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À la conquête des médias

Avis aux intéressés: vous pourrez m’entendre en entrevue demain matin vers 9h20 à Nulle part ailleurs, une émission radio-canadienne dans la région de Sudbury. Si vous n’êtes pas dans le coin, vous pouvez la capter par Internet en direct, et elle sera ensuite disponible dans les archives.
Je m’étais pratiquée pour l’entrevue dans ma tête toute la nuit, mais l’animatrice ne m’a pas posé les questions que j’avais imaginées alors j’ai dû improviser… Ce n’était pas si mal — enfin, je pense. C’est toujours un peu bizarre de parler de souâââ comme si c’était intéressant. Mais je dois dire que l’animatrice, Mélanie Tremblay, est très, très sympathique: elle a ri à toutes mes blagues.
Pour l’entrevue, j’étais en « duplex », c’est-à-dire que les animateurs sont dans un autre studio, à des millions de kilomètres de distance, et que vous, vous êtes toute seule devant un micro et vous faites semblant d’être totalement à l’aise pour épater le technicien.
Pour vraiment être bien dans votre peau, il ne faut surtout pas vous imaginer que, dans l’autre studio, on roule des yeux à chaque fois que vous parlez.
Sérieusement, l’exercice est un peu ardu parce que, soit on n’arrive pas à visualiser ses interlocuteurs et c’est un peu déstabilisant (surtout quand on est du genre à détester parler au téléphone comme, surprise!, moi), soit on investit le micro de l’âme de tous les auditeurs et on lui parle avec amour, mais à ce moment-là, on a aussi vachement peur d’avoir mauvaise haleine.
Quoiqu’il en soit, les filles, j’ai vu Jean-René Dufort en chair et en os à Radio-Can, et je lui lance ce message du plus profond de mon coeur: « Jean-René, tu as maigri, tu as l’air fatigué. Es-tu sûr que tout va bien? Mère indigne s’inquiète pour toi. »
Sur ce, bon week-end. Lundi, on va se parler des maudits paparazzis.
Mise à jour: L’entrevue est maintenant disponible sur le site de Nulle part ailleurs, dans la colonne de droite, section « Entrevues ». Père indigne m’a dit que mon honneur était sauf…

Je me livre

Le livre est sous presse et on me presse de vous livrer mes impressions…
Mais c’est que je n’ai pas l’habitude de me livrer comme ça!
Peut-être même que ça nuit de sortir comme ça au grand jour!
Peut-on laisser le temps à l’encre de sécher un peu? Non?
Attendez, je dévoile à la fois mon nom, ma face et en plus,
il faudrait que j’étale mes états d’âme, ma vision du processus,
mes idées sur la littérature et quoi encore?
Vous voulez voir mes bas? ;-)
Sérieusement…
Je me demande si je réalise encore tout à fait ce qui m’arrive.
D’habitude, il faut cogner aux portes des éditeurs avec un manuscrit.
Le contraire est très certainement plus rare.
Je le fais dans les pages d’Un taxi la nuit, mais je vais profiter de cet espace
pour remercier encore une fois toute l’équipe derrière cette aventure.
C’est un beau cadeau que vous me faites, sincèrement.
Je suis fébrile par la sortie imminente du bouquin.
Les prochaines semaines risquent de me sortir pas mal de ma petite routine de chauffeur de taxi!
Mais je reste tout de même placide. Mes mots sont à l’imprimerie,
déjà ils ne m’appartiennent plus.
Je m’abandonne à vos yeux.
Je me livre.

En route vers la gloire!

Il faut que je vous avoue quelque chose. Personnellement, je suis absolument obsédée par l’idée de devenir une vedette. Oui, c’est pour cette raison que je fais un doctorat en philosophie. C’est d’ailleurs en songeant à tous les grands philosophes qui se sont retrouvés sur la couverture du Écho Vedettes que j’ai rédigé mon projet de thèse.
Vous comprendrez alors que mon aventure livresque est planifiée dans les moindres détails pour me faire accéder au statut de méga-star. Je sais déjà exactement combien de livres je vais vendre, grâce à mon ingénieux plan d’affaires, que je vous soumets ici:
1. Au lancement, j’amènerai une paire de bobettes de Jean-Louis que j’offrirai à la personne qui achètera le plus de livres d’un seul coup. Résultat anticipé: les bobettes partiront pour 3 livres (acheteur: Jean-Louis). Et puis, Mamie indigne achètera bien un exemplaire pour me faire plaisir, ainsi que, peut-être, Père indigne. Et j’y pense, il doit bien traîner une quinzaine de dollars dans la tirelire de Fille Aînée, si on n’a pas tout pris pour payer la pizza. Total: 6 livres. Le début du succès!
2. J’irai aussi faire un lancement dans mon village natal de St-Roch de l’Achigan. Micheline, mon prof de 5e année, m’a promis d’en acheter deux si je les lui autographiais. Mamie va sûrement en acheter un autre à ce moment-là, et aussi tante Nicole puisque je parle d’elle (une demi-ligne) dans le bouquin. Total: 4 livres de plus. Wouhoooou!
3. Attention: c’est ici que mon plan s’apprête à prendre de l’ampleur. J’organiserai une virée chez Renaud-Bray avec Père indigne. Pendant qu’il fait des blagues belges au libraire à la caisse, je subtilise discrètement un ou deux, ou une dizaine, de rouleaux d’autocollants « Coup de coeur Renaud-Bray ». Vite, je les appose sur mes Chroniques et les livres partent comme des petits ponchos! À ce propos, j’aurais préféré simplement faire imprimer d’office le logo « Coup de coeur » sur la couverture du livre, mais l’éditeur (allez savoir pourquoi) a lâchement refusé.
4. Dernière étape, mais non la moindre: je traduis mon livre en chinois et je l’exporte en Asie. Même si seulement 0,2% de la population l’achète, je deviens riche à craquer! Je n’aurai même pas besoin de payer de traducteur; en effet, je maîtrise déjà quelques bribes de chinois, comme « Sayonara ». Et en plus, je saurai adapter mes histoires à la réalité culturelle chinoise — en gros, je remplacerai le mot « soupe » par « chop suey ». Je suis réellement une surdouée du marketing.
Avec tout ça, le grand total des ventes, avec les lancements, les autocollants et le marché chinois, s’élève à 11 millions trois cent vingt-deux livres. J’en achèterai peut-être 188 de plus pour arriver à un beau chiffre rond. Oui, très bonne idée.
Je suis sur la bonne voie, je le sens…

Pourquoi eux et pas moi ?

Une question qui revient souvent concernant cette aventure : comment avez-vous choisi les trois blogues que vous publiez ?
Ce fut très facile. On a cherché dans Google « blogue québécois intéressant » et on a pris les trois premiers résultats…
Ou alors ce fut un peu plus compliqué.
[Flashback - 2005] Adeline (directrice de la collection Hamac), lors d’une discussion, me demande si je lis des blogues. Ah euh oui bien sûr je lis euh… tu sais le truc-là… Bon, avouons-le, le phénomène du journal personnel sur Internet ne me passionnait pas. Enfin, en dehors des incontournables. Et puis il faut avoir du temps à perdre pour aller lire ça quotidiennement !
(Aujourd’hui je considère mon temps de lecture de blogues comme un investissement dans le repérage de nouveaux auteurs. Nuance. Quel beau métier éditeur quand même.)
Toujours est-il qu’un jour elle m’arrive avec Lucie le chien imprimé sur du papier. Oui, du vrai papier fait avec de vrais arbres ! Bon, pour me rattraper, sachez que ce manuscrit a fini au recyclage après que le verso des feuilles ait été gribouillé par mes jeunes artistes à la maison.
« Il y en a d’autres comme ça ? » Question idiote. Le jour suivant, j’avais une longue liste de liens dans un courriel. Que j’ai été visiter un par un. Dès fois très rapidement. Et dans deux cas j’ai passé plusieurs heures à fouiller dans les archives.
Mère indigne m’a tiré des larmes de rire. Pierre-Léon m’a fait partager d’extraordinaires émotions. On tenait là trois bons carnets, qui donneraient trois bons livres.
Et c’est un bon chiffre, trois, quand on veut lancer une collection. Avec un ouvrage, la collection paraît mince et sans avenir. Deux… non mais qui offre des fleurs par deux ? Trois, c’est juste assez de travail pour ne pas virer fou.
Parce que, l’air de rien, c’est de l’ouvrage éditer un livre ! Mais ça, on s’en reparlera…