrer!»
«L’alcoolisme grossit le nombre de détraqués.»
«Gustave-Adolphe a traversé comme un météore l’histoire de l’Allemagne.»
«Le lyrisme de Jean-Baptiste Rousseau est souvent très froid.»
«Notre vie n’est qu’une agonie.»
«Il est difficile de bien s’orienter au milieu d’une révolution.»
Et il y en a d’autres… Merci à Stéphanie et à Francine de m’avoir fait parvenir ce livre.
L’auteur a aussi un site Web à l’adresse suivante:http://www.u-cergy.fr/rubrique32.html

Bonne Journée!

Jeudi ce sera fête dans toutes les chaumières, puisque nous avons tous une langue maternelle et que, en 1999, la Conférence générale de l’Unesco faisait, du 21 février, la Journée internationale de la langue maternelle afin de promouvoir la diversité linguistique et culturelle, ainsi que le multiculturalisme.
Comment fêter sa langue? lui rendre hommage? En faisant un effort pour la parler et l’écrire correctement toute la journée? C’est-à-dire, au Québec, sans anglicismes, barbarismes, gallicismes, solécismes, etc. Pas facile, n’est-ce pas? Ou bien en ne parlant que sa langue durant ces 24 heures? Pas nécessairement facile non plus, avec Internet notamment.
À moins d’en profiter pour en connaître un peu plus sur la multitude de langues qui existent sur notre planète, puisque l’objectif est tout de même de prendre conscience de la pluralité linguistique et culturelle.
Voici donc quelques informations là-dessus, glanées un peu partout:
Quoiqu’il soit complexe d’établir avec précision le nombre de langues vivantes actuellement, étant donné tous les dialectes et les frontières qu’il est difficile de tracer entre ceux-ci et les langues, on estime qu’elles seraient autour de 6700. Nous ne possédons les descriptions et les grammaires que pour la moitié d’entre elles, cependant. Le français viendrait au 12e rang, avec 125 millions de locuteurs. La championne est bien sûr le mandarin, la 2e est l’anglais, et la 3e, l’hindoustani (langue officielle de l’Inde). Seulement quinze langues sont parlées par plus de un million de personnes, soit, dans l’ordre: le mandarin, l’anglais, l’hindoustani, le russe, l’espagnol, le japonais, l’allemand, l’indonésien, le portugais, le français, l’arabe, le bengali, le malais, le coréen et l’italien.
Mais saviez-vous qu’il existe quelque 400 mots qui sont les mêmes dans une vingtaine de langues, tels : banque, sport, whisky, dollar, passeport, etc. (on sent bien les intérêts…)?
Quant au rôle des langues dans la géopolitique mondiale, le numéro 97 de Manière de voir, de la collection du Monde diplomatique, y est consacré et semble particulièrement intéressant. Intitulé: La bataille des langues: cette arme de domination, sous la direction de Bernard Cassen, il comporte une trentaine d’articles, avec des titres accrocheurs tels que: Une expression de la lutte des classes au Québec, de Jacques Cellard, La patrie littéraire du colonisé, de Albert Memmi, Solidarité et multipolarité planétaires, de Ignatio Ramonet, L’épreuve de la liberté, de Philippe de Saint-Robert, Une jambe qui manque, de Michel Guillou, La langue-dollar, de B. C., etc. Pour un compte-rendu sur ce numéro: http://www.monde-diplomatique.fr/mav/97/.
Ou pour plus d’information sur la Journée internationale de la langue maternelle: http://www.un.org/depts/dhl/dhlf/language/.
Je vous laisse avec Gracchus Babeuf qui dit que: «La langue de l’alchimie est une langue de la rêverie, la langue maternelle de la rêverie cosmique.» (La Poétique de la rêverie, PUF)
Et vous, comment auriez-vous le goût de souligner cette journée? Quelle forme pourrait prendre votre rêverie cosmique?

Cachez ce crétin que je ne saurais voir

Voici la longue description d’un crétin selon Le Petit Larousse illustré de 1905.
De quoi faire peur :
«(…) une tête petite et aplatie aux tempes, un nez épaté, des yeux rouges et chassieux, une bouche béante d’où découle constamment la salive, et des goîtres plus ou moins volumineux le long du cou. (…) il a la peau jaune et flétrie et les sens peu développés, excepté celui de la vue».
Et honte à certains :
«(…) le crétinisme est héréditaire et paraît tenir au séjour dans les lieux profonds et humides; aussi les crétins se rencontrent-ils surtout dans les vallées basses et étroites du Valais, et même de l’Auvergne et des Pyrénées».
Malgré la neige, il vaut mieux demeurer au Québec, n’est-ce pas?
(Jean Pruvost, La dent-de-lion, la Semeuse et le Petit Larousse, France, Larousse, 2004, p. 75)

Et que ça change!

Je n’ai pas été prudente. Peut-être y a-t-il d’autres travailleurs autonomes comme moi qui, dans les dernières années, ont mis presque tous leurs œufs dans le panier des gouvernements. Pourtant, y a-t-il plus instable qu’un gouvernement? Et je ne parle même pas de la capacité des partis à se maintenir au pouvoir, ni même d’une allégeance quelconque qui nous permettrait d’obtenir des contrats. Non, seulement des règles d’attribution de ces derniers.
Par exemple, dans le cas d’un ministère (que je nommerai pas), il fallait, il y a une quinzaine d’années, être un particulier pour en obtenir des contrats de révision comme pigiste; une entreprise n’y avait pas droit. Quelque cinq années plus tard, pour le même type de contrats, ce ministère demandait à ses pigistes de se convertir en entreprises, une enseigne extérieure en faisant foi ou encore, le relevé de compte d’un téléphone d’affaires. Je me suis alors inscrite comme telle auprès de l’Inspecteur général des institutions financières de même que de ma compagnie de téléphone, voyant du même coup mon compte passablement augmenter. Dans les faits, rien n’avait changé pourtant, je faisais toujours le même travail dans le même bureau, à la maison, mais sous un nouveau nom.
Et voilà qu’à plus ou moins brève échéance, tout est appelé à changer encore une fois. Compte de téléphone d’affaires ou pas, cela n’aura plus d’importance, les preuves à fournir étant d’un autre ordre. À lire le document d’une soixantaine de pages renfermant les nouvelles règles, je me suis demandé si le but n’était pas d’éliminer les travailleurs autonomes. Vous en connaissez, vous, des travailleurs autonomes qui ont des normes ISO? J’exagère à peine; s’il ne s’agit pas de normes ISO, il faut tout de même présenter des mécanismes d’assurance qualité: organisation du travail, contrôle des résultats, etc. Il faut aussi disposer d’une relève (qui ne peut faire partie de «l’équipe proposée» et qui doit répondre aux mêmes conditions que le «fournisseur principal»), présenter des travaux déjà réalisés afin qu’ils soient évalués par un comité d’experts et avoir déjà des mandats similaires avec cinq autres clients.
Je ne sais combien d’heures j’ai consacrées à la préparation de mon dossier de candidature (non payées, bien entendu, en plus d’avoir dû débourser 36,78 $ pour prendre possession dudit document, prix comprenant l’inscription préalable auprès du service chargé de le vendre).
Il me faudra tout de même recommencer, l’appel d’offres ayant été annulé deux semaines plus tard, un nouveau règlement devant entrer en vigueur…
C’est donc sur la glace pour le moment. S’il y a une suite, on me demandera d’acheter un nouveau document (après une nouvelle inscription), qui me mènera à la préparation d’un nouveau projet, pour un nouvel appel d’offres d’une durée de… à peine plus d’un an. Car une toute nouvelle procédure est déjà prévue pour juin 2009.

Elles veulent vivre

Si des langues anciennes meurent chaque jour (voir le billet sur l’Année des langues), de plus nouvelles tentent toujours de percer.
Comme d’autres avant lui, Ludwik Lejzer Zamenhof a rêvé d’une langue qui permettrait aux locuteurs du monde entier de se comprendre. C’est ainsi qu’il a construit, vers la fin des années 1870, l’espéranto.
Selon une étude réalisée par le professeur Culbert, de l’Université de Washington, cette langue serait parlée aujourd’hui par 2 000 000 de personnes dans le monde. Avec Internet, il leur est maintenant plus facile d’entrer en contact et de créer des réseaux.
Êtes-vous du nombre? Sinon et que vous souhaitez savoir à quoi ressemble l’espéranto, vous pouvez consulter le Lexique des mots les plus fréquents: http://esperanto-panorama.net/franca/vortaro.htm.
Il existe aussi des dictionnaires en ligne, notamment celui-ci, de 9000 mots: http://esperanto-panorama.net/vortaro/eofr.htm.
Et si l’envie vous venait de l’apprendre, vous pourriez le faire gratuitement en vous rendant sur ce site: http://fr.lernu.net/?utm_id=10&gclid=COfQ16782ZACFQQjPAodAWZwXA.