5:55

Les initiés savent que 5:55 n’est pas seulement une heure quelconque. C’est une façon de marquer le temps différemment. 5:55 aura marqué mon automne et il marquera peut-être mon hiver. Je parle du disque de Charlotte Gainsbourg.
Je l’ai acheté à sa sortie il y a plus d’un mois. Depuis, il quitte rarement mon lecteur. Au-delà de l’événement médiatique, le travail de la fille de Serge et Jane est une réussite totale. Le lien familial s’arrête là. C’est un disque de Charlotte, tout simplement. Elle est parvenue à créer un univers qui lui ressemble (pas facile tout de même) en s’entourant de musiciens chevronnés et surtout elle y a mis le temps qu’il fallait. Ça s’entend.
5:55 est un disque atmosphérique tout en nuances qui ne casse rien à la première écoute. On trouve ça bien, mais sans plus. On a tout de même envie de le remettre rapidement dans le lecteur question de s’assurer qu’on ne s’est pas trompé. Après trois écoutes, le mal est fait. On l’a dans les veines, on ne peut plus s’en passer. On se met à découvrir toute la richesse de cet univers tout en finesse, à ressentir toutes les émotions subtiles qui s’en dégage. À tout moment durant la journée, on se surprend à avoir certaines chansons en tête. En rentrant à la maison, on se précipite sur le lecteur et on le remet et la plaisir recommence. Le matin en se levant, c’est la même chose. Au coucher aussi. Impossible de résister à cette voix solide et feutrée, un peu éthérée et toujours juste. Impossible non plus de résister à la beauté du piano hypnotique qui revient d’une pièce à l’autre. Le disque atteint son paroxysme sur Everything I cannot see, un pur bonheur.
Charlotte Gainsbourg a signé un des meilleurs disques de l’année. Cette artiste ira loin. Retenez bien son nom!

3 réflexions au sujet de « 5:55 »

  1. Effectivement, c’est un excellent album qui se déguste du début à la fin sans déception. La pièce qui m’envoûte le plus est Night-time intermission lorsqu’elle commence, c’est comme une explosion de Charlotte dans mes oreilles.
    MHV

  2. À mon avis, presque tout le crédit de l’album, disons 93%, revient au groupe Air qui a composé les sus-mentionnées atmosphères.
    Charlotte Gainsbourg n’avait qu’à se pointer aux enregistrements et chanter, ou plutôt murmurer
    Air. Qu’on se le dise.
    Ch

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