Tous les articles par Gilles Herman

Changement de garde chez notre distributeur Dimedia

Cela faisait maintenant quelques semaines que les rumeurs courraient, les diffusés étaient avertis depuis quelques temps, mais la nouvelle sort au grand jour : les éditions du Boréal et Québec-Amérique se portent acquéreurs de Dimedia.

Tout cela découle de décisions prises en France : Interforum a décidé de créer sa propre structure de diffusion au Québec, quittant ainsi Dimedia après une longue et fructueuse collaboration. Ce qui aurait pu être une catastrophe a été retourné en tremplin. La consolidation de la diffusion d’éditeurs culturels québécois au sein de la même organisation permettra de défendre un catalogue général extrêmement cohérent auprès des professionnels et du public.

Concrètement, pour les éditions du Septentrion et Hamac, qu’est-ce que ça change ? À court terme, absolument rien. Les équipes restent en place, la direction générale ne change pas, la structure est stabilisée. Et, dans les prochaines années, ce sera certainement l’occasion de développer de nouvelles stratégies pour permettre à nos livres d’atteindre plus efficacement leur lectorat.

D’ailleurs, pas plus tard que demain, nous rencontrons à Montréal libraires, bibliothécaires et journalistes dans le cadre de la « Journée Dimedia ». Mettons que le sujet de conversation du dîner est déjà trouvé !

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Photo : Une toute petite partie de l’entrepôt de Dimedia.

Les trésors du séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières

Le Devoir publie, ce 15 août 2018, un excellent article décrivant la richesse des archives du séminaire de Trois-Rivières.

En tant qu’éditeur, c’est un endroit que j’ai eu la chance de visiter à plusieurs reprises, guidé par l’historien Denis Vaugeois, qui, avec Jacques Lacoursière et l’archiviste Christian Lalancette, en connaît tous les recoins.

L97828944864501À tout seigneur tout honneur, il est tout de même étonnant de parler du fonds Hart sans mentionner le nom de Denis Vaugeois. Très tôt initié à cette immense masse documentaire par Mgr Albert Tessier, Vaugeois a fait ses classes d’histoire dans les papiers de la grande famille juive trifluvienne. Il en a résulté deux ouvrages, tout d’abord en 1968 Les Juifs et la Nouvelle-France (Boréal) et, bien plus tard en 2011, Les Premiers Juifs d’Amérique, fruit de ses longues recherches et de ses connaissances accumulées sur le sujet. On lui doit aussi plusieurs articles du Dictionnaire biographique du Canada.

Mais mon premier contact eut lieu lors de la recherche pour illustrer Deux voyages sur le Saint-Maurice, édité par Vaugeois. C’est dans les ouvrages conservés au séminaire que nous avons trouvé ce qu’il nous fallait. Il y eut aussi une mémorable remontée du Saint-Maurice jusqu’aux Grandes-Piles, mais ça c’est une autre histoire.COUV

J’ai eu le privilège de rencontrer celui qui était encore le supérieur du séminaire Saint-Joseph, l’abbé Jean Panneton. Issu d’une grande famille de la région, le pétillant et cabotin personnage animait déjà depuis de nombreuses années les murs ancestraux de l’édifice, incluant ceux des archives. Nous fûmes à chaque fois reçus comme des princes.

Cela donnera lieu, quelques années plus tard, à la publication de deux ouvrages, le premier sur Le diocèse de Trois-Rivières et le second plus directement sur Le séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières lui-même. Je me souviendrai longtemps de l’abbé nous recevant sur les marches du séminaire, à quelques heures du lancement de son livre. En voyant les nombreuses boîtes que nous avions à décharger du coffre de la voiture, il s’était engouffré dans le hall d’entrée et avait crié à tue-tête : «Qu’on aille chercher le diable!». Le sourire qui barrait son visage montrait qu’il était bien fier de son trait d’esprit.

Je vous invite à découvrir ces ouvrages, ces lieux et surtout ces personnages hors du commun!

Gilles Herman, éditeur

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Le Septentrion célèbre ses 25 ans

« Et ce sont, dans les cieux que nos yeux réverbèrent,
Au-dessus de nos fronts tremblants sous leur rayon,
Les sept astres géants du noir Septentrion. »

HUGO, Les Contemplations, VI, xxv

Septentrion 25 ans

En octobre 1988 paraissait Léon Balcer raconte,  premier ouvrage publié sous la bannière des éditions du Septentrion. Denis Vaugeois s’est d’abord associé à Réal d’Anjou, éditeur-imprimeur des éditions du Pélican, dont il rachète la maison pour fonder le Septentrion. En gardant comme cap l’histoire de l’Amérique du Nord, Vaugeois invite rapidement ses camarades du journal Boréal Express Lévis Martin, Claude Bouchard et Jacques Lacoursière à rejoindre le navire.

Les activités de la maison prennent de l’ampleur et de nouveaux collaborateurs viennent enrichir l’équipe. Gaston Deschênes, Michel de Courval, Christian Paradis, Manon Perron, Solange Deschênes, Josée Lalancette et Marcelle Cinq-Mars, pour ne nommer qu’eux, s’appliquent avec le plus grand soin et de diverses manières à produire des ouvrages de qualité invitant à une réflexion sérieuse sur l’histoire et la culture québécoises. Les synthèses historiques s’avérèrent vite les plus populaires; mentionnons parmi celles- ci l’incontournable Histoire populaire du Québec en cinq tomes de Lacoursière.

Les départs de Gaston Deschênes puis de Marcelle Cinq-Mars au début des années 2000 amorcent une vague de changement. Gilles Herman devient directeur de l’édition et se voit bientôt entouré de nouveaux collègues aux multiples talents. Sophie Imbeault, historienne, intègre la maison en 2005 en tant qu’éditrice. Éric Simard, responsable des communications, Pierre-Louis Cauchon, typographe, et Marie-Michèle Rheault, adjointe à l’édition, viennent compléter l’équipe. La relève est donc énergique et veille à combler les attentes du public, notamment par son ouverture actuelle au livre numérique ainsi qu’aux marchés anglophone et européen.

Au cours de toutes ces années, le Septentrion a eu le privilège de publier les grands penseurs et chercheurs de plusieurs domaines. Pensons à Eugénie Brouillet, André Côté, Charles-Philippe David, Gaston Deschênes, Yvon Desloges, Patricia Dickason, John Dickinson, Lucia Ferretti, Gérard Filteau, Gilles Gallichan, Louis-Edmond Hamelin, Gilles Laporte, Réal Lessard, Raymonde Litalien, Yves Roby, Marjolaine Saint-Pierre, Jean-Jacques Simard, Élisabeth Vallet, Brian Young, et des centaines d’autres… sans oublier Denis Vaugeois !

Pour célébrer en grand ces 25 années passées et pour préparer les 25 années à venir, nous vous avons concocté une programmation d’événements se déroulant sur 12 mois, ce qui nous mènera à octobre 2014. Les détails sont à venir, restez branchés !

Jean Proulx, penseur et poète

Tous ceux qui le connaissent et le côtoient sont unanimes : Jean Proulx est notre penseur-poète. Ceux qui l’ont lu découvrent la profondeur de ses réflexions. Et ils sont de plus en plus nombreux !
La liste des livres qu’il a publiés à ce jour est éloquente :
Au matin des trois soleils, Septentrion, 1992.
La Chorégraphie divine, Fides, 1999; Nouvelle édition: La Chorégraphie divine, essai sur le cosmos, Septentrion, 2008.
Artisans de la beauté du monde, Septentrion, 2002.
Dans l’éclaircie de l’Être, Septentrion, 2004.
Doigts de lumière,(en collaboration avec Jean-Guy Desrochers et Mercédes Beaulieu Malo), Septentrion, 2007.
Le Dieu cosmique, À la recherche du Dieu d’Einstein (en collaboration avec Jacques Languirant), Éditions du Jour, 2008.
L’héritage spirituel amérindien. Le Grand Mystère (en collaboration avec Jacques Languirand), Éditions du Jour, 2009.
Gilles Herman, éditeur.

Cher Émile

Près de cinq mois ont passé depuis la parution de mon roman « Cher Émile ». C’est loin et proche en même temps. Depuis sa publication, c’est une très belle aventure. Avant, ça pouvait dépendre des jours ou des semaines. On ne rédige pas un roman aussi personnel sans souffrir un peu, sans puiser dans notre émotivié profonde. Ce qui est magnifique dans toute cette histoire, c’est que beaucoup de lecteurs ont été émus en le lisant. Je dois vous avouer que c’était mon but. Donc, je peux dire mission accomplie en ce sens! C’est certain que les plus belles semaines de « Cher Émile » sont derrière moi; la vie d’un livre est si courte, trop courte. Qu’à cela ne tienne, je sais que « Cher Émile » survivra à cette dure réalité. Il ne m’appartient plus tout à fait. Je lui fais confiance. Je vous fais confiance.
L’auteur que je suis brûle d’envie de connaître l’avis de ses lecteurs. Alors, si vous êtes de ceux qui avez lu « Cher Émile », j’aimerais profiter de l’inauguration de mon carnet pour savoir ce que vous en avez pensé. Ça me ferait plaisir. Après, nous pourrons passer à autre chose (mon petit doigt me dit que je parlerai beaucoup de culture!).
À très bientôt, donc!