Archives du mot-clé Société historique de Québec

Québec vers 1885

Le peintre Henry Richard S. Bunnett (1845-1910) est né à Gênes en Italie. Il passe sa vie en Angleterre. Néanmoins, il viendra vivre quatre années (1885-1889) au Canada, à Montréal. Durant cette période, David Ross McCord, le fondateur du musée qui porte son nom, lui commande plus de 200 tableaux à l’huile représentant des vues de différents endroits du Québec. Plusieurs représenteront des aspects de la ville de Québec. Parmi celles-ci, il produit un triptyque montrant la région de la capitale depuis les plaines d’Abraham vers le nord-est. Nous avons réuni ces trois toiles pour vous présenter cette vue panoramique vers 1885. Ce qu’on y observe est fascinant.

Vers la gauche, on aperçoit un méandre de la rivière Saint-Charles formant la Pointe-aux-Lièvres, de l’autre côté de laquelle se déverse la rivière Lairet. En remontant son cours, on croise la villa Ringfield. Dans l’isthme de la Pointe-aux-Lièvres se dresse l’hôpital de la Marine. Un peu plus à l’est, c’est le pont Dorchester où se trouvait un péage. Il conduisait à la route de Charlesbourg qu’on distingue avec la vieille église du Trait-Carré tout au nord. Ce pont permettait également d’atteindre la route de la Canardière, puis le chemin Royal qui filait sur la côte de Beaupré. À l’est du pont s’étire le long bâtiment de la corderie Brown qui fournissait les nombreux chantiers navals de la région. Sur les plaines d’Abraham, à l’avant-plan de la citadelle, on peut voir l’ancien laboratoire d’artillerie de l’Armée britannique. Depuis 1882, ces installations étaient utilisées par la Cartoucherie de Québec. C’est à cet endroit qu’on installe de nos jours la scène principale du Festival d’été. Enfin, en face de Québec, on reconnaît l’île d’Orléans et la Pointe-de-Lévis. Bunnett a également produit un second triptyque qui présente, cette fois-ci, le paysage opposé, c’est-à-dire vers l’ouest. Nous vous le présenterons bientôt.

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Iconographie : Panorama de Québec vers 1885, triptyque de Henry Richard S. Bunnett, huile sur toile, Musée McCord, M883-M885-P1_DA.

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

Le palais de glace de 1894

 

Du 29 janvier au 3 février 1894, Québec présentait son premier carnaval d’hiver. L’événement avait été organisé à l’initiative de Frank Carrel, éditeur du Quebec Daily Telegraph. Et le clou de cette première édition avait été le palais de glace. Il s’agissait d’une époque où on ne lésinait pas sur les blocs de glace. En effet, ce château avait été construit sur le rempart, entre l’esplanade et l’Hôtel du Parlement, et il atteignait la hauteur d’un édifice de sept étages. Il était flanqué, de part et d’autre, par deux redoutes. L’avant dernière soirée des festivités avait été consacrée à l’attaque du palais. Devant 60000 spectateurs massés devant le Parlement, 2000 raquetteurs, appuyés par des centaines de soldats du Royal Canadian Artillery, du 8th Royal Rifles et par des Hurons et Montagnais, s’étaient déplacés dans une parade aux flambeaux, du manège militaire jusqu’au lieu de combat. Par la suite, ils avaient pris d’assaut la structure de glace dans une chorégraphie de feux d’artifice. Ce spectacle pyrotechnique avait duré 45 minutes et avait coûté à lui seul plusieurs milliers de dollars. Hormis cette activité bien spéciale, ce carnaval avait offert un programme fait d’activités sportives, dont une course de canots sur les glaces du fleuve, plusieurs bals et un défilé. Une autre édition du carnaval d’hiver avait été présenté l’année suivante avec un palais tout aussi grandiose.

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Photographie 1 : Palais de glace du carnaval d’hiver de 1894, BAnQ, collection initiale, Louis-Prudent Vallée, P600,S6,D1,P823.

Photographie 2 : Palais de glace du carnaval d’hiver de 1895, BAnQ, collection initiale, P600,S6,D1,P824.

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

Vue de la Grande Allée en direction est, hiver 1884-1885

 

Voici la vue qu’avaient ceux qui descendaient la Grande Allée en cet hiver typique. À gauche s’élève le parlement, dont on aperçoit une partie de l’aile Saint-Louis construite entre 1877 et 1879. L’édifice massif au centre de la photo retient l’attention: le Quebec Skating Rink, érigé en 1877 au nord de la Grande Allée, longe les fortifications. Cette patinoire intérieure, déménagée au sud de cette rue en 1889 et rebâtie complètement en 1891, sera le témoin en 1912 et en 1913 de la victoire des Bulldogs de Québec, qui remporteront alors la coupe Stanley. À côté, la porte Saint-Louis, de style château, remplace à partir de 1878 la vieille porte démolie en 1871. La Grande Allée, élargie en 1886, devient une rue prestigieuse où hommes politiques et riches bourgeois de Québec se font construire de luxueuses résidences. Quelques-unes s’élèvent à droite. Plusieurs d’entre elles seront rasées au tournant des années 1960-1970 pour faire place à l’édifice Jean-Talon.

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Photographie : Vue de la Grande Allée en direction est, hiver 1884-1885, photographe inconnu, Bibliothèque et Archives Canada, PA-024064.

Tiré du Calendrier des vues anciennes de Québec – Janvier 2017

Texte: Lilianne Plamondon

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

La rue Sainte-Anne vers 1807

 

Cette gravure de George Heriot nous permet de voir une perspective tout à fait inédite de Québec. L’artiste se trouvait en bordure de la rue Sainte-Anne, adossé à la redoute Royale (aujourd’hui Morrin Centre), sur le terrain qui allait être occupé à partir de 1810 par l’église presbytérienne St. Andrew. Le terrain semble être transformé en chantier de construction. Peut-être s’affaire-t-on à construire justement la future église écossaise. De l’autre côté de la rue, derrière le mur de pierre, se trouve l’ancienne propriété des Jésuites. L’espace aujourd’hui occupé par l’ancienne Académie commerciale était alors un terrain boisé. À l’arrière-plan, on aperçoit le collège des Jésuites, transformé en caserne militaire, de même que leur chapelle qui était utilisée, quant à elle, en dépôt de munition. Elle sera démolie en 1807. Encore plus en arrière, on devine la cathédrale catholique Notre-Dame. Au loin se profilent la côte de Beaupré, l’île d’Orléans et la Pointe-de-Lévy. Cette gravure est conservée à Bibliothèque et Archives Canada et elle est intitulée «Scène près de la Grande Batterie [sur la rue des Remparts]». Il s’agit évidemment d’une erreur.

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Iconographie : La rue Sainte-Anne avec vue sur le collège des Jésuites vers 1807, aquarelle de George Heriot, Bibliothèque et Archives Canada, négatif no C-151100.

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

L’ancienne rue du Parloir

 

Aux petites heures du 29 novembre 1841, il y a 175 ans, le bureau de poste de Québec était détruit par un incendie. Les pertes sont importantes puisque le courrier et les archives sont alors détruits. Ce bureau était situé sur la rue du Parloir. Pourtant, on n’a jamais vu de bureau de poste situé sur la rue du Parloir actuelle. Elle a toujours été occupée par le monastère des Ursulines et par des résidences privées. En fait, il y a eu une époque où la ville de Québec avait deux rues du Parloir. Celle qui accueillait le bureau de poste amorçait sa course sur la rue des Remparts, au sommet de la côte de la Montagne. Située derrière la cathédrale catholique, il s’agissait d’une rue sans issue, se butant au Séminaire de Québec. À la suite de l’incendie, le bureau de poste sera temporairement logé dans l’édifice du parlement de la côte de la Montagne avant d’être relocalisé, en 1845, dans l’édifice du Chien-d’Or. Il se trouve toujours aujourd’hui sur le même terrain. Quant à la rue du Parloir, elle disparaîtra. En effet, en 1843, Mgr Signay achetait le terrain vacant où se trouvait le bureau de poste incendié pour y construire le nouveau palais épiscopal. De nos jours, il est toujours occupé par l’archevêque et c’est son stationnement qui occupe l’ancienne rue du Parloir.

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Iconographie : Localisation de l’ancienne rue du Parloir, extrait de la carte «Plan of the City of Quebec» d’Alfred Hawkins, 1840, BAnQ, G,3454,Q4,1840,H38 CAR.

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

Le blockhaus avancé de la citadelle temporaire

 

Parmi tous les marquages au sol qu’on retrouve à Québec, il en existe un sur les plaines d’Abraham. Il est situé au sud-ouest de la citadelle, en bordure de la falaise et en contrebas de l’avenue Cap-aux-Diamants. Il rappelle la présence à cet endroit d’un ancien blockhaus britannique construit en 1782 à la suite de l’invasion américaine de 1775. On craignait que les Américains tentent une nouvelle invasion. La citadelle n’existait pas encore. On construit donc une série d’ouvrages de défense pour occuper les «hauteurs d’Abraham» comme on désignait alors l’endroit le plus élevé de Québec. De plus, depuis cet ouvrage, on avait une vue imprenable sur le fleuve et la rive sud. Il s’agissait d’un petit bâtiment de deux étages en bois avec des fondations de maçonnerie. Il était constitué de deux corps de logis : un plus petit pour les officiers et un second pour les soldats. Le deuxième étage était plus grand que le rez-de-chaussée, de sorte qu’il faisait saillie sur celui-ci. Par des ouvertures pratiquées dans le plancher en saillie, les soldats auraient pu faire feu sur des assaillants qui se seraient aventurés jusqu’au pied du bâtiment. Des hommes y seront logés jusqu’à l’époque de la Guerre de 1812-1814 alors qu’il est détruit par un incendie, vraisemblablement accidentel. Entre 2006 et 2009, des fouilles archéologiques y ont été menées. Outre les vestiges du blockhaus proprement dit, on a découvert beaucoup de boutons d’uniforme militaire et des restes alimentaires tels des os de bœuf, d’agneau, de porc, de poulet, de poisson et de crustacé. Un beau rappel historique à aller voir.
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Photographie : Marquage au sol du blockhaus avancé de la citadelle temporaire, J.F. Caron.Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

Le troisième lien

 

Depuis quelques mois, il a beaucoup été question dans l’actualité d’un troisième lien entre les deux rives de la capitale. Chacun a son plan. Pourtant l’idée n’est pas nouvelle. En effet, en 1968, la firme d’ingénieurs-conseils Jobin & Vandry proposait un plan autoroutier absolument démentiel pour une ville de moins d’un demi-million d’habitants et qui ne s’accroissait à peu près pas. Heureusement, seul l’autoroute Dufferin-Montmorency a été réalisée. On proposait alors l’autoroute de la Falaise qui aurait longé le versant nord sur Saint-Vallier, Arago et Charest, de l’ancien cinéma Odéon jusqu’à l’autoroute Duplessis. Le tunnel Dufferin aurait traversé la haute-ville, sous la terre, jusqu’au boulevard Champlain. L’autoroute Saint-Charles aurait traversé Limoilou, d’est en ouest, entre les autoroutes de la Capitale et de la Falaise. L’autoroute Laurentienne aurait continué sa course à travers Saint-Sauveur pour se déverser en haute-ville sur les avenues De Salaberry et Turnbull, et ce, grâce à des bretelles comme on en retrouve aujourd’hui sur Dufferin-Montmorency. Enfin, un pont, le fameux troisième lien, aurait rejoint l’autoroute Jean-Lesage (aut. 20) depuis la pointe à Carcy dans le vieux port. Et c’est sans compter plusieurs artères de la haute-ville qui auraient été transformées en grands boulevards urbains. Heureusement, ce cauchemar est demeuré un rêve.

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Pour les détails, voir :
http://www.quebecurbain.qc.ca/…/le-reseau-demesure-dautoro…/

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec.

Iconographie : Représentation partielle du rêve des ingénieurs Jobin et Vandry.

Château Frontenac, 1911

 

On dit du Château Frontenac que c’est l’hôtel le plus photographié au monde. C’était probablement aussi le cas à ses débuts. Toutefois, à cette époque comme aujourd’hui, on nous le présente généralement depuis la rive sud, le fleuve Saint-Laurent ou la terrasse Dufferin. Ce qui donne toute sa valeur à cette photographie, c’est qu’elle est prise depuis la rue Saint-Louis, en bordure de la place d’Armes. La rue des Carrières apparaît à l’arrière-plan. On comprend que la tour centrale et l’aile Saint-Louis, qui borde aujourd’hui la rue éponyme, n’ont pas encore été construites. Le cliché a été réalisé le 13 octobre 1911.

Ce matin-là, le prince Arthur, duc de Connaught et troisième fils de la reine Victoria, débarque à Québec pour prendre son poste de gouverneur général du Canada. À la suite de son assermentation au parlement, il se rend au Château Frontenac où un déjeuner est servi en son honneur. Ces agapes expliquent la présence de la banderole au-dessus de l’entrée de l’hôtel et sur laquelle on lit «Welcome to his Royal Highness».

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Texte : Jean-François Caron

Source de l’article: Page Facebook de la Société historique de Québec

Photographie : Le Château Frontenac en 1911, photographe inconnu, collection, J.F. Caron.

La saucisse Lafleur

 

Tous les comptoirs de boucherie des épiceries du Québec offrent la saucisse Lafleur. Tout le monde la connaît, mais moins de gens savent que cette charcuterie est née dans le quartier Limoilou à Québec.

C’est en 1912 qu’Alphonse Lafleur ouvre une boucherie sur la 5e Rue du quartier Limoilou. Rapidement, il développe des spécialités de saucisses et de charcuteries. Face au succès de sa petite entreprise, il agrandit sa boucherie en acquérant les lots voisins de son commerce. Sa réputation s’étend désormais à toute la ville de Québec. Il achète des camions et se lance dans le commerce en gros. À la suite de son décès survenu en 1934, ses fils Raymond et Gérard prennent la relève et relance l’entreprise sur des bases industrielles. En 1972, la boucherie de Limoilou fusionne avec la compagnie J.N. Brochu de Saint-Henri-de-Lévis. Malgré une nouvelle fusion avec le groupe Olymel en 2005, la bonne saucisse créée par Alphonse Lafleur est toujours en vente.

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Photographie : La boucherie Lafleur de la 5e Rue de Limoilou vers 1930, Archives du groupe Olymel.

Source de l’article : Page Facebook de la Société historique de Québec
Source d’information : Réjean Lemoine, «Limoilou, un quartier effervescent», Les Éditions GID, 2014, p. 104.

 

Pont de Québec, 11 septembre 1916

 

Le 11 septembre 1916 s’annonce un jour de fête à Québec puisque, ce jour-là, on va procéder à l’installation de la travée centrale du pont de Québec. Construite dans l’anse deSillery, cette travée réunit les deux bras cantilever et représente la fin de la construction du pont. Plus de 100 000 personnes sont au rendez-vous à Québec pour ne rien manquer de cette opération que l’on réalise pour la première fois dans l’histoire. Les curieux sont massés sur les deux rives et plusieurs ont même pris place dans des embarcations pour être aux premières loges. À 8h50, les quatre crics hydrauliques commencent à actionner les huit suspentes et la travée commence son ascension. Soudain, on entend un craquement épouvantable et on voit cette section se tordre, se ployer, puis s’engouffrer avec fracas dans les profondeurs du fleuve. La tragédie, la deuxième qui se déroule sur le pont, fait plusieurs victimes: 13 morts et 14 blessés. La catastrophe sera attribuée à un défaut dans le moulage d’un support cruciforme de la travée centrale.

Source de l’article : Facebook de la Société historique de Québec

Pour en savoir plus : Le Pont de Québec de Michel L’Hébreux

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Photographie sur carton, don de Charles-Eugène Béland, collection Jacques Boutet

Tiré du Calendrier des vues anciennes de Québec – Septembre 2016